- Sénateur du Gard depuis le 1er octobre 2020, réélu le 27 septembre 2026 : sa liste « Pour le Gard, tout le Gard ! » arrive en tête avec 601 voix de grands électeurs.
- Né le 4 février 1969, il a 57 ans.
- Adjoint au maire de Nîmes de 2008 à 2020 auprès de Jean-Paul Fournier, conseiller général puis départemental du Gard de 2011 à 2021, où il a présidé le groupe d'opposition de droite « Le Bon Sens Républicain ».
- Fait d'armes : la défense des manadiers et des fêtes camarguaises, sujet de questions au gouvernement depuis 2021 et d'une proposition de loi déposée en 2026.
- Membre du groupe Les Républicains, adhérent du RPR dès 1997, puis de l'UMP et de LR.
- Membre de la commission des affaires sociales, où il rapporte depuis trois ans les crédits de la solidarité dans le budget de l'État.
Trois semaines après sa réélection, Laurent Burgoa tient le premier rôle sur un texte sensible pour l'outre-mer. Le sénateur LR du Gard est le rapporteur de la proposition de loi « pour l'égalité d'accès aux soins des Ultramarins sur l'ensemble du territoire national », adoptée par l'Assemblée nationale le 11 juin. Le 13 octobre, la commission des affaires sociales a adopté ses sept amendements ; le texte est inscrit en séance publique le 19 octobre. Son autrice, la députée de Polynésie française Mereana Reid Arbelot, a dit sa « profonde inquiétude ». Le même lundi 12 octobre, il avait déposé deux propositions de loi, sur les dégâts du grand gibier et sur le débroussaillement. Portrait en données d'un élu nîmois qui siège depuis six ans.
Réélu en tête, mais la droite perd un siège
Dans le Gard, 1 982 grands électeurs élisaient trois sénateurs à la proportionnelle. En 2020, Laurent Burgoa avait été élu en deuxième position sur la liste de Vivette Lopez, qui avait conservé deux des trois sièges pour la droite. Vivette Lopez ne se représentait pas : Laurent Burgoa a mené une liste unique de la droite et du centre, avec la conseillère départementale alésienne Valérie Meunier en deuxième position.
1 982 grands électeurs inscrits, 1 934 suffrages exprimés. Pourcentages calculés sur les exprimés. Source : ministère de l'Intérieur, résultats de la circonscription du Gard.
Sa liste devance de cinq voix celle du socialiste sortant Denis Bouad. Mais le troisième siège revient à la liste RN de la députée Sylvie Josserand, dont nous avons fait le portrait. Selon notre calcul à la plus forte moyenne, il aurait fallu 986 voix à la liste Burgoa, soit 385 de plus, pour garder le second siège de la droite. Le Gard envoie désormais au Sénat un élu LR, un socialiste et une élue RN.
Les manades, combat de six ans
Le sujet le plus constant de Laurent Burgoa est gardois : les manadiers, éleveurs de taureaux et de chevaux camarguais. En février 2021, il interpelle le ministre de l'Agriculture sur leurs pertes pendant les confinements. En juin 2023, une nouvelle question décrit des primes d'assurance multipliées par cinq, voire des refus d'assurer les manades et les fêtes taurines organisées par les communes.
« Les traditions camarguaises font partie intégrante du patrimoine de notre pays et plus particulièrement du territoire de Petite Camargue. Le taureau de Camargue y fait l'objet d'un véritable culte. »
Question orale de Laurent Burgoa au ministre de l'Agriculture, 22 juin 2023.
En cause, selon l'exposé des motifs de ses textes : le code civil rend le gardien d'un animal responsable des dommages qu'il cause, y compris pendant les abrivados et les bandidos où le public court au-devant des taureaux. Avec le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier, il dépose le 16 février 2026 une proposition de loi « pour un régime de responsabilité civile plus juste et adapté en matière de fêtes traditionnelles ». Une nouvelle version est enregistrée le 21 septembre, cosignée par dix-huit autres sénateurs, dont les socialistes Denis Bouad et Hussein Bourgi et le communiste Jérémy Bacchi. Elle n'a pas encore été examinée.
Un amendement rattaché à plusieurs thèmes compte pour une fraction dans chacun. Mêmes chiffres que sur sa fiche. Source : base NosParlementaires, données du Sénat.
Le classement par thèmes de son activité place en tête le travail et le social, cœur de sa commission : il rapporte depuis 2023 l'avis budgétaire sur la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances ». Le texte qu'il a le plus amendé depuis 2020 est le projet de loi sur la relance et la décentralisation du logement, examiné en juillet 2026 : quinze amendements, aucun adopté.
