Rapidité de la mise en œuvre du plan de relance
Hervé MarseilleUCI
Sénateur — Hauts-de-Seine
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/10/2020M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, vous me permettrez tout d'abord d'adresser, au nom du Gouvernement, mes plus sincères félicitations aux nouvelles sénatrices et aux nouveaux sénateurs qui ont rejoint, à la faveur du dernier scrutin, le Palais du Luxembourg.
Je voudrais également, monsieur le président, vous adresser mes félicitations personnelles pour votre brillante réélection à la tête de la Haute Assemblée. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, RDSE, UC et Les Républicains.)
Monsieur le président Hervé Marseille, vous l'avez dit, la situation de notre pays est extrêmement difficile. La France, tout comme, vous le voyez bien, l'Europe entière, est confrontée à une deuxième vague de l'épidémie, désormais bien installée et forte.
Vous l'avez également souligné, elle va conduire le Gouvernement, dans la continuité des dispositions qu'il a prises, à adopter des mesures complémentaires pour faire face à cette situation. Vous avez raison, le Président de la République aura l'occasion d'y revenir dès ce soir.
Évidemment, je partage tout à fait votre point de vue selon lequel cette crise sanitaire et sa reprise ont des effets délétères, tant sur l'économie que sur la situation sociale de notre pays.
Vous m'interrogez sur les mesures que le Gouvernement a prises et va prendre sur ce registre.
Je me permets tout d'abord de vous indiquer ou de vous rappeler – la Haute Assemblée le sait bien, car nous avons déjà eu l'occasion d'aborder ce sujet au mois de juillet dernier, et un récent rapport vient de le confirmer – que la France a été l'un des tout premiers pays européens à engager des moyens – 470 milliards d'euros, très précisément – dès le début de la crise, pour faire face à ses conséquences économiques et sociales.
Ces sommes tout à fait considérables, qui n'ont d'ailleurs pas encore été toutes complètement dépensées, sont évidemment très utiles dans la période actuelle, et elles continueront à l'être.
Je me permets d'indiquer à la Haute Assemblée que les secteurs les plus touchés, en particulier – pour faire le lien direct avec les mesures à caractère sanitaire – tous les secteurs professionnels qui sont concernés par la mise en œuvre des mesures administratives qu'appelle la présente situation, font l'objet de mesures extrêmement précises relevant de la solidarité nationale, solidarité qui leur est due, car ils ne sont pour rien dans cette situation.
Ainsi, nous avons décidé non seulement, leur ai-je précisé, de reporter au moins jusqu'à la fin de la présente année civile les dates d'échéance des mesures mises en œuvre dans le cadre du fonds de solidarité – temps partiel, exonérations de charges –, mais encore, je le précise devant le Sénat, de renforcer le contenu et la portée de ces mesures. Et cela ne se limite pas au fonds de solidarité.
À cet égard, j'indique au Sénat que les ministres et moi-même ne cessons de discuter avec les représentants des secteurs professionnels concernés de la nature de ces mesures. Pour être très précis, il reste encore à traiter des sujets relatifs aux loyers et aux assurances, sur lesquels des progrès sont nécessaires.
S'agissant du reste de l'activité économique, je précise à la Haute Assemblée – c'est un élément essentiel de notre stratégie – que nous prenons et allons continuer à prendre les mesures de protection sanitaire que la situation exige. Mais notre objectif est, d'une part, que l'activité économique du pays se poursuive autant que possible – plus de 90 % des entreprises françaises fonctionnent à peu près normalement, monsieur le président, ce qui est heureux –, et, d'autre part, que les activités scolaires et éducatives au sens large se poursuivent, elles aussi, normalement. À l'exception de quelques clusters, c'est encore très largement le cas aujourd'hui.
Néanmoins, vous l'avez rappelé, la crise sanitaire a aussi un impact sur le reste de l'économie. Vous avez à juste titre souligné, d'une part, la montée des chiffres du chômage, et, d'autre part, les situations de pauvreté que cela génère, parce que, classiquement, dans une crise, ce sont toujours les plus vulnérables qui sont les premiers concernés.
Au-delà des mesures que j'ai indiquées et qui ont été prises dans le cadre des PLFR successifs que le Sénat a examinés, le plan de relance est en partie destiné à faire face à cette situation. À cet égard, je précise qu'il y aura bien un PLFR 4 !
Je veux insister sur un point : parmi les victimes de la crise actuelle, il y a les jeunes. J'indique à la Haute Assemblée que le volet « jeunes » du plan de relance – 6 milliards d'euros – est déjà entré en vigueur. En août et en septembre, les chiffres de l'apprentissage et de l'alternance, notamment, ont été très positifs : après un effondrement au premier semestre, ils ont augmenté de plus 9 % en août 2020 par rapport à août 2019. Les dispositifs spécifiques en direction des jeunes fonctionnent donc.
M. François Patriat. Très bien !
M. Jean Castex, Premier ministre. S'agissant des plus démunis, et sans vouloir être trop long, je confirme que la situation est effectivement préoccupante. J'ai reçu personnellement l'ensemble des associations concernées et je leur ai dit que, samedi prochain, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre la misère, après la concertation, j'annoncerai un certain nombre de mesures que les circonstances actuelles exigent. (Murmures sur les travées des groupes SER et CRCE.)
Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, croyez bien que, particulièrement dans les difficultés actuelles traversées par notre pays, qui exigent plus que jamais rassemblement et sens des responsabilités, le Gouvernement tout entier, derrière le Président de la République, est mobilisé et déterminé. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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