Compensation de l'augmentation des indemnités des élus des petites communes
Frédérique PuissatLes Républicains
Sénatrice — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/12/2022Mme Frédérique Puissat. Monsieur le ministre, même si cette question n'est pas tout à fait dans votre champ de compétences, je sais que vous êtes, comme nous, sensible à l'engagement des conseillers municipaux, adjoints et maires de toutes les communes de France, et singulièrement de ceux des petites communes rurales, de moins de 500 habitants, qui disposent de peu de services administratifs et techniques.
De nombreux parlementaires ont déjà interrogé le Gouvernement sur l'évolution de la dotation particulière « élu local » (DPEL). L'enveloppe qui lui est consacrée a augmenté plusieurs fois depuis 2017. Mais la communication autour de la DPEL laissait entendre aux élus locaux que les indemnités désormais fixées au plafond seraient, sinon intégralement, du moins à hauteur de 80 % ou 90 %, compensées par l'État. Or la réalité est tout autre.
Je prendrai comme exemple la belle commune iséroise d'Oris-en-Rattier, qui compte moins de 500 habitants et dépense 22 000 euros par an pour payer les indemnités de ses élus – un maire et trois adjoints touchant 450 euros par mois environ, ce qui n'est pas démesuré. Or la compensation n'a pas augmenté depuis des années, et s'élève à 6 000 euros, ce qui laisse 16 000 euros – une somme importante – à la charge du budget communal.
Entre la réalité vécue par les élus et la communication, n'y a-t-il pas une différence ? N'y a-t-il pas là une difficulté sur laquelle nous devrions tous travailler ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de la transition numérique et des télécommunications. Vous appelez l'attention du Gouvernement, madame la sénatrice Frédérique Puissat, sur la compensation de la revalorisation des indemnités de fonction des maires et des adjoints.
Conscient de l'implication permanente des élus locaux, le Gouvernement a souhaité revaloriser les plafonds de ces indemnités, en portant une attention particulière aux élus locaux des petites communes, dans le cadre de la loi du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique.
L'article 92 de ce texte a ainsi augmenté le barème indemnitaire des maires et des adjoints de 50 % dans les communes de moins de 500 habitants, de 30 % dans les communes de 500 à 999 habitants, et de 20 % dans les communes de 1 000 à 3 499 habitants.
Pour accompagner cette évolution, la loi de finances pour 2020 a augmenté de 28 millions d'euros la DPEL, portant son montant total à près de 93 millions d'euros, auxquels la loi de finances rectificative pour 2020 a ajouté 8 millions d'euros supplémentaires.
La DPEL constitue un soutien nécessaire que l'État apporte aux communes dont les moyens financiers sont les plus faibles. Ciblée sur les seules communes de moins de 1 000 habitants dont le potentiel financier par habitant ne dépasse pas 125 % de la moyenne, elle s'adresse aux communes rurales les moins peuplées, dont les budgets sont les plus contraints et qui disposent donc de marges de manœuvre réduites pour voter des indemnités à leurs maires et adjoints.
Cette dotation n'avait pas été augmentée depuis 2010. Les 36 millions d'euros supplémentaires votés en 2020 sont un véritable gage de reconnaissance de l'engagement de nos élus.
Par ailleurs, l'ensemble des communes sont bénéficiaires de l'augmentation de la dotation générale de fonctionnement prévue par le projet de loi de finances pour 2023, qui permettra de soutenir le financement de leurs dépenses de fonctionnement. Cette dotation sera en effet revalorisée de 320 millions d'euros, parmi lesquels 200 millions d'euros seront consacrés à l'augmentation de la dotation de solidarité rurale – dont bénéficie en 2022 la commune d'Oris-en-Rattier, à hauteur de 4 907 euros.
M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour la réplique.
Mme Frédérique Puissat. La commune d'Oris-en-Rattier va devenir célèbre !
Monsieur le ministre, entre les grands chiffres énoncés dans cet hémicycle et le ruissellement attendu dans les territoires, les différences sont parfois notables.
Une génération d'élus, plutôt sédentaires, va s'en aller, et nous aurons peut-être du mal à les remplacer. Sur ce sujet, nous sommes tous prêts à travailler. Or ces élus ont le sentiment de ne pas recevoir la reconnaissance qui leur est due… J'ai hésité à poser cette question mais je ne regrette pas de l'avoir fait, et je crois que d'autres parlementaires y reviendront. Nous ne devons pas évacuer ce sujet, et toujours nous assurer que le ruissellement est bien réel – y compris jusqu'à Oris-en-Rattier !
Source : senat.fr ↗
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