Communes rurales et feux de forêt
Ses questions dessinent l'autre versant de son mandat : les maires des petites communes. Depuis la rentrée 2026, il a interrogé le gouvernement sur la fibre optique, sur la perte du remboursement de TVA pour l'entretien des pistes de défense des forêts contre l'incendie, et sur le financement de ces pistes, que le fonds vert aide à créer mais pas à entretenir. En février, il demandait déjà une clarification des obligations de débroussaillement imposées aux maires.
« Elles représentent une charge particulièrement difficile à assumer pour les communes rurales, qui disposent de moyens budgétaires limités, alors même qu'elles sont en première ligne face au risque incendie. »
Question écrite de Laurent Burgoa sur l'entretien des pistes de défense des forêts contre l'incendie, 1er octobre 2026.
La proposition de loi déposée le 12 octobre prolonge ce travail : elle crée un droit de préemption au profit du voisin quand un terrain soumis à une obligation de débroussaillement qui déborde sur sa propriété est mis en vente. En juin 2026, il a aussi signé un rapport d'information de la délégation aux collectivités territoriales sur le développement durable des territoires ruraux.
Discipline et présence : un fidèle du groupe LR
Notre base compte ses votes depuis octobre 2023. Sur 909 votes exprimés, Laurent Burgoa a suivi la position majoritaire de son groupe dans 893 cas, soit 98,2 %. C'est dans la norme d'un groupe qui vote d'un bloc : la moyenne des sénateurs LR est de 98,5 %, et 64 des 98 sénateurs LR en fonction sont plus alignés que lui.
Ses écarts touchent surtout des sujets de société et des intérêts locaux. Le 27 janvier 2026, il s'abstient sur l'ensemble de la proposition de loi relative à l'aide à mourir, rejetée par 181 voix contre 122. Le 17 février, il vote pour son propre amendement, rejeté par 260 voix contre 29, qui contestait l'objectif national de fin des emballages plastiques à usage unique en 2040. Plus tôt dans son mandat, le 6 décembre 2021, il est l'un des 28 sénateurs à voter contre la loi interdisant les thérapies de conversion, adoptée avec 305 voix.
Il est compté présent à tous les scrutins publics depuis octobre 2023, comme 88 autres sénateurs. Ce chiffre dit peu de chose : au Sénat, les votes publics sont le plus souvent émis par le groupe pour l'ensemble de ses membres. L'agenda officiel du Sénat est plus parlant : il y compte 85 jours de présence sur les douze derniers mois, contre 66 pour le sénateur médian ; 20 sénateurs sur 272 en comptent davantage. Depuis 2023, 21 de ses 78 amendements examinés ont été adoptés, soit 26,9 %, contre 24 % pour le sénateur médian. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Le texte des Ultramarins, premier dossier du nouveau mandat
La proposition de loi de Mereana Reid Arbelot vise les assurés de Polynésie française, de Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna et de Saint-Pierre-et-Miquelon soignés dans l'Hexagone : leurs régimes de sécurité sociale ne sont pas ceux de la métropole, et les remboursements passent par des formulaires papier et de longs délais. Le texte leur ouvre un moyen d'identification électronique auprès des soignants. Dans son rapport, Laurent Burgoa en soutient le principe et souligne que les ressortissants de ces territoires « sont confrontés à des difficultés récurrentes pour l'accès aux soins ».
Ses sept amendements, tous adoptés, réécrivent pourtant le dispositif : ils circonscrivent les séjours couverts aux cas prévus par les décrets de coordination entre régimes, confient la délivrance du moyen d'identification aux caisses de l'Assurance maladie hexagonale, suppriment un article sur la continuité de la protection sociale jugé sans portée normative, et repoussent l'entrée en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le 1er janvier 2028.
« Une telle échéance était trop éloignée eu égard aux difficultés persistantes »
Rapport de Laurent Burgoa au nom de la commission des affaires sociales, 13 octobre 2026, sur l'échéance envisagée par l'administration. La commission a retenu une entrée en vigueur au plus tard le 1er janvier 2028.
Pour Mereana Reid Arbelot, citée par Outremers360 le 14 octobre, le texte a perdu « sa substance » : selon elle, il ne couvrirait plus que les soins programmés, au détriment des urgences et des évacuations sanitaires, et « la voix politique des Ultramarins est étouffée par l'administration parisienne ». Le texte, à suivre sur sa page, est examiné en séance publique le 19 octobre. Laurent Burgoa avait déjà signé en avril 2026 un rapport d'information sur l'accès aux soins à La Réunion.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Tous ses votes, amendements, questions et rapports sont sur la fiche de Laurent Burgoa. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans le Gard, sa fiche de candidat, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.