Violences contre les élus
Laurence GarnierLes Républicains
Sénatrice — Loire-Atlantique
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/03/2023M. Olivier Véran, ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement. Madame la sénatrice Laurence Garnier, je vous remercie de m'interpeller en tant que ministre délégué chargé du renouveau démocratique au sujet des violences dont sont victimes, de plus en plus souvent, les élus de la République.
Je partage votre émotion et votre colère face à des actes de violence qui s'aggravent et qui deviennent de plus en plus nombreux.
En revanche, nous avons une divergence sur le diagnostic, madame la sénatrice. En effet, l'histoire contemporaine française, ou l'histoire occidentale en général, nous apprend que les élus sont pris pour cibles par les populations en colère depuis déjà une vingtaine d'années, même s'il est vrai que ce phénomène tend à s'accroître. On peut y voir plusieurs explications.
Il y a tout d'abord une sorte de continuum entre la violence anonyme et sans conséquence des réseaux sociaux et la violence qui s'exprime dans la rue ou lors de conseils municipaux.
On peut aussi identifier un continuum entre la violence qui s'exprime parfois au sein même de la maison du peuple, c'est-à-dire du Parlement – je parle essentiellement de l'Assemblée nationale, en particulier ces dernières semaines –, et la violence qui peut s'exprimer dans la rue.
Nous devons faire figure d'exemples. Nous devons faire bloc pour montrer aux Français que, si nous pouvons avoir des divergences idéologiques profondes, si nous pouvons être en désaccord total sur certaines lois et certaines mesures, nous ne perdons en aucun cas le respect de l'autre ni l'estime pour l'autre.
Madame la sénatrice, il se trouve que j'ai contacté, quelques heures après les incendies dont il a été victime, le maire de Saint-Brevin-les-Pins, Yannick Morez, parce que j'ai été particulièrement touché par les attaques qu'il a subies. L'enquête fera toute la lumière sur cette affaire, mais il semblerait qu'il ait d'abord été victime d'injures et de menaces de mort, avant que son domicile et ses deux voitures ne soient dégradées et incendiées,…
Mme Laurence Rossignol. Par qui ?
M. Olivier Véran, ministre délégué. … au seul motif qu'il avait accepté la demande de l'État d'accueillir dans sa commune un centre d'accueil pour les réfugiés, comme c'est son rôle.
Mme Laurence Rossignol. Qui a fait cela ?
M. Olivier Véran, ministre délégué. Madame la sénatrice Laurence Rossignol, cette fois, c'est probablement l'extrême droite.
Mme Laurence Rossignol. Dites-le, alors !
M. Olivier Véran, ministre délégué. Mais l'ennemi de la République, c'est l'extrême, c'est la radicalité, qu'elle soit de gauche ou de droite.
L'ultradroite et l'ultragauche sont deux ennemis que nous devons combattre. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
Vous ne verrez jamais d'ambiguïté ni d'ambivalence chez nous. Vous ne verrez jamais de « oui, mais » lorsqu'il s'agit de condamner des violences. Retirez le « mais » après le « oui » avant de nous donner des leçons, madame la sénatrice ! (Protestations sur les travées du groupe SER.)
Madame Garnier, nous devons faire un travail pédagogique pour expliquer aux populations qu'elles doivent respecter les élus.
M. le président. Il faut conclure !
M. Olivier Véran, ministre délégué. Ils font partie de la vie de la Nation. S'attaquer à un maire, c'est s'attaquer à la République, et celle-ci protégera toujours les siens.
Mme Laurence Rossignol. Il faut se calmer, monsieur le ministre !
M. le président. La parole est à Mme Laurence Garnier, pour la réplique.
Mme Laurence Garnier. Monsieur le ministre, je vous remercie de votre réponse.
Nous constatons tous que les Français votent de moins en moins, tandis que les élus se font agresser de plus en plus. Nous devons tous ensemble surmonter cette crise démocratique que nous traversons. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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