Dispositif « zéro artificialisation nette »
Sophie PrimasLes Républicains
Sénatrice — Yvelines
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/02/2023M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Mesdames, messieurs les sénateurs, je comprends votre déception… (Mêmes mouvements.)
M. Jean-François Husson. Sors de ton silo !
M. Christophe Béchu, ministre. Je vais néanmoins tâcher de satisfaire aux exigences de Mme Primas, qui vient de résumer la feuille de route qu'Élisabeth Borne nous a donnée ; il aurait donc été contradictoire que Mme la Première ministre vous réponde, madame la sénatrice, en rappelant précisément la manière dont tout cela doit se faire dans le respect de la planification écologique, tâche qui, par ailleurs, lui a été confiée par le Président de la République. (Murmures persistants sur les travées du groupe Les Républicains.)
Je vous répondrai d'abord que, parmi ces injonctions contradictoires, il y a ce qui relève du Gouvernement, mais aussi ce que la représentation nationale a pu décider, à une écrasante majorité dans cet hémicycle, en juin 2021, en votant la loi Climat et résilience, qui contient les dispositions relatives à l'objectif de zéro artificialisation nette.
M. Marc-Philippe Daubresse. Le problème, c'est le décret !
M. Christophe Béchu, ministre. Les échanges que nous avons sur ce sujet, de manière intense, portent à la fois sur la réécriture des décrets – elle est actée (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.), elle interviendra le mois prochain – et sur certains points d'ordre législatif, qui ont d'ailleurs été mis en lumière par la proposition de loi déposée sur ce sujet par Valérie Létard et Jean-Baptiste Blanc. S'il n'y avait pas à corriger la loi que vous avez votée, nous ne serions pas en train d'avoir cette discussion ici !
Ainsi, il n'était pas prévu, dans la loi telle qu'elle a été votée par le Parlement, de compter à part les grands projets d'envergure nationale ; il n'était pas prévu, dans la loi telle qu'elle a été votée par le Parlement, de mettre en place une garantie rurale pour tenir compte des besoins qui peuvent s'exprimer en milieu rural ; il n'était pas prévu, dans la loi telle qu'elle a été votée par le Parlement, de considérer le solde.
Il y a des enjeux sectoriels très concrets qui ne sauraient être résolus par la poursuite de l'artificialisation au rythme que nous connaissons. Ce serait gager l'avenir que de prétendre que, au nom des feuilles de route sectorielles, nous devrions continuer à grignoter nos espaces agricoles et naturels. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Sophie Primas. Ce n'est pas ma question !
M. Christophe Béchu, ministre. Si vous demandez comment, précisément, l'on va s'y prendre pour développer des projets tout en tenant compte de l'enjeu de l'artificialisation,…
M. Marc-Philippe Daubresse. Vous verrez la crise du logement !
M. Christophe Béchu, ministre. … alors, vous recevrez la réponse dans quelques jours, quand le texte défendu par une large majorité de votre assemblée permettra d'engager le dialogue autour de points au sujet desquels Mme la Première ministre a déjà indiqué, lors du Congrès des maires, le 24 novembre dernier, que nous étions prêts à bouger et sur lesquels je travaille à l'heure actuelle avec Valérie Létard et Jean-Baptiste Blanc, avant ce rendez-vous que nous aurons dans cet hémicycle au mois de mars. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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