Assurance chômage
Frédérique PuissatLes Républicains
Sénatrice — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/06/2019Je vous rappelle les faits.
Dans la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, nous avons précisé les conditions dans lesquelles s'exerce le rôle des partenaires sociaux en ce qui concerne l'assurance chômage, et appelé à une négociation.
Au mois de septembre dernier, nous avons mené une concertation avec eux, sous l'égide du Premier ministre, pour définir la lettre de cadrage qui leur a été envoyée par la suite. Les partenaires sociaux ont alors eu quatre mois pour négocier. Puis, ils ont demandé un cinquième mois, que le Premier ministre leur a accordé. (M. le Premier ministre opine.) Au bout de cinq mois, ils ont constaté qu'ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord.
Nous nous inscrivons donc dans le strict respect de la loi, madame la sénatrice : la loi prévoit que si les partenaires sociaux ne parviennent pas à définir les règles de l'assurance chômage, c'est à l'État de prendre ses responsabilités. Nous prenons donc nos responsabilités !
Depuis le mois de février, nous aurions tout à fait pu faire paraître le décret, mais nous avons préféré attendre pour poursuivre les discussions. Nous reprenons d'ailleurs certains éléments de ces négociations dans la réforme qui sera prochainement publiée par décret, conformément à la loi.
Nous engageons cette réforme pour deux raisons essentielles.
Tout d'abord, le taux de précarité a explosé dans notre pays : neuf embauches sur dix le sont aujourd'hui en contrat extrêmement court.
Ensuite, nous avons fait de grands progrès en matière de retour à l'emploi, mais nous devons aller encore plus loin. Même si le taux de chômage actuel, qui s'élève à 8,7 %, est inférieur d'un point à celui que nous avons trouvé en arrivant, nous pouvons aller plus loin et, pour ce faire, les efforts en matière de formation et dans le domaine de l'assurance chômage seront primordiaux.
En ce qui concerne la dette de l'assurance chômage, j'ai été très précise : aujourd'hui, 35 milliards d'euros de dette sont garantis par l'État. Si une crise éclatait dans dix ans, comment pourrait-on dégager des marges de manœuvre importantes avec une dette aussi élevée ? Nous ne devons pas laisser la dette de l'assurance chômage reposer sur la génération suivante pour être en mesure de protéger les chômeurs de demain.
M. François Patriat. Très juste !
Mme Muriel Pénicaud, ministre. Enfin, il y a un enjeu majeur en matière de formation – je compte beaucoup sur les régions à ce sujet. Aujourd'hui, certaines régions baissent leur budget dédié à la formation des chômeurs et des apprentis, alors que nous devrions veiller ensemble à l'intérêt général. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour la réplique.
Mme Frédérique Puissat. Madame la ministre, réformer un dispositif, réformer la France, personne dans cet hémicycle n'en conteste le besoin.
Vous avez fait le choix de passer en force et avez pris un certain nombre de décisions : une partie de l'hémicycle peut y être favorable, l'autre pas. Mais nous ne serons pas associés à ces négociations, pas plus que les partenaires sociaux ne le seront à cette deuxième réforme de l'assurance chômage.
Je tiens simplement à dire que votre passage en force s'appuie sur deux postulats faux. Premièrement, les partenaires sociaux se sont mis d'accord à deux reprises sur les enjeux que vous aviez fixés, une fois en 2017, la seconde en 2018. Deuxièmement, vos chiffres alarmants ne visent qu'un objectif : diviser la France et diviser les Français ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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