- Sénatrice du Gers depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre au second tour avec 324 voix de grands électeurs, soit 41,75 % des suffrages exprimés.
- Première femme élue sénatrice dans l'histoire du Gers, elle succède au socialiste Franck Montaugé, qui ne se représentait pas.
- Née le 23 avril 1976, elle a 50 ans. Enseignante dans le premier degré, selon sa déclaration de candidature.
- Conseillère municipale d'opposition à Eauze et conseillère communautaire du Grand Armagnac, dont elle a été vice-présidente.
- Suppléante du député David Taupiac (groupe Liot) depuis 2022, investie par le Parti socialiste du Gers pour les sénatoriales.
- Membre du groupe Socialiste, écologiste et républicain et secrétaire de la commission des affaires sociales.
Lundi 19 octobre, trois semaines après son élection, Carole Rolando verra passer en séance ses premiers amendements. Ils portent sur la proposition de loi pour l'égalité d'accès aux soins des Ultramarins, adoptée par les députés en juin et réécrite le 13 octobre par la commission des affaires sociales du Sénat, où elle siège. Avec huit collègues socialistes, elle demande de rétablir le texte voté à l'Assemblée. C'est le premier acte d'une sénatrice dont l'élection, le 27 septembre, a fait date dans le Gers : jamais le département n'avait envoyé de femme au palais du Luxembourg. Six mois plus tôt, elle perdait la mairie d'Eauze face à l'homme qu'elle a devancé ce soir-là. Portrait en données.
« La roue tourne » : d'Eauze au Luxembourg
Carole Rolando revendique « plus de vingt-cinq ans » d'engagement local, pour l'essentiel dans l'opposition. À Eauze, capitale de l'armagnac, sa liste « Un nouvel élan pour Eauze » a encore été battue dès le premier tour des municipales, le 15 mars 2026 : 766 voix, soit 39,3 %, contre 60,7 % à celle du maire sortant Michel Gabas, divers droite, également conseiller départemental du canton. Elle conserve cinq sièges de conseillers municipaux sur vingt-sept.
Six mois plus tard, Michel Gabas est lui aussi candidat aux sénatoriales. Le 27 septembre, au second tour, elle le devance de 90 voix. Le soir de son élection, elle résume, devant La Dépêche du Midi : « Cela fait plus de 25 ans que souvent, je comblais des listes. »
« J'ai beaucoup perdu et ce soir, la roue tourne. »
Carole Rolando, le soir de son élection, le 27 septembre 2026, citée par La Dépêche du Midi.
Le scrutin s'est joué à gauche autant que contre la droite. Le Parti socialiste gersois l'avait investie, tout en apportant son soutien à Céline Salles, vice-présidente non encartée du conseil départemental, au nom du « rassemblement de la gauche gersoise ». Les deux femmes se sont maintenues au second tour. Carole Rolando a fini devant, avec 56 voix d'avance, derrière le sortant centriste Alain Duffourg, réélu avec 350 voix.
792 grands électeurs, 776 suffrages exprimés. Chaque grand électeur peut voter pour deux candidats : les pourcentages ne s'additionnent pas à 100. Source : Sénat, résultats officiels de la circonscription du Gers.
L'agriculture gersoise comme premier combat
Sa première promesse vise les agriculteurs. Les zones défavorisées ouvrent droit à l'indemnité compensatoire de handicaps naturels, une aide européenne versée aux exploitations des territoires difficiles. Leur carte a été redessinée en 2018 et 2019 pour les zones de plaine, et des dizaines de communes du Gers en sont sorties. En février 2018, alors que des agriculteurs bloquaient les routes du Gers et du Tarn-et-Garonne, le sénateur Yvon Collin interpellait déjà le ministre de l'agriculture sur un zonage qui allait, selon lui, « plonger beaucoup d'entre eux dans la difficulté ».
« Mes premières actions seront de faire reconnaître par la loi le Gers comme zone agricole défavorisée. »
Carole Rolando, au soir de son élection, citée par Le Journal du Gers, le 27 septembre 2026. Elle veut aussi « défendre les intérêts des ruraux ».
Sa commission, celle des affaires sociales, ne traite pas d'agriculture : elle examine la santé, la sécurité sociale, le travail et les retraites, et donc le budget de la Sécurité sociale pour 2027, attendu au Sénat en novembre. Le 6 octobre, son agenda officiel la place à une audition du rapporteur du projet de loi sur la protection des enfants. Elle n'a encore posé aucune question écrite au gouvernement.
Discipline et présence : un groupe qui vote d'une seule voix
Carole Rolando siège dans le groupe Socialiste, écologiste et républicain, qui compte 62 sénateurs, dont 60 membres et 2 apparentés. Ses 52 membres ayant déjà siégé ont suivi la position majoritaire du groupe dans 98,9 % des scrutins publics en moyenne depuis octobre 2023, la moitié d'entre eux au-dessus de 99,4 %.
Son premier vote suit la règle. Le 13 octobre, sur un amendement du socialiste Bernard Jomier à la proposition de loi sur les stocks de sécurité des médicaments, rejeté par 198 voix contre 111, elle a voté pour, comme les 62 sénateurs de son groupe, selon la feuille de scrutin officielle. Ce scrutin n'est pas encore intégré à notre base, qui lui compte zéro vote enregistré.
Côté présence, son agenda officiel compte cinq jours et seize heures depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre, l'audition du 6, la commission des affaires sociales les 7 et 14 octobre, trois textes examinés en séance le 13, les questions au gouvernement le 14. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux : il n'existe pas de dénominateur comparable. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
« Je connais les rouages des institutions en étant suppléante de David Taupiac. »
Carole Rolando, citée par Le Journal du Gers, le 27 septembre 2026.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Carole Rolando à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans le Gers, sa fiche de candidate, la fiche d'Alain Duffourg, l'autre sénateur du département, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.