Contemporanéité des aides personnalisées au logement
Viviane ArtigalasSER
Sénatrice — Hautes-Pyrénées
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/12/2019Je vais vous poser une question très simple : qui peut comprendre que les APL soient accordées en fonction de la situation du bénéficiaire deux ans auparavant ? C'est pourtant la réalité : aujourd'hui, on vous attribue des APL en fonction de qui vous étiez deux ans avant.
Prenez par exemple une mère qui, il y a deux ans, travaillait à temps plein et qui, aujourd'hui, travaille à mi-temps ou qui, il y a deux ans, était en couple et qui, aujourd'hui, est une mère célibataire : aujourd'hui, cette femme ne bénéficie pas du niveau des APL auquel elle aurait droit.
Vous m'interrogez sur le cas particulier des étudiants et des jeunes actifs. Je vais là aussi être très clair.
Pour les étudiants, cela ne change absolument rien. C'est même parfois bénéfique, puisque le système actuel a des aberrations : par exemple, un étudiant salarié peut aujourd'hui percevoir moins d'APL qu'un étudiant qui ne l'est pas.
Pour les jeunes actifs, on ne le dit pas suffisamment, mais le système actuel oblige d'attendre deux ans pour percevoir une aide, si la personne n'en percevait pas, lorsqu'elle était étudiante.
M. Fabien Gay. C'est faux !
M. Julien Denormandie, ministre. Monsieur le sénateur, c'est totalement vrai et vous pourrez le vérifier.
Il existe aussi une autre situation problématique dans le système actuel : on applique à un jeune actif qui devient indépendant des forfaits évaluatifs qui font qu'il doit lui aussi attendre deux ans.
La réforme consiste à adapter l'APL en fonction de la situation réelle de la personne : un jeune actif qui entre dans le monde du travail ne doit plus attendre. (Protestations sur les travées du groupe CRCE.)
M. le président. Il faut conclure !
M. Julien Denormandie, ministre. Cette réforme vise à refonder notre système pour donner à celles et ceux qui en ont besoin les bonnes protections. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à Mme Viviane Artigalas, pour la réplique.
Mme Viviane Artigalas. Monsieur le ministre, vous ne m'avez absolument pas convaincue. Vous n'avez pas répondu à ma question ; en fait, vous niez la réalité des conséquences de votre réforme.
Je ne vous ai pas interrogé sur les étudiants, mais sur les mesures d'accompagnement que vous allez mettre en place – c'est la demande qui remonte de nos territoires. Évidemment, vous n'allez pas en mettre en place, puisque vous niez le problème ! Il y a vraiment un décalage entre la réalité du terrain et votre discours. Les personnes les plus modestes sauront vous le reprocher le moment venu, comme pour tout ce que vous faites concernant le logement ! (Applaudissements sur les travées du groupe SOCR.)
Source : senat.fr ↗
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