Réforme du CAPES de langue corse
Paul Toussaint ParigiUCI
Sénateur — Haute-Corse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 18/03/2021M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Monsieur le sénateur Parigi, je commencerai par la conclusion : je vais vous donner satisfaction ! (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
Aussi, je voudrais que ce soit bien enregistré, parce que je constate trop souvent dans de telles matières que, même quand satisfaction est donnée, on fait semblant de croire que tel n'est pas le cas ! (Protestations sur les travées du groupe SER.)
Je vous le dis donc tout de suite : je vais vous donner satisfaction. En effet, du point de vue des principes, j'ai reconnu à maintes reprises devant la Haute Assemblée ce que dit tout simplement la Constitution : les langues régionales font partie du patrimoine de la France.
Oui, nous encourageons l'apprentissage des langues régionales ; personne ne peut chercher à faire croire le contraire. Nous le faisons dans un cadre national évidemment bien précis, qui évolue en permanence pour encourager l'enseignement de ces langues.
Je veux à ce propos fournir quelques chiffres : 514 professeurs sont titulaires du Capes d'une langue régionale et 170 000 élèves en apprennent une aujourd'hui ; nous nous attachons sans relâche à faire progresser ce chiffre.
Vous avez affirmé, monsieur le sénateur, que la réforme du baccalauréat nuisait aux langues régionales. Je vous répondrai que, grâce à cette réforme, une langue régionale peut être choisie comme enseignement de spécialité, ce qui implique quatre heures hebdomadaires en première et six en terminale. Évidemment, cela n'existait pas auparavant.
Bien sûr, on doit aussi stimuler la demande des élèves. C'est le cas en Corse. Comme vous le savez, jusqu'à 95 % des élèves y étudient le corse en sixième.
Je voudrais disposer de plus de temps pour développer ce propos, mais il me faut répondre directement à votre question : oui, nous faisons évoluer le Capes de corse pour aller dans le sens que vous souhaitez. Il est normal que le coefficient de l'épreuve de langue corse augmente ; il était réglé à partir des règles valables pour l'ensemble des Capes, mais nous allons l'adapter à la situation des langues régionales.
Je confirme donc complètement les propos qu'a tenus Mme la rectrice ce matin : nous allons faire en sorte qu'un coefficient de 8, sur 12, aille aux matières passées en langue corse, soit davantage que dans la précédente version de ce concours, ce qui représente incontestablement une avancée dans le sens que vous souhaitez. (M. François Patriat applaudit.)
Source : senat.fr ↗
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