- Député de la 2e circonscription de la Haute-Loire depuis le 20 juin 2012, réélu en 2017, 2022 et 2024 — son quatrième mandat. Né le 22 octobre 1969 à Brioude, 56 ans.
- Informaticien de formation, cadre territorial, puis maire de Lavoûte-Chilhac — 260 habitants au bord de l'Allier — de 2008 à 2020. Son père avait occupé la mairie avant lui.
- Membre du groupe Droite Républicaine (LR) et de la commission des affaires économiques ; conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016.
- Depuis octobre 2024, président de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM), qui fédère les élus de tous les massifs français.
- Fait d'armes : auteur et rapporteur de la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine », votée par l'Assemblée lundi 20 juillet par 376 voix contre 92.
- Le 8 juillet, il a aussi co-signé avec le socialiste Laurent Lhardit un rapport aux 43 propositions pour sauver le commerce de proximité.
Sa loi arrive au sommet. Lundi 20 juillet, l'Assemblée nationale a adopté par 376 voix contre 92 le texte de compromis issu de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine » — un texte que Jean-Pierre Vigier a écrit, déposé le 27 mars, puis rapporté à chaque étape. Mardi 21 juillet, le Sénat a voté à son tour les conclusions de la CMP, par 325 voix contre 16 : la loi du député de la Haute-Loire est définitivement adoptée, moins de quatre mois après son dépôt. Pour l'ancien maire d'un village de 260 habitants devenu président de l'ANEM, c'est l'aboutissement d'un combat de mandat. Portrait en données d'un élu qui laboure un seul sillon — la ruralité et la montagne — et qui le laboure profond.
Réécrire la loi Montagne, quarante ans après
Déposée le 27 mars 2026 et examinée en procédure accélérée, sa proposition de loi se présente comme le premier grand ajustement des lois Montagne de 1985 et 2016 face au changement climatique. Le texte touche à presque tout ce qui fait la vie d'une vallée : l'école, avec des seuils d'ouverture et de fermeture de classes adaptés aux territoires de montagne et une concertation renforcée sur la carte scolaire ; la santé, avec un objectif de temps maximal d'accès aux soins et un représentant des élus de montagne au conseil d'administration des agences régionales de santé ; l'eau, avec des retenues collinaires à usage partagé — le pompage dans les nappes et les mégabassines restant interdits ; l'agriculture, avec des règles élargies pour les bâtiments d'élevage et les abattoirs de proximité ; l'urbanisme enfin, avec un assouplissement du principe de continuité et la possibilité de reconstruire des chalets d'alpage en ruine.
En première lecture, le 13 mai, les députés avaient adopté le texte par 42 voix contre 11 ; le Sénat l'a voté le 6 juillet, et les quatorze parlementaires de la commission mixte paritaire ont trouvé un accord formalisé dans un rapport déposé le 16 juillet. Sur son propre texte, l'auteur-rapporteur a défendu 20 amendements en première lecture : 19 ont été adoptés, le dernier est tombé. Lundi, La France insoumise a tenté une ultime motion de rejet, repoussée par 198 voix contre 42, avant le vote final — Jean-Pierre Vigier votant, évidemment, pour.
« On sait que l'école, c'est la vie. Aussi, fermer la dernière classe d'une école, c'est enlever un service public, c'est retirer la vie. Demander au conseil municipal concerné son avis consultatif est la moindre des choses. »
En séance publique, le 13 mai 2026, avis favorable à un amendement sur la fermeture des classes en zone de montagne, lors de l'examen de son texte. Source : base NosParlementaires / Assemblée nationale.
Un député qui écrit depuis sa vallée
Le profil d'amendeur dit tout de l'élu : ses deux premiers terrains de bataille sont les budgets de l'État, où il défend chaque année les dotations aux communes rurales — en janvier, il portait encore un amendement « très technique » pour ajuster l'enveloppe de la DGF et financer la hausse de la dotation de solidarité rurale. Ses questions au gouvernement parlent de la filière bois, du contournement routier de Cussac-sur-Loire et de Pradelles, du maintien du diabète en affection de longue durée ou du protoxyde d'azote — les dossiers d'une permanence de circonscription rurale plus que les grands débats parisiens.
Le 8 juillet, trois mois de mission d'information ont débouché sur un rapport co-signé avec le député socialiste marseillais Laurent Lhardit : 43 propositions pour sauver le commerce de proximité, des « zones commerciales prioritaires » à l'encadrement expérimental des loyers commerciaux, en passant par une taxe européenne sur les grandes plateformes de vente en ligne et un renforcement de la taxe sur les friches commerciales. Un tandem gauche-droite assumé, au service d'un diagnostic que le député résume d'une phrase : la norme est devenue « un véritable obstacle » à la reprise des commerces.
« Pour de nombreux habitants, en métropole comme en outre-mer, La Poste n'est pas seulement un opérateur mais, je le répète, un service du quotidien, un vecteur de proximité, un garant de l'égalité d'accès. En milieu rural, le facteur est même parfois le seul interlocuteur de la journée. »
En séance publique, le 27 novembre 2025, débat sur les missions de service public de La Poste. Source : base NosParlementaires / Assemblée nationale.
Discipline et présence
Au sein du groupe Droite Républicaine, Jean-Pierre Vigier est un élu discipliné : sur 1 410 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire de son groupe, il s'est aligné 1 324 fois, soit 93,9 % de loyauté.
La présence dans l'hémicycle est le revers de ce profil de terrain : il a pris part à 1 407 des 8 426 scrutins publics de la législature, soit 16,7 % — nettement sous la médiane des députés (23,5 %), au 423e rang sur 604 députés comparés dans notre base. Sur les trente derniers jours, sa participation retombe à 4 % des scrutins, dans une période il est vrai dominée par les marathons de votes sur d'autres textes que les siens. Même contraste sur les questions : là où certains élus en déposent des centaines, il n'en a posé que 8 — préférant l'amendement, qu'il pratique par milliers. Sur le plan disciplinaire enfin, nos données ne recensent aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant.
« Nous voterons évidemment contre les amendements de suppression. En 2020, le loup était présent uniquement dans les Alpes. En 2026, il est partout en France, aux portes de Paris… »
En séance publique, le 26 mai 2026, contre les amendements de suppression de la proposition de loi expérimentant une régulation renforcée du loup. Source : base NosParlementaires / Assemblée nationale.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Jean-Pierre Vigier sur sa fiche NosParlementaires, le parcours complet de sa loi Montagne, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.