Fermetures de lits à l'hôpital
F Florence LassaradeLes Républicains Sénatrice — GirondeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/11/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice Lassarade, je ne sais que vous répondre. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Vous parlez de discordance entre des chiffres et énoncez, excusez-moi de vous le dire, des contre-vérités. Vous faites un amalgame, qui me paraît probablement lié à une mauvaise information : je me permets de le dire, car le sujet est trop sérieux.
Il n'y a pas 20 % de lits fermés dans notre pays. Il n'y a pas de discordance entre deux méthodes. Une méthode consiste à compter les lits ; une autre consiste à faire une estimation au doigt mouillé. Si cette dernière était factuelle et scientifique, cela se saurait.
La puissante FHF, sur une étude élaborée à partir d'un tiers du parc hospitalier, dit qu'environ 5 %-6 % des lits sont fermés. Je dispose d'une étude factuelle, chiffrée à partir de quinze CHU (centres hospitaliers universitaires). Que nous dit-elle ?
D'abord, qu'il y a plus de soignants dans les hôpitaux à l'automne 2021 qu'à l'automne 2019. Nous recrutons du personnel.
Ensuite, elle nous dit que, sur un parc de 12 500 lits, par rapport à il y a deux ans, ce sont à peu près 50 lits supplémentaires qui sont fermés.
Mme Sophie Primas. Tout va bien…
M. Olivier Véran, ministre. Nous sommes assez loin de 20 % et même de 5 %, madame la sénatrice.
Il y a un point d'absentéisme supplémentaire, ce que l'on peut comprendre après la crise covid, qui a marqué les esprits et les physiques et qui explique que des congés soient pris et récupérés.
L'hôpital tient bon, madame la sénatrice, même si on a beau lui marteler qu'il ne tient pas – je ne sais pas d'ailleurs quel est le sens de ce discours et je ne suis pas sûr qu'il corresponde à celui qu'attendent les soignants. Croyez-moi, nous faisons le maximum pour rattraper les erreurs du passé (Mme Frédérique Puissat s'exclame.), notamment en ce qui concerne la formation des soignants et les moyens mis en place pour investir.
Votre collègue Frédérique Puissat regrettait tout à l'heure que nous dépensions trop d'argent public. Et maintenant vous dites qu'il faudrait plus d'argent public, alors même que nous dégageons 19 milliards d'euros pour investir en faveur de l'hôpital. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Quant à cette histoire de primes, les directeurs d'hôpitaux sont des gens formidables, qui ne sont pas payés pour fermer des lits ou virer du personnel. Ce n'est même pas une erreur, c'est une fake news, et je pense qu'elle est regrettable. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Florence Lassarade, pour la réplique.
Mme Florence Lassarade. Nous n'habitons pas le même pays, monsieur le ministre !
M. Olivier Véran, ministre. Oui, je vous le confirme !
Mme Florence Lassarade. Moins on a de lits, moins les soignants peuvent exercer leur métier et plus nos malades en pâtissent. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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