- Député La France insoumise de la 1re circonscription de la Seine-Saint-Denis (Saint-Denis, Stains, Pierrefitte) depuis juin 2017, réélu en 2022 et en juillet 2024. Né le 30 décembre 1958 à Courbevoie, il a 67 ans.
- Président de la commission des finances de l'Assemblée nationale depuis le 30 juin 2022, réélu le 20 juillet 2024 puis le 2 octobre 2025. Le poste revient par tradition à l'opposition : il en fait un poste de contrôle du budget.
- Avant la politique, il a été communicant dans la voile : fondateur de l'agence Effets Mer, il a travaillé avec les navigateurs Isabelle Autissier et Michel Desjoyeaux.
- Militant de longue date à gauche — LCR, Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement, puis cofondateur du Parti de gauche en 2008, dont il fut coordinateur de 2015 à 2021. La France insoumise depuis 2016.
- Conseiller régional d'Île-de-France de 2010 à 2017, avant son entrée à l'Assemblée.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Le 26 août 2026, alors que l'Assemblée n'a pas repris ses travaux, une salle du Palais-Bourbon s'est rouverte : Éric Coquerel y a lancé la mission flash sur le coût de la canicule qu'il a proposée et qu'il préside. Deux économistes, Olivier Chanel et Vincent Viguié, et le président de l'avionneur Hynaero ont ouvert le bal ; suivront jusqu'au 23 septembre Météo-France, l'Office national des forêts, les pompiers, la Fédération hospitalière, Santé publique France et le Trésor. Conclusions annoncées « début octobre ». L'objectif est explicitement budgétaire : documenter la facture de l'été — le député parlait début août de « plusieurs milliards », la ministre de la transition écologique Monique Barbut évoquait mi-août « 10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects », contre 5,6 milliards pour 2022 — afin de réclamer des crédits dans le budget que Sébastien Lecornu doit présenter le 30 septembre.
Le calendrier n'est pas un hasard : le président de la commission des finances arrivera à la discussion budgétaire avec un chiffre en main. Voici ce que disent nos données sur les neuf années de mandat de celui qui tient l'un des deux postes clés du budget à l'Assemblée — 8 434 scrutins, 18 945 amendements signés, 1 056 prises de parole en séance.
Le budget, et presque rien d'autre
Sur les 273 amendements qu'il a rédigés lui-même, 224 portent sur les projets de loi de finances — 147 sur le budget 2026 et 77 sur le budget 2025 — auxquels s'ajoutent 6 amendements sur la loi spéciale de décembre 2024, ce texte d'exception voté après la censure du gouvernement Barnier pour permettre à l'État de continuer à lever l'impôt. Le rendement est modeste : 32 adoptés au total, 136 rejetés, 27 déclarés irrecevables. Une constante : la fiscalité des hauts patrimoines et la fraude fiscale, qu'il oppose systématiquement à la fraude sociale.
« Si nous avions les dispositifs et les moyens nécessaires, la fraude aurait baissé. Vous avouez votre échec dans la lutte contre la fraude fiscale en lui privilégiant la lutte contre la fraude sociale. »
Éric Coquerel, séance du 26 février 2026, examen du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales.
Le reste de sa fiche relève d'une autre logique. Les 18 672 autres amendements qu'il a signés sont des cosignatures collectives du groupe LFI-NFP : quand le groupe dépose, les 71 députés signent. C'est ce qui explique que ses « thèmes de prédilection », calculés à partir de l'ensemble de ses signatures, placent en tête Collectivités et ruralité (21 %) et Travail, emploi et social (18 %), et l'économie seulement en troisième position (9 %) : ces chiffres décrivent l'agenda de son groupe, pas le sien. Ses trois textes déposés en premier signataire sont ailleurs encore : deux versions successives d'une proposition de loi contre les dérives de la multipropriété dans le football professionnel, et une demande de commission d'enquête sur le maintien de l'ordre en Île-de-France les 31 mai et 1er juin 2025. Aucun n'a été adopté ; il a en revanche rédigé 7 amendements sur la loi sur le financement du sport professionnel, dont 3 ont été adoptés.
