Covid et annulation des dettes fiscales et charges sociales des entreprises
Hervé MarseilleUCI
Sénateur — Hauts-de-Seine
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/03/2021M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, monsieur le président Marseille, je vous remercie de votre question qui me donne l'occasion de souligner après vous l'impact extrêmement fort de la crise sanitaire sur les acteurs économiques, qu'il s'agisse des entreprises, des salariés ou des travailleurs indépendants, et de rappeler – vous l'avez d'ailleurs reconnu dans votre question – que le Gouvernement et le Parlement ont déployé des moyens d'accompagnement extrêmement massifs qui, en termes comparatifs, sont reconnus comme tels, au bénéfice des entreprises, de leurs salariés et des travailleurs indépendants depuis le début de cette crise qui dure.
Ces moyens massifs ont été adaptés. Ainsi, au fur et à mesure que le temps passait, nous avons su rehausser le niveau de nos interventions pour un certain nombre de secteurs encore plus affectés que d'autres. Je ne reviens ni sur les prêts garantis par l'État (PGE), ni sur le fonds de solidarité, ni sur les exonérations de charges qui ont été décidées et qui sont toujours à l'œuvre.
Le premier élément de réponse, monsieur le président, est qu'avant même de connaître les conditions dans lesquelles nous « débrancherons » les aides le moment venu – pardonnez-moi l'expression –, nous avons la lucidité politique de les prolonger tant que la crise dure.
Nous examinerons, notamment dans le cadre de la conférence du dialogue social que je réunirai la semaine prochaine, un certain nombre de ces dispositifs au regard de la situation économique et sociale.
Vous m'avez interrogé plus particulièrement sur la question des dettes fiscales et sociales des entreprises. Permettez-moi de rappeler au Sénat que, sur le plan fiscal, ce sont près de 25 milliards d'euros qui n'ont pas été prélevés auprès des entreprises, qu'il s'agisse de reports ou de remboursements accélérés de créances, et que nous avons mis en place des plans de règlement long – vous l'avez souligné – sur une durée pouvant aller jusqu'à trois ans.
Sur le plan social, le soutien est historique puisque les entreprises de moins de 250 salariés des secteurs les plus touchés ont bénéficié de mesures d'exonération qui ont donc acquis un caractère définitif. Ce sont ainsi près de 8 milliards d'euros de charges sociales qui ont été annulés sur la seule année 2020. Ainsi que je l'indiquais il y a un instant, ce dispositif reste actif.
Nous avons également permis les reports que vous avez évoqués. Ces facilités de trésorerie consenties depuis le printemps de l'année dernière par les Urssaf s'élèvent à près de 12 milliards d'euros pour près de 900 000 entreprises, et à 13 milliards d'euros pour les travailleurs indépendants.
Les remboursements de cette dette fiscale et sociale seront bien entendu adaptés à la situation de chaque entreprise. Au-delà du « débranchement » qui – je le répète – n'est pas encore d'actualité, nous devrons mettre en œuvre des mesures au cas par cas. Au total, un effort considérable aura été réalisé, permettant de ne pas déclencher des plans d'apurement de manière anticipée en tenant compte de la situation des entreprises et en lissant au maximum les remboursements de dettes. Nous poursuivrons notre action dans la même logique. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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