Élevage pastoral et prédateurs
Philippe FolliotUCI
Sénateur — Tarn
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/02/2022Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. Monsieur le sénateur Folliot, je vous remercie pour cette question.
Nous sommes pleinement aux côtés des agriculteurs et des éleveurs face à ces épisodes douloureux. (Marques d'ironie sur les travées du groupe Les Républicains.) Nous sommes à leurs côtés dans la prévention, puis en cas de prédation.
Plus personne n'ignore les alertes. Nous respectons totalement les éleveurs et leur travail, mais aussi les territoires qui connaissent des difficultés pour restaurer les équilibres entre préservation des espèces, des espaces et des différentes pratiques.
Des solutions existent, tous les budgets n'ont pas encore été consommés. Il nous faut développer des filières de protection, les chiens doivent être aux côtés des éleveurs. Nous disposons d'un dispositif national qui se décline localement. Je sais, pour l'avoir vue dans mon territoire, la réactivité du préfet loup sur les fronts de colonisation.
Le Tarn fait effectivement partie des départements dans lesquels le loup est signalé depuis plusieurs années. L'extension de son aire de répartition exigeait des réponses rapides et ambitieuses.
M. Gérard Longuet. Et efficaces !
Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État. En 2021, l'OFB a identifié quinze attaques. On en dénombre déjà six en 2022. Le préfet du Tarn, en lien avec le préfet loup national, a donc mis en œuvre les dispositions prévues dans ces situations. Une cellule de veille, vous le savez, monsieur le sénateur, a été activée. Les communes concernées sont classées en cercle 2 et cette liste de communes a été élargie ce mois-ci.
Des subventions sont accordées pour l'achat et l'entretien des chiens de protection, des clôtures électrifiées, la réalisation d'une analyse de vulnérabilité. Un accompagnement technique est mis à disposition des éleveurs pour qu'ils puissent se protéger au mieux. (Exclamations dubitatives sur les travées du groupe Les Républicains.)
La direction départementale des territoires a délivré ce jour six autorisations de tirs de défense et une demande est en cours de traitement.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État. Des mesures de protection sont mises en œuvre et un cadre très précis nous permet d'être aux côtés des éleveurs. Il faut qu'ils s'en saisissent. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Folliot, pour la réplique.
M. Philippe Folliot. Madame la secrétaire d'État, l'engrillagement de nos campagnes n'est pas une solution.
M. Loïc Hervé. Très bien !
M. Philippe Folliot. Non, les patous qui agressent les randonneurs ne sont pas une solution.
Non, le loup n'est pas une espèce menacée aujourd'hui : il y en a des milliers en France.
Oui, il est maintenant temps d'agir, et d'agir concrètement ! (Applaudissements sur les travées des groupes UC, INDEP, RDSE et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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