Rapport d'information
Assemblée nationale
Les moyens de la direction générale des finances publiques consacrés à la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales
Déposé le 21/07/2026
Recommandations
- Recommandation n° 1 : Confier à la Cour des comptes la réalisation d’une évaluation systématique et indépendante des plans de lutte contre la fraude aux finances publiques, présentée au Parlement, afin d’éviter la multiplication d’effets d’annonce dans le débat public.
- Recommandation n° 2 : Créer 2 000 emplois supplémentaires chargés du contrôle fiscal d’ici 2029, afin de ramener le nombre de contrôles fiscaux externes au niveau du début des années 2010.
- Recommandation n° 3 : Revenir sur les coupes massives dans les effectifs de la DGFiP en définissant, en concertation avec les syndicats, une cible d’effectifs permettant à la direction de remplir pleinement toutes ses missions (collecte de l’impôt, gestion des bases fiscales, accompagnement des collectivités…).
- Recommandation n° 4 : En s’appuyant sur les critères définis par la jurisprudence administrative, revenir à une analyse plus large de l’intentionnalité pour l’application des pénalités exclusives de bonne foi, afin de maintenir l’effet dissuasif du contrôle fiscal en cas de fraudes graves.
- Recommandation n° 5 : Allouer les moyens nécessaires au service statistique de la DGFiP pour permettre une évaluation complète de l’écart fiscal en France, impôt par impôt, d’ici 2028, à l’instar de la plupart des grands pays de l’OCDE.
- Recommandation n° 6 : Remettre en place des contrôles aléatoires permettant à la DGFiP de recueillir l’information nécessaire à l’estimation de l’écart fiscal et de créer un effet dissuasif auprès des fraudeurs.
- Recommandation n° 7 : Doubler les moyens alloués à la résorption de la dette informatique de la DGFiP de façon à atteindre un taux de conformité des outils informatiques aux besoins des agents de 90 % d’ici 2030.
- Recommandation n° 8 : Créer un véritable service de développement des outils numériques de la DGFiP, doté des moyens nécessaires pour écarter toute externalisation dans la conduite des projets informatiques.
- Recommandation n° 9 : Plafonner à 50 % de contrôles programmés par intelligence artificielle, tel que défini par le cadre d’objectif et de moyens 2023-2027, et élaborer une doctrine de programmation des contrôles, en dialogue avec les agents des services de contrôle de la DGFiP, qui détermine un équilibre entre programmation d’origine humaine et programmation issue du croisement de données.
- Recommandation n° 10 : Imposer, avant toute réorganisation des services justifiée par des gains d’efficience, une évaluation préalable de la réalité des gains constatés, en concertation avec les personnels concernés.
Sommaire
- DoNNÉES CLÉS
- RECOMMANDATIONS de la rapporteure spéciale
- INTRODUCTION
- I. Entre 2015 et 2025, les résultats de la lutte contre la fraude fiscale se sont considérablement dégradés dans un contexte de chute des effectifs de la DGFiP
- A. Malgré des recettes fiscales en hausse de près de 45 %, les résultats des contrôles sont plus faibles en 2024 qu’en
- B. Une baisse des résultats du contrôle fiscal qui intervient dans un contexte de coupe massive dans les effectifs de la DGFiP
- II. des services de contrôle fragilisés qui ne parviennent plus à couvrir un tissu fiscal en croissance constante
- A. Une fraude de moins en moins bien détectée et de moins en moins sanctionnée du fait de la disparition des contrôles approfondis
- B. des baisses de moyens humainS aux effets considérables sur des fonctions essentielles de lutte contre l’évasion fiscale
- III. UnE priorisation hâtive du recours au datamining pour absorber les baisses d’effectifs, sans résoudre la dette technique considérable de la DGFiP
- A. La collecte d’information à la DGFiP pâtit d’un sous‑investissement massif dans l’informatique et de l’échec massif de certains projets externalisés
- B. Une systématisation hâtive du recours au datamining, au-delà de la cible de 50 % fixée initialement, qui révèle une stratégie privilégiant des objectifs de court terme
- C. Des objectifs de rendement de l’intelligence artificielle surestimés, qui justifient des réductions abusives des moyens humains de la DGFiP
- I. Entre 2015 et 2025, les résultats de la lutte contre la fraude fiscale se sont considérablement dégradés dans un contexte de chute des effectifs de la DGFiP
- TRAVAUX DE LA COMMISSION
- LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES PAR LA RAPPORTEURE SPÉCIALE
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