Question écrite ✓ Répondue #6#22#

Remboursement des frais de campagne électorale municipale

Posée le 04/06/2026 • Ministère interrogé : Aménagement du territoire et décentralisation

Marie-Pierre Richer

Marie-Pierre Richer Les Républicains

Sénatrice — Cher

La question

Mme Marie-Pierre Richer attire l'attention de Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur le problème du remboursement, par l'État, des frais de campagne engagés par les candidats lors des élections municipales. Les dispositions actuelles du code électoral, notamment en ses articles L. 52-4, L.241 et L.242, instaurent un régime de remboursement de ces dépenses qui varie en fonction du nombre d'habitants de la commune. C'est ainsi que dans les communes de moins de 1 000 habitants, qui représentent près de 75 % des communes de notre pays, les candidats ne bénéficient d'aucun remboursement du coût du papier, des frais d'impression et d'affichage des documents de propagande électorale (bulletins de vote et circulaires), tandis que dans les communes de 1 000 à 2 500 habitants ces dépenses sont prises en charge par l'État ainsi que la mise sous pli et l'envoi de ces documents, et que dans les communes de plus de 2 500 habitants, les candidats bénéficient, en outre, d'un remboursement forfaitaire des dépenses de campagne. Ces dispositions engendrent manifestement une inégalité de traitement entre les candidats que la taille de la commune ne saurait justifier. Aussi lui demande-t-elle quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour mettre un terme à cette situation.

✓ Réponse du gouvernement

À l'occasion des élections municipales, pour chaque tour de scrutin, le remboursement par l'État des frais d'impression ou de reproduction et d'affichage est prévu par l'article R. 39 du code électoral et ouvert aux candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés dans les seules communes de 1 000 habitants et plus. Pour les très petites communes (moins de 1 000 habitants), aucun remboursement n'est prévu, y compris pour la propagande électorale.

Les frais engagés par les candidats aux élections municipales pour leur propagande électorale varient mécaniquement en fonction de la taille de la commune. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats sont identifiés et connus par tous les électeurs. En effet, les 23 920 communes de moins de 1 000 habitants comptent en moyenne 355 habitants. Ces candidats peuvent facilement leur exposer leur programme, même de vive voix. L'impression d'affiches, de circulaires ou de tracts est moins nécessaire ; sa volumétrie est réduite en raison du faible nombre d'électeurs inscrits concernés par le scrutin. En outre, en droit électoral, le principe d'égalité entre les candidats, ou entre les électeurs, s'apprécie à l'échelle d'une même circonscription électorale, soit, pour les élections municipales, à l'échelle d'une même commune, afin de garantir la sincérité du scrutin. Ainsi, l'existence de règles de dépenses électorales différentes entre des communes de taille différente n'a pas d'impact sur l'égalité entre les candidats, ni entre les électeurs, puisque les mêmes règles s'appliquent à l'échelle de la circonscription.

Le seuil de remboursement de la propagande fixé à 1 000 habitants vise également à simplifier le contrôle administratif des dépenses de propagande. Dans les petites communes (qui représentent la majorité en France puisqu'environ 23 920 communes sur 35 000 ont moins de 1 000 habitants), les campagnes sont souvent modestes, menées par des candidats indépendants.

Le seuil de 1 000 habitants permet de limiter le remboursement aux circonscriptions où les dépenses sont plus élevées et structurées.

Il n'est donc pas envisagé de modifier le code électoral afin d'abaisser les seuils de remboursement de la propagande électorale.

Source : senat.fr ↗

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