Sort des femmes dans la réforme des retraites
Laurence RossignolSER
Sénatrice — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/01/2023M. Olivier Dussopt, ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion. Madame la sénatrice Laurence Rossignol, je ne reviendrai pas sur les éléments que j'ai donnés précédemment en réponse à la question de Mme Cathy Apourceau-Poly.
La réforme que nous menons comporte des systèmes de protection pour les femmes. Vous avez du mal à l'entendre ou à le concevoir, manifestement !
Ainsi, même si je ne l'ai pas rappelé tout à l'heure, nous avons veillé à ce que l'âge de suppression de la décote soit maintenu à 67 ans, sans changement par rapport à aujourd'hui. (Mme Laurence Rossignol ironise.)
En effet, comme 20 % des femmes ont une carrière incomplète, l'essentiel des personnes qui travaillent jusqu'à 67 ans sont justement des femmes. Avec la retraite minimum, nous faisons en sorte que les femmes, qui ont les carrières les plus fragiles et les plus hachées, avec les revenus les plus bas, bénéficient de la réforme.
Ainsi, la retraite minimum que nous mettons en place permettra à 200 000 nouveaux retraités par an, soit un départ à la retraite sur quatre, de bénéficier d'une meilleure pension. Les deux tiers de ces bénéficiaires sont des femmes, qui sont les plus exposées à la précarité et aux carrières hachées – sur ce point, je vous rejoins.
Le temps me manque pour décrire ces mécanismes. Mais nous avons fait le choix de revaloriser le minimum contributif majoré, qui est accessible dès 120 trimestres cotisés. Nous avons également fait le choix de revaloriser le minimum contributif de base, accessible à toutes celles et à tous ceux qui ont travaillé, ce qui permet de protéger les plus fragiles.
Mme Laurence Rossignol. Et les carrières complètes ?
M. Olivier Dussopt, ministre. Nous n'avons pas les mêmes priorités, madame la sénatrice. (Exclamations sur les travées des groupes SER et CRCE.) Vous parlez des carrières complètes, alors que nous nous adressons justement à celles qui n'ont pas des carrières complètes et qui bénéficieront des revalorisations et des systèmes de protection que nous mettons en place.
Notre priorité est donc de protéger les plus fragiles, celles et ceux qui sont exposés à la précarité et aux difficultés de carrière. Nous y parviendrons avec cette loi.
Je termine en abordant un point pour lequel je suis en accord avec vous. Vous avez cité le rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Celui-ci montre que notre système de retraite, que l'on accuse parfois de tous les maux, est aussi le réceptacle d'une vie d'inégalités.
Travaillons sur ces inégalités, faisons en sorte de les résorber, et les retraites seront beaucoup plus justes. Tout le monde en sera satisfait ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Laurence Rossignol
Orientations de la politique gouvernementale
Prise en compte du psoriasis dans les politiques de santé publique
Procédures de renouvellement des titres de séjour et saturation des services des préfectures
Lutte contre les violences faites aux femmes