Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question écrite ✓ Répondue le 03/09/2026 #23#16#

Blocage de la publication des décrets statutaires des pharmaciens et médecins inspecteurs de santé publique et rupture d'égalité au sein de la haute fonction publique de l'État

Posée le 07/08/2025 · Ministère interrogé : Comptes publics

Jean-François Longeot Jean-François LongeotUC Sénateur — Doubs

La question

M. Jean-François Longeot attire l'attention de Mme la ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des comptes publics concernant la profonde situation d'iniquité qui affecte les corps des médecins et pharmaciens inspecteurs de santé publique (MISP et PHISP). Depuis plusieurs années, ces agents de l'Etat exerçant des missions essentielles au sein de l'administration sanitaire sont toujours dans l'attente d'une réforme statutaire, construite de manière interministérielle et concertée. Il est à souligner que des hauts fonctionnaires, dont l'expertise est essentielle à la sécurité sanitaire de notre pays, se voient aujourd'hui infliger une double peine par le Gouvernement. Un projet de réforme visant à moderniser leur grille indiciaire est actuellement bloqué par les services du ministère alors que toutes les étapes interministérielles de validation administrative et réglementaire ont été franchies Or cette réforme en prévoyant la linéarisation de l'échelon sommital et la suppression de l'échelon spécial du grade de médecin/pharmacien inspecteur, permettrait de moderniser et de clarifier les perspectives de carrière dans ces corps techniques de la haute fonction publique. Alors que les ministres concernés ont donné leur accord, les décrets correspondants n'ont toujours pas été publiés. Or dans un contexte de crise de l'attractivité de la haute fonction publique, ce blocage suscite l'incompréhension ainsi que la démobilisation chez les agents concernés. De plus, il est à souligner l'exclusion, qui reste incompréhensible, des MISP et PHISP de la récente valorisation des carrières des corps techniques supérieurs de l'Etat. Ce blocage et cette exclusion jettent le discrédit sur la parole de l'Etat employeur et instaure une rupture d'égalité flagrante entre des corps de même niveau en créant une haute fonction publique à deux vitesses. Il lui demande de fournir, au nom du Gouvernement, les raisons précises et motivées de l'exclusion des médecins et pharmaciens inspecteurs de santé publique du périmètre de la réforme indiciaire des grands corps techniques de l'Etat, de procéder à la signature des projets de décrets modifiant les statuts des MISP et des PHISP, afin de mettre un terme à un blocage devenu injustifiable, et afin de leur garantir un engagement formel du Gouvernement sur une publication immédiate de ces textes au Journal officiel.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 03/09/2026
Concernant la modernisation des corps des médecins inspecteurs de santé publique et des pharmaciens inspecteurs de santé publique (MISP et PHISP), les textes permettant la mise en oeuvre de la réforme évoquée ont été publiés au Journal officiel du 26 juillet 2025. Le décret n° 2025-697 du 25 juillet 2025 modifiant l'avancement au sein de ces deux corps a supprimé l'échelon spécial du grade de médecin général de santé publique et de pharmacien général de santé publique et l'a remplacé par un quatrième échelon, accessible après trois années passées au troisième échelon. Il a également organisé le reclassement dans cette nouvelle structure des agents précédemment classés au troisième échelon ou à l'échelon spécial. Le décret n° 2025-698 du 25 juillet 2025 a parallèlement adapté l'échelonnement indiciaire de ces deux corps à cette nouvelle structure, le quatrième échelon du grade de médecin général ou de pharmacien général de santé publique étant fixé à la hors-échelle D. Enfin, l'arrêté du 25 juillet 2025 a abrogé les dispositions qui fixaient le contingent d'accès aux anciens échelons spéciaux. Entrées en vigueur le 1er août 2025, ces dispositions ont ainsi réalisé la linéarisation du sommet de carrière attendue pour les MISP et les PHISP, en supprimant les conditions fonctionnelles et le contingentement qui limitaient auparavant l'accès à la hors-échelle D. Il n'existe donc plus de blocage relatif à la signature ou à la publication des textes nécessaires à cette réforme. S'agissant de la comparaison avec la réforme des corps d'ingénieurs de l'État intervenue au cours de l'été 2025, il convient de préciser que celle-ci ne constituait pas une réforme générale de l'ensemble des corps techniques relevant de l'encadrement supérieur de l'État. Les décrets n° 2025-822 et n° 2025-823 du 12 août 2025 ont établi un cadre statutaire et indiciaire commun à quatre corps interministériels d'ingénieurs de l'État : les ingénieurs de l'armement, les ingénieurs des mines, les ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et les ingénieurs de la statistique, de l'économie et de la donnée. Cette réforme a notamment harmonisé leur structure en trois grades, leurs conditions d'avancement et leur gouvernance. Les MISP et les PHISP appartiennent, comme certains de ces corps d'ingénieurs, au périmètre de l'encadrement supérieur de l'État. Ils étaient à ce titre mentionnés par le décret n° 2022-760 du 29 avril 2022 et figurent désormais parmi les corps mentionnés à l'article R. 412-5 du code général de la fonction publique. L'appartenance à ce même périmètre n'implique toutefois pas l'identité des règles statutaires, des modalités de recrutement ou des déroulements de carrière applicables à chacun de ces corps. Les MISP et PHISP constituent en effet des corps supérieurs à caractère technique recrutés, nommés et gérés par le ministre chargé de la santé. Leur recrutement suppose la détention des diplômes permettant respectivement l'exercice des professions de médecin ou de pharmacien et leurs missions sont principalement consacrées à la conception, à la mise en oeuvre, au contrôle et à l'évaluation des politiques de santé publique ainsi qu'à l'inspection et à l'expertise sanitaires. Ils relèvent ainsi d'une architecture statutaire propre, distincte du cadre commun constitué pour les quatre corps interministériels d'ingénieurs de l'État. Cette différence de cadre statutaire n'a pas fait obstacle à la prise en compte, pour les MISP et les PHISP, de l'objectif de modernisation et de linéarisation des carrières poursuivi pour les corps d'encadrement supérieur. La réforme entrée en vigueur le 1er août 2025 a précisément permis de supprimer le contingentement de l'accès au sommet de leurs grades et de garantir, sous la seule condition d'ancienneté prévue par leurs statuts, l'accès à leur échelon sommital.

Source : senat.fr ↗

Autres questions de Jean-François Longeot

Installation de dispositifs de vidéoprotection et soutien de l'État

Question écrite · 10/09/2026

En attente

Évolution du régime de taxe sur la valeur ajoutée applicable aux opérations foncières réalisées par les établissements publics fonciers locaux

Question écrite · 10/09/2026

En attente

Aides à l'acquisition de véhicules électriques par les collectivités territoriales

Question écrite · 27/08/2026

En attente

Situation des forêts du Doubs et succession de sécheresses

Question écrite · 27/08/2026

En attente
← Retour à la fiche de Jean-François Longeot