- Sénateur du Gers depuis le 1er octobre 2020, réélu le 27 septembre 2026. Né le 22 janvier 1950, 76 ans, avocat de profession.
- Maire de Tourrenquets pendant trente et un ans (1989-2020), un village gersois d'une centaine d'habitants. Ancien conseiller départemental et ancien président du Syndicat d'énergie du Gers.
- Centriste : candidat UDI en 2014 et 2015, membre de l'Alliance centriste, classé divers droite par le ministère de l'Intérieur en 2020 comme en 2026.
- Au Sénat, il a siégé au groupe Union centriste pendant tout son premier mandat. Il a d'abord été membre de la commission des affaires sociales, puis de celle de l'aménagement du territoire et du développement durable.
- Rapporteur de deux propositions de loi, dont celle sur l'accompagnement des enfants atteints de cancer, devenue loi en décembre 2021.
- Quatre campagnes sénatoriales : battu en 2014 et en 2015, élu en 2020 avec 24 voix d'avance, réélu en 2026 avec 350 voix.
Dimanche 27 septembre, Alain Duffourg a été réélu sénateur du Gers au second tour, avec 350 voix, soit 45,10 % des suffrages exprimés. Il était déjà en tête au premier tour, avec 306 voix. La socialiste Carole Rolando, 324 voix, prend le second siège, celui de Franck Montaugé, qui ne se représentait pas. Elle devient la première sénatrice de l'histoire du département. Treize candidats se disputaient les suffrages de 792 grands électeurs, dont cinq à gauche encore présents au second tour. Le réélu en a tiré lui-même la leçon : « J'ai eu la chance qu'il y ait eu plusieurs candidats à gauche parce que sinon, ça aurait été compliqué pour moi », a-t-il déclaré à La Dépêche du Midi. Qu'a fait de son premier mandat cet avocat arrivé au Sénat à 70 ans ? Voici ses six ans en données.
L'eau, sa bataille : une proposition de loi jamais examinée
Le texte qui porte son nom date du 18 juillet 2022. En pleine sécheresse de l'été 2022, Alain Duffourg dépose une proposition de loi pour que les retenues collinaires de moins de 150 000 mètres cubes, ces réserves qui stockent l'eau de pluie pour l'irrigation, soient soumises à une simple déclaration. Le 2 mars 2023, il la défend lors des questions d'actualité, quelques jours après la visite du président de la République au Salon de l'agriculture.
« J'ai déposé à ce sujet une proposition de loi visant à soumettre à déclaration les retenues collinaires de moins de 150 000 mètres cubes. […] Les agriculteurs, les éleveurs et les vignerons de ce pays attendent de votre part une réponse particulièrement précise et efficace. »
Question d'actualité au gouvernement du 2 mars 2023 sur les retenues collinaires contre la sécheresse. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le Sénat n'a jamais inscrit ce texte à son ordre du jour. Il est aujourd'hui caduc. Le sénateur n'a pas lâché le sujet pour autant. Le 16 avril 2026, il demande par écrit au Premier ministre où en sont les annonces gouvernementales sur le stockage de l'eau, dont la mise en œuvre « se fait attendre ». Cette question n'a pas reçu de réponse.
C'est par un autre texte que le dossier a avancé. Fin juin 2026, le Sénat examine le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Alain Duffourg y dépose 16 amendements. Deux sont adoptés. Le premier, cosigné avec Olivier Henno et voté contre l'avis du gouvernement, retire de la définition des zones humides les parcelles cultivées depuis au moins cinq ans. Le second rend obligatoire la mention de l'origine du foie gras au restaurant. Le 1er juillet, deux autres, sur la gestion de l'irrigation, échouent : l'un est rejeté, il retire l'autre. La loi promulguée le 18 août fixe un objectif de doublement des volumes d'eau stockés pour l'agriculture d'ici à 2035 et assouplit les règles applicables aux retenues collinaires de moins de trois hectares, selon la Banque des territoires. Elle impose aussi d'indiquer l'origine du foie gras sur les cartes et les menus des restaurants.
L'agriculture est le fil de ses amendements. Sur la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire, promulguée en mars 2025, il en a déposé 55. Cinq ont été adoptés en commission, dont un qui crée un volontariat agricole de six mois pour les 18-35 ans. Dix-neuf ont été déclarés irrecevables.
Le Gers à la tribune : vignes gelées, foie gras et canalisations
Alain Duffourg est d'abord un sénateur de questions. Il en a posé 201 en six ans. Parmi les 164 sénateurs en fonction sur tout le mandat, 21 seulement en ont posé davantage, et la médiane est à 75.
Quarante de ces questions s'adressent au ministère de l'agriculture, et elles parlent presque toutes du Gers. Sa première question d'actualité, le 15 avril 2021, porte sur le gel qui vient de frapper les vignes : dans son département, dit-il, « 50 % à 100 % des vignobles ont été détruits ». Sept de ses dix questions orales visent le même ministère : le mildiou, la maladie hémorragique épizootique des bovins, la vaccination des canards, l'agriculture biologique, et en janvier 2026 l'assurance récolte des vignerons, dont le taux de souscription est passé selon lui de 85 % à 24 % en quatre ans. En mars 2026, une question écrite réclame la mention de l'origine du foie gras. Trois mois plus tard, il en fait un amendement.
