Prise en charge financière du coût d'enlèvement des ordures ménagères
P Philippe BonnecarrèreUC Sénateur — TarnLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2021M. Philippe Bonnecarrère. Monsieur le ministre, ma question porte sur la prise en charge financière de l'enlèvement des ordures ménagères.
La version écrite de ma question étant très détaillée, je me permets d'aller à l'essentiel. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), comme la redevance d'enlèvement des ordures ménagères (REOM), présente des inconvénients bien connus de tous les élus locaux. C'est pourquoi il serait intéressant d'envisager une forme de synthèse entre ces deux modes de financement.
Selon moi, il doit être possible d'organiser le recouvrement de l'une et de l'autre par les services fiscaux, en annexe de la taxe foncière, tout en définissant un critère d'équité au regard de la charge réelle du service rendu.
Actuellement, dans le cadre de la TEOM, dont le calcul repose sur la valeur locative cadastrale, certains foyers composés de quatre personnes peuvent avoir 40 euros à payer, quand un foyer constitué d'une seule personne, qui produit peu de déchets, donc, peut avoir 450 euros à régler.
L'idée serait de pouvoir lisser le coût de l'enlèvement des ordures ménagères en appliquant un forfait à chaque foyer – c'est le cœur de l'expérimentation que nous proposons –, sous la forme d'un abonnement qui permettrait de fournir une base représentant le service minimum rendu, le solde reposant sur l'assiette fiscale, afin de respecter une forme de mutualisation ou, a minima, de solidarité.
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie, et auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargé des petites et moyennes entreprises. Monsieur le sénateur Bonnecarrère, vous avez souhaité évoquer les différentes modalités de financement du service public d'enlèvement des ordures ménagères et vous venez d'expliquer que vous vouliez en opérer une synthèse.
Je vous le rappelle, une tarification incitative peut d'ores et déjà être mise en place pour le calcul de la REOM et de la TEOM, au travers de l'introduction d'une part variable, qui dépend de la quantité et de la nature des déchets produits.
Dans les faits, une forme de modulation est donc possible, selon que l'on choisisse l'un ou l'autre des systèmes, et un équilibre peut d'ores et déjà être atteint. Plusieurs mesures ont en outre été adoptées ces dernières années, afin de favoriser le recours à la part incitative de la TEOM.
Dans la mesure où la taxe d'enlèvement des ordures ménagères incitative (Teomi) permet à une imposition de toute nature de comprendre une part variable en fonction du service rendu, encourageant ainsi les comportements vertueux des contribuables, le Gouvernement n'envisage pas à ce stade de modifier le système.
J'ajoute que la question du financement de l'enlèvement des ordures ménagères n'est pas nouvelle : j'ai le souvenir que, en 2004 ou 2005, dans cette même assemblée, des débats très vifs sur les vertus supposées de l'un et l'autre des deux dispositifs avaient eu lieu.
Toute évolution du dispositif actuel donnerait certainement lieu à de nouveaux et interminables débats. La voie de la synthèse que vous proposez est certes audacieuse et ambitieuse, mais les outils existants ont été appropriés par les collectivités locales, et il serait à coup sûr trop complexe d'envisager une réforme d'ampleur. Telle est du moins la position actuelle du Gouvernement.
M. le président. La parole est à M. Philippe Bonnecarrère, pour la réplique.
M. Philippe Bonnecarrère. Je ne partage pas votre appréciation, monsieur le ministre. Nous connaissons bien les arguments des défenseurs des deux écoles.
Ce qui change par rapport à la situation que vous avez évoquée, comme l'a dit l'un de nos collègues tout à l'heure, c'est la très forte hausse des prix qui va survenir au terme de ce quinquennat, en raison, d'une part, des changements technologiques, et, d'autre part, de l'augmentation des tarifs de la TGAP.
Ce sujet risque d'être brûlant dans les derniers mois du quinquennat. Si l'on n'aboutit pas à une solution qui garantisse, non seulement l'efficacité du système, mais aussi une forme d'équité, je crains que cela ne suscite une forme de contestation. Je me permets par conséquent d'inciter vos services à examiner la proposition que je viens d'émettre.
Source : senat.fr ↗
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