Modalités de financement des accompagnants des enfants en situation de handicap au sein des structures périscolaires
Elsa SchalckLes Républicains
Sénatrice — Bas-Rhin
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/01/2022Mme Elsa Schalck. Madame la ministre, ma question porte sur les modalités de financement des accompagnants des enfants en situation de handicap au sein des structures périscolaires. Nous avons tous à cœur de mener une politique inclusive pour les enfants en situation de handicap et d'être aux côtés de ces enfants et de leurs familles.
Pour ce faire, nous le savons, la question de l'accompagnement est centrale. Nous vous interpellons régulièrement, au sein de cet hémicycle, sur le manque d'accompagnants d'élèves en situation de handicap, qui demeure bien trop fréquent. Récemment, j'ai été interpellée par la maire d'Artolsheim dans le Bas-Rhin sur ce sujet. Actuellement, dans le sud du département, pas moins de 80 élèves sont toujours dépourvus, à ce jour, d'AESH.
Ce matin, je souhaite également me faire l'écho de la motion d'urgence votée par la communauté de communes du canton d'Erstein dans le Bas-Rhin, en décembre dernier, sur la question du financement des temps périscolaires. En effet, il apparaît que, en vertu d'une décision du Conseil d'État du 20 novembre 2020, le financement des AESH pendant le temps périscolaire, et notamment pendant la pause de midi, doit désormais être pris en charge par les collectivités territoriales et non plus par l'État.
À la suite d'un courrier de l'académie du mois de septembre dernier, des maires du Bas-Rhin et des présidents de communauté de communes m'ont alertée sur les difficultés engendrées par une telle décision pour une application immédiate au 1er janvier de cette année.
Il s'agit en effet d'une charge financière et logistique très importante pour les collectivités, qui sont déjà fortement éprouvées d'un point de vue budgétaire. Du jour au lendemain, des collectivités ont dû repenser toute l'organisation de l'accompagnement de ces élèves entre le temps scolaire et le temps périscolaire, dans des délais très courts, juste avant les vacances de décembre, afin que tout puisse se passer au mieux. Elles ont dû s'organiser avec les AESH ayant accepté de poursuivre leur mission.
Madame la ministre, face à l'inquiétude des élus locaux, pouvez-vous nous indiquer si les collectivités devront effectivement prendre en charge et recruter les AESH ? Le cas échéant, comment votre gouvernement explique-t-il un tel changement de cap s'agissant d'une question centrale ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Madame la sénatrice Elsa Schalck, la scolarisation des élèves en situation de handicap est une priorité que nous partageons et c'est un enjeu qui doit évidemment nous rassembler.
Vous mentionnez la décision du Conseil d'État de novembre 2020 ; je tiens à apporter quelques précisions en la matière. Cette décision clarifie la question des modalités de prise en charge financière de l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap dans le cadre des activités périscolaires, notamment de restauration, par les collectivités territoriales. Le Conseil d'État a jugé qu'il appartenait aux collectivités territoriales, et non pas à l'État, de prendre en charge l'accompagnement des enfants en situation de handicap lorsqu'elles organisent un service de restauration scolaire ou des activités complémentaires et périscolaires.
Une telle décision a clarifié le droit existant, sans le modifier à proprement parler. Depuis lors, les services du ministère de l'éducation nationale travaillent à sa mise en œuvre, avec un seul objectif : garantir la continuité de l'accompagnement des enfants et éviter toute rupture.
C'est pourquoi le ministère de l'éducation nationale travaille notamment avec le ministère de la cohésion des territoires autour de différents dispositifs : mise à disposition d'une collectivité par l'employeur, le ministère ; emploi direct possible des AESH par une collectivité dans le cadre d'un cumul d'activités ; recrutement conjoint par l'État et une collectivité territoriale.
Ces mesures représentent une double opportunité : il s'agit, pour les élèves, d'avoir un accompagnement de qualité continu sur l'ensemble des temps de la journée et, pour les AESH qui le souhaitent, de compléter leur temps de travail. Nous l'avons dit, la grande majorité d'entre eux travaillent à temps partiel.
Les services du ministère se tiennent à disposition des collectivités pour travailler sur toutes ces possibilités, avec pour seule ambition de toujours mieux accompagner les élèves en situation de handicap et leurs familles.
Source : senat.fr ↗
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