La voile, l'angle mort de sa fiche
Il existe un dossier où le député de Seine-Saint-Denis a rejoint son ancien métier. Le 12 mai 2026, l'Assemblée a adopté à l'unanimité — 175 voix pour, aucune contre — la proposition de loi d'Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) visant à accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique, désormais transmise au Sénat. Éric Coquerel n'en est pas l'auteur, mais il y a déposé 11 amendements de sa main — son quatrième texte le plus amendé de la législature —, dont un seul a été adopté, et il a voté pour l'ensemble. Ancien fondateur de l'agence Effets Mer, il a passé la séance à en défendre l'ambition tout en refusant le véhicule choisi : exonérations de cotisations sociales et certificats d'économie d'énergie, qu'il qualifie d'« arnaque » en citant la Cour des comptes.
« La mer apaise. […] Le transport maritime se fait à la voile depuis les Phéniciens. Je suis convaincu qu'avant la fin du XXIe siècle, la propulsion carbonée n'apparaîtra plus que comme une parenthèse. […] Notre pays, qui a longtemps été un « pays terrien », comme disait Fernand Braudel, s'est ouvert à la voile à partir du début des années 1960. […] Voilà des aides publiques intelligentes ! »
Éric Coquerel, séance du 12 mai 2026, explication de vote sur la proposition de loi relative au transport maritime à propulsion vélique.
L'ancrage en Seine-Saint-Denis, lui, passe rarement par la procédure écrite : il n'a déposé que quatre questions écrites en neuf ans, dont une seule sur son département — la situation des agents publics de France Travail de Seine-Saint-Denis, en février 2025. Sa dernière question écrite, en juillet 2026, porte sur les procédures collectives d'entreprises. Ses cinq questions au gouvernement sont nationales ou internationales : Gaza, droits de douane américains, propos racistes visant l'élu dionysien Bally Bagayoko, et la nomination d'Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes, qu'il a contestée au nom de la déontologie des juridictions financières.
Discipline et présence : le paradoxe du président de commission
Sur les votes qu'il a exprimés, Éric Coquerel s'est rangé 95,5 % du temps sur la position majoritaire du groupe LFI-NFP : 1 597 votes alignés, 75 divergents. Il a voté 907 fois pour, 699 fois contre et s'est abstenu 66 fois.
La participation, elle, est en dessous de la moyenne. Il a pris part à 1 672 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 19,8 %, contre une médiane de 23,5 % pour l'ensemble des députés et de 29,9 % au sein de son propre groupe. Il se classe 371e sur 606 à l'Assemblée et 59e sur 72 chez les insoumis. La chronologie éclaire ce résultat sans l'effacer : il a voté 59,2 % des scrutins de 2024 (311 sur 525), puis 21,7 % en 2025 (960 sur 4 422) et 11,5 % depuis janvier 2026 (401 sur 3 487). Le nombre de scrutins a été multiplié par huit entre 2024 et 2025 — ce qui fait mécaniquement baisser tous les taux —, mais ses collègues de groupe siègent dans le même hémicycle : l'écart de dix points avec la médiane insoumise, lui, ne s'explique pas par le volume. Il tient à la charge d'une présidence de commission, dont l'essentiel du travail — auditions, rapporteurs spéciaux, contrôle sur pièces et sur place, missions comme celle sur la canicule — se déroule hors de la salle des séances.
Ce qu'il fait de son temps de parole compense en partie : avec 1 056 prises de parole en séance, dont 737 dépassant 200 caractères, il intervient sur le fond bien plus souvent que la moyenne, à un rythme régulier — 253 interventions substantielles en 2024, 345 en 2025, 139 depuis janvier. Sa spécialité : le duel de chiffres avec le rapporteur général du budget et les ministres de Bercy, où il oppose ses propres statistiques aux leurs.
« Contrairement à ce que vous affirmez et à ce qu'a dit hier le premier ministre en mentant, depuis 2022, le Rassemblement national vote plus souvent avec vous que contre vous et vous permet de garder la tête hors de l'eau. C'est une vérité factuelle. »
Éric Coquerel, séance du 15 janvier 2026, en réponse au rapporteur général du budget Jean-René Cazeneuve.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, interventions en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire d'Éric Coquerel sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à celle de ses collègues dans nos classements.