- Il y a 577 députés à l'Assemblée nationale et 348 sénateurs au Sénat : ensemble, ils forment le Parlement, qui vote la loi et contrôle le gouvernement.
- Le député est élu au suffrage universel direct — par tous les électeurs de sa circonscription — pour 5 ans. Le sénateur est élu au suffrage indirect par un collège d'environ 162 000 « grands électeurs » (élus locaux), pour 6 ans.
- Le Sénat se renouvelle par moitié tous les 3 ans : la prochaine échéance est fixée à septembre 2026. L'Assemblée, elle, est renouvelée d'un coup à chaque élection législative.
- En cas de désaccord persistant entre les deux chambres, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot (article 45 de la Constitution). Le gouvernement lui demande de « statuer définitivement ».
- Le président de la République peut dissoudre l'Assemblée — jamais le Sénat. Et si la présidence est vacante, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim.
« Mon député » ou « mon sénateur » ? La confusion est courante, et elle n'a rien d'anodin : selon la chambre, l'élu n'a ni le même électeur, ni le même mandat, ni le même pouvoir sur le texte final d'une loi. À l'approche du renouvellement sénatorial de septembre 2026, voici le mode d'emploi des deux assemblées qui composent le Parlement français — qui fait quoi, qui vote quoi, et qui a le dernier mot.
Deux chambres, deux façons d'être élu
La différence la plus fondamentale n'est pas leur nom, mais qui les élit. Le député tient sa légitimité directement des citoyens : dans chacune des 577 circonscriptions, il est désigné au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le sénateur, lui, représente les collectivités territoriales (communes, départements, régions) : il est choisi par un collège d'élus locaux — maires, conseillers, et surtout les délégués des conseils municipaux, qui pèsent l'essentiel du vote.
| Assemblée nationale | Sénat | |
|---|---|---|
| Membres | 577 députés | 348 sénateurs |
| Élection | Suffrage universel direct (les citoyens) | Suffrage indirect (~162 000 grands électeurs) |
| Durée du mandat | 5 ans | 6 ans (renouvelé par moitié tous les 3 ans) |
| Âge minimum | 18 ans | 24 ans |
| Représente | La population (circonscriptions) | Les collectivités territoriales |
| Peut être dissous ? | Oui, par le président de la République | Non, jamais |
| Dernier mot sur la loi | Oui (art. 45) | Non, sauf lois constitutionnelles et organiques le concernant |
Qui a le dernier mot ? La « navette » et le rôle de l'Assemblée
Sur le papier, les deux chambres sont à égalité pour examiner un texte : une loi fait des allers-retours entre l'Assemblée et le Sénat — la navette parlementaire — jusqu'à ce qu'elles s'accordent sur une version identique. Quand le désaccord persiste, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) tente un compromis. Si elle échoue, le gouvernement peut donner le dernier mot à l'Assemblée nationale : c'est la « lecture définitive », prévue par l'article 45 de la Constitution.
Ce mécanisme n'a rien de théorique. La loi sur le droit à l'aide à mourir, adoptée définitivement le 15 juillet 2026, en est un exemple récent : après plusieurs lectures et un désaccord avec le Sénat, c'est bien l'Assemblée qui a tranché en dernière lecture. Le Sénat peut infléchir, ralentir, réécrire un texte — mais sur une loi ordinaire, il ne peut pas l'imposer contre la volonté des députés.
Ce que seul le Sénat peut faire
Cette prééminence de l'Assemblée ne fait pas du Sénat une chambre secondaire. Sur plusieurs terrains, il dispose de pouvoirs que l'Assemblée n'a pas — ou d'une capacité de blocage absolue.
Contrôler le gouvernement : un pouvoir partagé, mais asymétrique
Les deux chambres votent la loi, adoptent le budget et interrogent les ministres lors des questions au gouvernement. Mais un pouvoir reste propre à l'Assemblée : elle seule peut renverser le gouvernement, par une motion de censure ou en refusant la confiance. Le gouvernement est responsable devant les députés, pas devant les sénateurs. C'est la contrepartie logique du suffrage direct : ceux qui tiennent leur mandat du peuple peuvent, en son nom, mettre fin à celui d'un gouvernement.
Concrètement, pour suivre l'action de « votre » Parlement, deux réflexes : consulter la fiche de votre député — son groupe, ses votes, ses amendements — et celle de vos sénateurs, dont la moitié se joue justement en septembre 2026. Chaque vote nominal y est détaillé, pour l'Assemblée comme pour le Sénat.