- Députée La France insoumise de la 6e circonscription du Val-d'Oise, élue le 18 juillet 2024. Elle siège à la commission des lois.
- 34 ans, née le 14 mai 1992 à Talence (Gironde), juriste de formation — master de droit international à l'université de Bordeaux.
- Avant l'Assemblée : humanitaire pour l'ONG Acted à Port-au-Prince (Haïti), puis attachée humanitaire à l'ambassade de France à Brazzaville.
- Pur produit de l'appareil insoumis : conseillère du groupe LFI à la commission des lois dès 2019, secrétaire générale du groupe à partir de juin 2022.
- En juillet 2025, elle embarque sur le Handala, bateau de la flotille pour Gaza, arraisonné par l'armée israélienne.
- Depuis le 2 juillet 2026, son nom est au centre de la polémique sur l'amendement « FIJAIT » au projet de loi protection des enfants.
Rarement une députée de second plan médiatique aura autant occupé le débat parlementaire en deux semaines. Le 2 juillet, son amendement supprimant la consultation du fichier des auteurs d'infractions terroristes (FIJAIT) dans le projet de loi protection des enfants déclenche une polémique nationale. Le 17 juillet, l'article 11 du même texte — la réclusion à perpétuité pour les viols en série sur mineurs de 15 ans — est rejeté par 41 voix contre 37, au terme d'une bataille d'amendements qu'elle a menée en première ligne. Qui est Gabrielle Cathala ? Portrait par les données : ses votes, ses amendements, ses questions.
La semaine où elle a combattu la perpétuité
Sur le projet de loi protection des enfants, Gabrielle Cathala a signé 69 amendements au fil des deux lectures en commission et en séance. Vendredi 17 juillet, son amendement de suppression de l'article 11 — la perpétuité pour les violeurs en série d'enfants, introduite par lettre rectificative du gouvernement — est d'abord rejeté (36 pour, 56 contre). Mais quelques scrutins plus tard, l'article 11 lui-même tombe : 37 pour, 41 contre, 3 abstentions. La gauche unie, appuyée par une partie du centre, fait disparaître la mesure du texte, adopté en première lecture mardi 21 juillet par 378 voix contre 7.
Dans l'hémicycle, la députée a construit son opposition sur le rapport de la Ciivise, la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants :
« Ce rapport a été écrit sur la base des témoignages de 30 000 personnes qui ont été victimes de violences sexuelles. Elles y parlent de la perpétuité de la souffrance : les victimes paient toute leur vie le prix des violences qu'elles ont subies. »
Ce dont elle parle : politique étrangère d'abord
Ses 73 questions au gouvernement dessinent une carte précise de ses priorités. La politique extérieure — Gaza et la Cisjordanie en tête — arrive largement en premier, devant la santé, les discriminations, l'école et la sécurité :
Cet engagement international n'est pas resté cantonné à l'hémicycle : en juillet 2025, elle embarque à bord du Handala, bateau de la flotille pour Gaza, arraisonné par l'armée israélienne au large de l'enclave — elle accepte alors l'expulsion immédiate. À l'Assemblée, elle est première signataire d'une proposition de résolution appelant la France à reconnaître un génocide à Gaza. Son ancrage local existe aussi, plus discret : ses questions écrites de juillet portent sur la canicule dans les écoles et sur l'avenir de la forêt de Montmorency, dans sa circonscription du Val-d'Oise.
Son chantier de fond : les droits des femmes
Sa proposition de loi la plus avancée vise à reconnaître la pénibilité des métiers féminisés — aides-soignantes, auxiliaires de vie, agentes d'entretien — adoptée en commission mais toujours en attente d'un vote en séance. Elle a aussi déposé des textes pour reconnaître l'inceste entre cousins germains et créer un parcours de soins pour les victimes de violences sexistes et sexuelles, et demandé deux commissions d'enquête sur les féminicides. Ce combat, elle le mène jusque dans les incidents de séance : le 30 juin, après la remarque d'un député lui reprochant de ne pas s'exprimer « avec le sourire », elle répond par un rappel au règlement :
« Rien ne prêtait à sourire : nous évoquions les violences sexuelles, l'état de délabrement de la justice. […] En 2026, les femmes ne sont pas obligées de sourire face à une situation qui n'y prête pas ou à des collègues qu'elles n'ont pas choisis. »
Discipline et présence : dans le peloton de tête
Les données de vote dessinent une députée à la fois très présente et très alignée. Sur les 3 496 scrutins où elle a exprimé un vote, elle a suivi la position majoritaire de son groupe 3 469 fois — un taux de loyauté de 99,2 %, soit 27 votes divergents seulement :
Côté présence, elle a pris part à 41,5 % des scrutins publics organisés depuis le début de la législature — près du double de la médiane de l'Assemblée (23,5 %), ce qui la place au 70e rang sur 603 députés classés. Elle n'a fait l'objet d'aucun blâme ni rappel à l'ordre inscrit dans nos données. Son activité en séance se concentre sur la justice, dont elle suit les crédits de près, comme le 15 juillet face au gouvernement :
« Quand on additionne l'ensemble de ces annulations – gels ou annulations de crédits – intervenues en cours d'année depuis 2022, la baisse du budget de la justice atteint plus de 1 milliard d'euros ! »
Ses chantiers législatifs
Parcours express
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