- Sénateur du Rhône depuis le 18 juin 2017, réélu en septembre 2020. Né le 19 juillet 1953 à Lyon — 73 ans.
- Formé à la géotechnique, économiste des transports de métier : il a fait carrière dans l'information routière et fluviale régionale avant la politique nationale.
- Trente-quatre ans d'élu local à Villeurbanne à partir de 1983 — adjoint à la sécurité, à la prévention puis aux sports. Conseiller de la Métropole de Lyon depuis 2015.
- Entré au Sénat en remplacement de Gérard Collomb, nommé ministre de l'Intérieur en juin 2017. Membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, président du groupe d'amitié France-Arménie.
- 1 119 amendements signés depuis 2017, dont 117 adoptés. 18 questions au gouvernement ou questions écrites. Un taux d'alignement de 99,8 % avec le groupe socialiste.
- Le 3 juillet 2026, il quitte le Parti socialiste après près d'un demi-siècle d'engagement. Le 19 juillet, il quitte le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ; le 20, il devient apparenté au groupe RDSE.
Il aura voté avec le groupe socialiste 869 fois sur 871. Et c'est lui qui part. Le 3 juillet 2026, Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône, a annoncé sa démission du Parti socialiste après près de cinquante ans de carte — un départ provoqué par la désignation, par le Bureau national et sans vote des adhérents, de la liste socialiste pour les sénatoriales du 27 septembre, sur laquelle l'ancienne maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy le devance. Seize jours plus tard, le 19 juillet — jour de ses 73 ans —, il quittait le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain du Sénat ; le lendemain, il rejoignait le RDSE comme apparenté. Nos données de vote racontent une rupture qui ne doit rien aux désaccords politiques.
Une rupture d'appareil, pas de ligne
Le motif invoqué par Devinaz est procédural, non idéologique. Le 30 juin, le Conseil national du PS a validé une liste rhodanienne arrêtée en Bureau national, sans que les militants du département aient été appelés à départager les candidats — une méthode qui, souligne-t-il, n'a pas été appliquée partout de la même façon. « Lorsqu'un parti applique des règles différentes selon les territoires, lorsqu'il substitue des décisions prises d'en haut à la délibération collective, il ne s'agit plus d'une simple entorse aux statuts », écrit-il dans son courrier de démission. Il y réclame aussi une procédure « claire, transparente et démocratique » pour la désignation du futur candidat à l'élection présidentielle.
Son engagement socialiste avait commencé à Villeurbanne au milieu des années 1970, avec une parenthèse d'une décennie au Mouvement des citoyens entre 1992 et 2002. Élu au conseil municipal en 1983, il y est resté trente-quatre ans, avec les délégations de la sécurité, de la prévention puis des sports, avant que la nomination de Gérard Collomb Place Beauvau ne le propulse au Sénat en juin 2017 comme suivant de liste.
« Quitter le Parti socialiste est une décision difficile. Mais la fidélité à des convictions est plus forte que la fidélité à une organisation lorsque celle-ci ne respecte plus les principes qu'elle prétend défendre. »
Courrier de démission du Parti socialiste, 3 juillet 2026. Source : Lyon Mag, 3 juillet 2026.
Ses thèmes de travail
Classés par volume d'amendements déposés ou cosignés depuis 2017, ses terrains de prédilection dessinent le profil d'un élu de commission technique plutôt que de tribune : l'agriculture arrive en tête, mais les transports — son métier d'origine — et l'aménagement du territoire, sa commission, pèsent presque autant.
L'ancrage lyonnais : la vallée de la chimie
Sur les dix-huit questions qu'il a posées au gouvernement depuis 2017, la dernière est aussi la plus territoriale. Le 11 juin 2026, dans l'hémicycle du Sénat, Devinaz oppose au bilan du sommet Choose France la situation de la vallée de la chimie, au sud de Lyon : reprise de Polytechnil par un fonds américain, arrêt de Symbio, incertitudes sur Kem One. Sa question tient en une phrase : « quelles mesures concrètes le Gouvernement compte-t-il prendre pour empêcher une nouvelle étape de désindustrialisation dans ce bassin historique de l'industrie française ? »
Le même souci du concret traverse ses questions écrites : le remboursement du Mounjaro dans le traitement de l'obésité, l'usage détourné du protoxyde d'azote, le développement des trains de nuit, l'interdiction des pièges à colle pour rongeurs, les conditions de recrutement des centres intercommunaux d'action sociale, ou encore l'usage du cuivre en viticulture bio après la suspension par le tribunal administratif de Melun des restrictions de l'ANSES. Aucun de ces sujets ne fait la une ; tous relèvent du travail de commission.
« Dans la vallée de la chimie, au sud de Lyon, la réalité paraît bien différente. Après la reprise à bas coût de Polytechnil par un fonds américain, l'arrêt de Symbio et les inquiétudes persistantes concernant Kem One, ce sont bien des emplois industriels, des savoir-faire stratégiques et un écosystème productif qui sont fragilisés. »
Question au gouvernement, Sénat, 11 juin 2026 — sur la désindustrialisation de la vallée de la chimie. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
C'est ici que le départ prend son relief. Sur les 871 scrutins où Devinaz a voté en même temps que le groupe socialiste, il s'est aligné sur la position majoritaire du groupe 869 fois — soit un taux de 99,8 %, avec seulement deux divergences en neuf ans. Ce score le place parmi les quinze votants les plus fidèles des 64 sénateurs socialistes comparables. L'homme que le parti n'a pas reconduit était l'un de ses votants les plus fidèles.
Sa présence, en revanche, est moins flatteuse. Devinaz a pris part à 871 des 909 scrutins enregistrés depuis son entrée au Sénat, soit un taux de participation de 95,8 % — légèrement sous la médiane sénatoriale, qui s'établit à 96,5 %. Il figure au 285e rang sur les 372 sénateurs pour lesquels nous disposons de statistiques de vote. Les trois derniers mois corrigent l'image : 107 votes sur 108, soit 99,1 %.
Sur les sanctions disciplinaires, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base — contrairement à l'Assemblée nationale, aucune vérification n'est donc possible dans un sens ou dans l'autre.
« Les Européens, conscients du retrait des États-Unis, ont su prendre des mesures notables pour assurer le soutien militaire de l'Ukraine et plus largement sa propre sécurité. Nonobstant, les voies diplomatiques doivent être inlassablement poursuivies pour trouver une issue garantissant une paix durable. »
Question écrite au ministre de l'Europe et des affaires étrangères, 27 mars 2025 — sur les négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Gilbert-Luc Devinaz sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.