Traité sur la haute mer
Nadège HavetRDPI
Sénatrice — Finistère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/03/2023M. Hervé Berville, secrétaire d'État auprès de la Première ministre, chargé de la mer. Madame la sénatrice Nadège Havet, je me permets d'abord de vous remercier pour votre engagement dans la préservation des océans,…
M. Rachid Temal. Et aussi pour la question !
M. Hervé Berville, secrétaire d'État. … et de saluer celui de votre groupe et du sénateur Teva Rohfritsch.
Vous l'avez indiqué, dans la nuit de samedi à dimanche, les États membres des Nations unies ont conclu un accord sur la protection de la biodiversité marine en haute mer, soit un espace situé à 370 kilomètres des côtes.
Ce n'est pas le fruit du hasard : il y a plus d'un an, le Président de la République et l'Union européenne ont relancé les négociations sur ce texte, enlisées depuis quinze ans. Ce traité représente un tournant majeur pour la protection des océans, puisqu'il est juridiquement contraignant et vise à préserver un espace qui couvre 45 % de la surface de la planète.
Il est décisif pour au moins trois raisons.
La première raison est que ce traité contraint les États à mener des études d'impact environnemental pour toute nouvelle activité en haute mer.
La deuxième raison est qu'il ouvre la voie à la création très concrète d'aires marines protégées en haute mer.
La troisième raison, montrant à quel point ce traité est historique, est que, pour la première fois dans l'histoire des négociations environnementales, les décisions ne seront plus prises par consensus, lequel permettrait des blocages par certains États, mais à la majorité, évitant cet écueil afin d'établir, partout, des aires marines protégées.
Quelles seront les prochaines étapes ?
M. Rachid Temal. La grève des marins-pêcheurs !
M. Hervé Berville, secrétaire d'État. En premier lieu, pour entrer en vigueur, il faudra que soixante États ratifient le traité. Notre objectif est que ce soit le cas d'ici à la conférence des Nations unies sur les océans qui se tiendra en France en 2025, à Nice.
En second lieu, il faut poursuivre le combat pour la protection des océans. La France continuera notamment à mobiliser pour l'interdiction de l'exploitation minière des grands fonds marins, un combat essentiel.
Nous ne pourrons pas gagner la course contre la montre climatique si nous ne protégeons pas les océans et la haute mer. C'est tout l'intérêt de ce traité conclu par les États membres des Nations unies. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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