La santé et les solidarités arrivent pourtant en tête, avec 57 questions : bus dentaires en zone rurale, internes en neurologie en Occitanie, remises sur les médicaments génériques. Le 23 janvier 2025, après une enquête du Monde et un numéro d'Envoyé spécial, il interpelle le gouvernement sur le chlorure de vinyle monomère, une substance cancérogène qui se dégage des vieilles canalisations en PVC.
« Pour remédier à cette difficulté, il faudrait remplacer l'ensemble des canalisations. Cependant, les présidents des syndicats d'eau et les maires ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour ce faire. »
Question d'actualité au gouvernement du 23 janvier 2025 sur la pollution des canalisations d'eau potable. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Le 11 juin 2026, sa quatrième question d'actualité est la plus grave. Après la mort de la petite Lyhanna, dans le Gers, il demande au garde des sceaux pourquoi un homme déjà accusé du viol d'une fillette n'avait pas été placé en garde à vue, et si la « défaillance grave » reconnue par le ministre est « structurelle ou humaine ». Le texte de son intervention est sur notre site.
Le gouvernement ne lui répond pas toujours. Sur ses 187 questions écrites, 59 sont restées sans réponse. La dernière avant le scrutin, le 9 juillet, portait sur les piscines publiques rurales, dont le Gers est selon lui sous-équipé.
Discipline et présence
Depuis octobre 2023, fenêtre commune à tous les sénateurs de notre base, Alain Duffourg a voté 852 fois sur 892 comme la majorité du groupe Union centriste, soit 95,5 %. C'est un peu moins que la médiane du groupe, à 96,1 % : 22 des 58 centristes comparables sont moins alignés que lui.
Ses écarts ne dessinent pas une ligne, ils vont dans les deux sens. Le 28 février 2024, il vote contre l'inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l'IVG, avec six autres centristes, quand le Sénat l'adopte par 267 voix contre 50. Le 21 mars 2024, le Sénat rejette par 211 voix contre 44 l'article qui autorise la ratification du CETA, l'accord de libre-échange avec le Canada. Cinquante-deux des 57 centristes ne prennent pas part au vote. Il est le seul membre de son groupe à voter pour. Le 12 juin 2025, il vote cette fois avec la gauche : il approuve la proposition de loi créant un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultrariches, la « taxe Zucman », comme 13 autres centristes. Trente-quatre votent contre, et le texte est rejeté.
Il lui arrive aussi de voter pour son département contre son groupe. Le 8 décembre 2023, il est l'un des deux centristes à soutenir l'amendement de son collègue socialiste du Gers, Franck Montaugé, qui créait un fonds pour les élevages touchés par la maladie hémorragique épizootique. Le Sénat le rejette par 224 voix contre 117. Sur l'immigration, il penche à droite : en novembre 2023, quatre de ses sept amendements au projet de loi sont adoptés, dont ceux qui suppriment l'article 3, sur la régularisation des travailleurs sans papiers dans les métiers en tension, et l'article 4, sur l'accès immédiat des demandeurs d'asile au travail.
Sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, l'avocat a choisi le terrain de la procédure. En deuxième lecture, en mai 2026, il dépose 25 amendements de garde-fous : délai de réflexion allongé, collégialité renforcée, déclaration d'intérêts des membres de la commission de contrôle. Aucun n'est adopté. Cinq sont déclarés irrecevables et dix-neuf tombent sans être discutés. Le seul mis aux voix, cosigné avec Arnaud Bazin, imposait trente jours entre la demande et la prescription : il est rejeté le 11 mai par 256 voix contre 13. Le même jour, il vote contre l'article 2, qui crée le droit à l'aide à mourir et que le Sénat rejette par 151 voix contre 118. Le 7 juillet, il vote la question préalable par laquelle le Sénat renonce à débattre du texte, à 169 voix contre 164. La loi a été validée en août par le Conseil constitutionnel.
« Le délai de deux jours est insuffisant. Cinq jours permettent au moins un week-end de réflexion familiale. »
Exposé des motifs de son amendement n° 365 à la proposition de loi relative à l'aide à mourir, en deuxième lecture au Sénat, mai 2026. Il proposait de porter de deux à cinq jours le délai de réflexion. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Côté participation, il a pris part à 1 549 des 1 575 scrutins publics de son mandat, soit 98,3 %. Le chiffre est élevé, mais le vote par délégation tire tous les taux du Sénat vers le haut : la médiane des 164 sénateurs en fonction sur toute la période est à 99,3 %, et 91 d'entre eux font mieux que lui. Six de ses 26 scrutins manqués portent sur l'aide à mourir. L'agenda officiel du Sénat le place plus bas encore : 338 jours de présence et 1 403 heures de réunions et de séances depuis octobre 2020, dont 46 jours sur les douze derniers mois. La médiane des sortants réélus dimanche est de 423 jours, comme nous l'avons calculé au lendemain du scrutin. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, rapports : retrouvez toute l'activité d'Alain Duffourg sur sa fiche NosParlementaires, les résultats complets du département sur notre page des sénatoriales dans le Gers, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.