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Question écrite ✓ Répondue le 10/09/2026 #24#1#

Articulation entre diplomatie scientifique et diplomatie économique

Posée le 16/04/2026 · Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Jean-Luc Ruelle Jean-Luc RuelleLes Républicains Sénateur — Français établis hors de France (Série 1)

La question

M. Jean-Luc Ruelle interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur l'articulation entre diplomatie scientifique et diplomatie économique. La diplomatie scientifique vise à mobiliser la recherche, les échanges académiques et les coopérations scientifiques comme des instruments d'influence, de dialogue entre États, mais aussi comme des leviers d'innovation et de développement économique. Elle s'incarne concrètement dans la mobilité des chercheurs, les partenariats entre laboratoires, les projets de recherche conjoints ou encore l'attractivité des établissements d'enseignement supérieur. La stratégie ministérielle de diplomatie scientifique présentée début 2026 entend structurer et amplifier cette action, en affirmant notamment le lien entre coopération scientifique, influence internationale et retombées économiques. Elle s'inscrit dans un contexte de concurrence accrue entre grandes puissances, où la capacité à attirer les talents, à nouer des partenariats technologiques et à valoriser les résultats de la recherche constitue un enjeu stratégique majeur. Toutefois, au-delà de ces orientations, plusieurs interrogations demeurent. D'une part, cette stratégie apparaît comme une formalisation récente d'une action qui, dans les faits, existait déjà de manière diffuse à travers le réseau diplomatique, les organismes de recherche et les établissements d'enseignement supérieur. D'autre part, la traduction concrète de ces coopérations scientifiques en bénéfices économiques pour les entreprises françaises reste difficile à objectiver, en raison notamment des différences de temporalité et de logique entre le monde académique et le monde économique. Il lui demande en quoi la stratégie publiée en 2026 marque une évolution réelle par rapport aux dispositifs antérieurs en matière de diplomatie scientifique. Il souhaiterait connaître les instruments mobilisés pour assurer une articulation effective entre diplomatie scientifique et diplomatie économique, ainsi que les modalités retenues pour en mesurer les résultats concrets, tant en matière d'influence que de retombées économiques pour les entreprises françaises.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 10/09/2026
La stratégie de diplomatie scientifique du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) s'inscrit dans un contexte international marqué par une intensification de la compétition scientifique, technologique et industrielle. Dans ce cadre, la capacité des Etats à attirer les talents et à développer des partenariats scientifiques constitue un enjeu d'influence, d'innovation et de compétitivité. La France dispose à cet égard d'atouts reconnus, fondés sur l'excellence de sa recherche, la densité de ses coopérations universitaires et scientifiques, et l'action de son réseau diplomatique. Cette stratégie publiée en 2026 marque une étape importante dans la structuration, la lisibilité et le pilotage de l'action extérieure scientifique de la France. -- La stratégie ministérielle renforce tout d'abord la cohérence et le pilotage de l'action française en matière de diplomatie scientifique. Cette stratégie ministérielle vise à donner un cadre d'action au MEAE, en lien étroit avec le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, et tous les acteurs impliqués dans l'internationalisation de la recherche française. Son élaboration a fait l'objet d'échanges avec ces partenaires, afin de tenir compte de la diversité du paysage scientifique français, de l'hétérogénéité des pratiques, de la multiplicité des acteurs et des besoins accrus de coordination. Elle permet ainsi de mieux déployer les objectifs de soutien à l'internationalisation de la recherche française, d'attractivité des talents avec des programmes dédiés comme « Choose France for Science », de promotion des valeurs universelles de la science dans le sillage Déclaration de Marseille sous présidence française de l'UE, ou encore d'appui aux coopérations dans les domaines stratégiques et défense des intérêts de sécurité et de souveraineté de la France tel que rappelé lors du G7 en juin dernier. Par ailleurs, elle renforce le pilotage exercé par le MEAE et la mobilisation des diplomates sur les enjeux de diplomatie scientifique. -- Cette stratégie s'insère ensuite dans une articulation croissante avec la diplomatie économique Cette stratégie s'inscrit dans un contexte international profondément renouvelé. La science est aujourd'hui à la fois un espace de collaboration, un levier d'influence, un facteur d'innovation et un champ de compétition stratégique. Les coopérations scientifiques doivent donc permettre de maintenir des espaces de dialogue, de soutenir la recherche fondamentale et les grands biens publics mondiaux, tout autant qu'elles doivent contribuer à la souveraineté technologique, à l'attractivité du territoire national et à la valorisation de l'excellence française. Concrètement, en interministériel depuis Paris comme dans les postes, l'Equipe France travaille en collectif pour mettre en synergie des intérêts scientifiques, technologiques, industriels et économiques. A ce titre d'exemple, la création Franco-Australian Centre for Energy Transition, accompagné par le MEAE, vise ainsi à renforcer le continuum recherche et innovation dans ce secteur. -- La mesure d'impact de cette stratégie est enfin appelée à être renforcée, tout en tenant compte des temporalités propres à la coopération scientifique. Les temporalités de la diplomatie scientifique et de la diplomatie économique diffèrent. Une coopération scientifique peut produire des effets à long terme : co-publications, structuration de réseaux, circulation des talents, accès à des infrastructures, puis seulement, dans certains cas, partenariats industriels, transfert de technologie, innovation ou implantation d'acteurs économiques. La mesure directe de l'impact économique d'une coopération scientifique demeure donc complexe, en particulier lorsqu'il s'agit d'isoler la contribution propre du MEAE par rapport à celle d'un écosystème d'acteurs mobilisés ou des dispositifs de soutien de financement, nationaux ou encore européens comme Horizon. La France est en effet le second bénéficiaire du programme Horizon Europe sur la période 2021-2024. Le rôle du MEAE n'est donc pas de se substituer aux acteurs économiques et aux ministères compétents pour mesurer l'ensemble des retombées industrielles et commerciales des coopérations scientifiques. Sa valeur ajoutée réside dans la capacité à orienter, faciliter, mettre en relation, sécuriser et valoriser ces coopérations à l'international, en lien avec les priorités de la politique étrangère de la France.

Source : senat.fr ↗

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