Interdiction de la vente de voitures neuves thermiques en 2035
Franck MenonvilleUC
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/03/2023M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Menonville, le 29 juin dernier, l'Union européenne a validé la réglementation que vous évoquez, par le biais d'un accord entre États membres, et un vote est intervenu le 14 février dernier. Depuis quelques jours, l'Allemagne menace, pour des raisons politiques internes relatives à sa coalition gouvernementale, de ne pas tenir sa parole. (Murmures sur des travées du groupe Les Républicains.)
Si les choses devaient en rester là, ce serait à la fois un très mauvais signal au regard de nos engagements climatiques et un danger pour notre industrie. (Protestations sur les mêmes travées.)
Les émissions de gaz à effet de serre des véhicules thermiques sont plus importantes, à elles seules, que toutes les émissions agricoles, que toutes les émissions industrielles, que toutes les émissions liées à la construction.
Les biocarburants sont une impasse. Nous n'avons pas la surface nécessaire pour compenser les hydrocarbures et nous en aurons besoin pour le maritime et l'aérien. Il faudra utiliser le e-fuel, les carburants de synthèse, pour les moteurs qui ne pourront pas être électrifiés, en particulier dans l'aérien et le maritime, si l'on veut viser la neutralité carbone.
L'échéance de 2035 signifie non pas la fin des moteurs thermiques, mais la fin de la vente des moteurs neufs. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.) Les véhicules diesel ou hybrides continueront évidemment à circuler.
Monsieur le sénateur, je sais que votre intérêt pour l'industrie de notre pays est réel. Avec Clément Beaune et Bruno Le Maire, notre obsession est précisément de faire en sorte qu'un cap clair soit donné aux industriels.
Depuis quelques jours, les constructeurs et équipementiers Valeo, Volkswagen, Stellantis et Renault insistent sur la nécessité de ne pas envoyer de contre-signal au moment où ils investissent des milliards d'euros, par exemple avec le pôle ElectriCity dans les Hauts-de-France, pour être prêts le moment venu.
Ne pas respecter notre engagement reviendrait à se laisser tailler des croupières par l'industrie chinoise, qui fabrique des véhicules électriques avec des usines à charbon. Se préparer au changement, l'assumer et l'accompagner, c'est la voie qui est souhaitable, à la fois pour le climat, pour l'industrie et pour nos emplois. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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