Examen à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi abrogeant la réforme des retraites
Guillaume GontardGEST
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/06/2023Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le président Gontard, je suis souvent surprise d'entendre ceux qui se disent défenseurs du Parlement être les premiers à en refuser les règles. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
Monsieur le président Gontard, revenons-en aux faits. L'examen de la réforme des retraites a eu lieu, avec 175 heures de débat parlementaire. Elle a été votée par deux fois par le Sénat, et le Conseil constitutionnel s'est prononcé très clairement sur la conformité de l'essentiel du texte à notre Constitution et sur le rejet de deux demandes de référendum d'initiative partagée qui visaient à l'abroger.
La proposition de loi dont vous parlez, et qui fait actuellement l'objet d'un examen par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, aggraverait considérablement les charges publiques et réduirait les recettes. Cela contrevient de façon évidente à l'article 40 de la Constitution, et vous le savez, monsieur Gontard.
Personne n'est dupe de la manoeuvre qui se joue. Comme vous en appelez au respect du Parlement et au débat, je vous renvoie à ces principes. Ce matin, la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a voté pour supprimer l'article de la proposition de loi qui visait à abroger la réforme des retraites. C'est un vote clair et démocratique, mais, immédiatement après, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a répondu par l'obstruction, avec le dépôt de 3 000 sous-amendements, pour empêcher un vote final en commission. (Eh oui ! sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Rémi Cardon et Mme Michelle Gréaume protestent.)
M. Marc-Philippe Daubresse. Pompiers pyromanes !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. La réalité, c'est que lorsque le résultat d'un vote déplaît à la Nupes, elle n'a qu'une réponse : l'obstruction.
De mon côté, je crois en notre Constitution et je respecte le travail du Parlement. Aussi, je souhaite que l'examen de la proposition de loi puisse aller à son terme dans de bonnes conditions et que le contrôle de la recevabilité des amendements puisse s'exercer normalement, dans la sérénité. En somme, je ne souhaite qu'une chose : le respect de nos règles et du débat parlementaire. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Guillaume Gontard, pour la réplique.
M. Guillaume Gontard. Madame la Première ministre, l'obstruction, c'est vous : tordre les règles, ce n'est pas appliquer les règles ! (Exclamations sur les travées des groupes UC et Les Républicains.) Vous auriez pu entrer dans l'Histoire en ouvrant une page nouvelle de notre république parlementaire, mais vous y entrerez, hélas ! comme une fossoyeuse de la démocratie française. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE. - Protestations sur des travées des groupes UC, RDPI, INDEP et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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