- Députée de la 6e circonscription du Gard (Uzès, Marguerittes, une partie de Nîmes) depuis juillet 2024. Née le 23 août 1968 à Mâcon (Saône-et-Loire), 58 ans.
- Élue sénatrice du Gard le 27 septembre 2026, première élue du Rassemblement national au Sénat dans ce département.
- Avocate au barreau de Nîmes depuis 2002, docteure en droit : sa thèse, publiée en 1998, porte sur L'impartialité du magistrat en procédure pénale. Elle enseigne à l'université de Nîmes.
- Élue députée européenne en juin 2024 sur la liste de Jordan Bardella, elle a laissé ce siège après son élection à l'Assemblée.
- Membre du groupe Rassemblement national et de la commission des affaires étrangères.
- Conseillère municipale de Nîmes et conseillère communautaire de Nîmes Métropole depuis mars 2026.
Le Rassemblement national n'avait jamais eu de sénateur dans le Gard. Le 27 septembre 2026, la liste conduite par Sylvie Josserand a obtenu 493 voix de grands électeurs, environ 25 % des suffrages. Elle prend le troisième siège du département, celui de la sénatrice LR Vivette Lopez, qui ne se représentait pas. Les deux sortants, Laurent Burgoa (LR, 601 voix) et Denis Bouad (PS, 596 voix), sont réélus. En 2020, l'extrême droite n'avait recueilli que 203 voix. Sa liste réunissait le RN et l'UDR, avec deux autres députés du Gard, Nicolas Meizonnet et Pascale Bordes. Son siège de députée revient à sa suppléante, Laurence Gardet, comme pour les sept autres députés élus sénateurs : il n'y a pas d'élection partielle. Que laisse-t-elle à l'Assemblée après deux ans de mandat ? Voici son bilan en données.
Le fait d'armes : la réforme Darmanin, article par article
À l'Assemblée, Sylvie Josserand a été l'avocate du groupe RN. Elle est intervenue en séance sur presque tous les textes pénaux de la législature. Son moment fort arrive en juillet 2026, avec le projet de loi de Gérald Darmanin sur la justice criminelle. Elle y dépose 21 amendements, plus un sur la loi organique qui l'accompagne. Neuf sont adoptés. Ce sont ses seuls succès de la législature.
Ses amendements vont dans le même sens que ceux de la gauche et d'une partie du bloc central, souvent sous forme d'amendements identiques. Ils suppriment le plaider-coupable criminel, les citoyens assesseurs des cours criminelles, le juge unique à la chambre de l'instruction et l'anonymisation des magistrats dans les décisions publiées. Aucune de ces quatre mesures ne figure dans la loi définitivement adoptée le 9 juillet 2026. Elle obtient aussi que le délai pour soulever les nullités de procédure passe à quatre mois, et non trois comme le prévoyait le gouvernement. La commission mixte paritaire a conservé ces quatre mois. Elle vote pour le texte final le 8 juillet.
« Les citoyens assesseurs ne sont ni citoyens ni assesseurs. Ils ne sont pas citoyens parce qu'ils ne sont pas tirés au sort mais choisis en fonction d'une licence universitaire, c'est-à-dire qu'ils sont triés sur le volet. […] Ce ne sont pas non plus des assesseurs, car ces derniers sont normalement des magistrats professionnels. »
Séance publique du 1er juillet 2026, projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles. Son amendement de suppression a été adopté.
La fermeté pénale, ligne constante
Hors de ce texte, ses amendements n'ont pas abouti. Sur la proposition de loi Horizons pour faire exécuter les peines de prison ferme, elle en dépose 31, aucun n'est adopté. Elle y défend le retour des courtes peines de prison, que la loi de 2019 avait interdites sous un mois. Sur la loi de Gabriel Attal sur la justice des mineurs, en février 2025, elle en dépose 19. Elle y plaide pour écarter plus facilement l'« excuse de minorité ». Elle juge le texte « mièvre » et « une coquille vide », mais annonce que son groupe le votera.
Le 30 octobre 2025, lors de la journée réservée au RN, elle est rapporteure de la proposition de loi rétablissant le délit de séjour irrégulier, supprimé en 2012. Le texte ne passe pas : l'article unique est supprimé par 209 voix contre 169. Le même jour, elle vote pour la résolution qui demande de dénoncer les accords franco-algériens de 1968, adoptée par 185 voix contre 184.
« On ne peut pas dire à la fois qu'ils peuvent conduire des scooters sur la voie publique et voter à des élections, et qu'ils ne peuvent pas comprendre leurs actes ni en répondre pénalement ! »
Séance publique du 13 février 2025, proposition de loi sur la justice des mineurs, à propos de l'excuse de minorité.
Le Gard est en revanche presque absent de son travail de députée. Elle n'a posé qu'une seule question écrite en deux ans, le 9 juin 2026, sur les effets d'un pourvoi en cassation. Le député médian en a posé 23. Elle n'a posé aucune question au gouvernement. En campagne, elle a pourtant promis aux maires de défendre « l'autonomie communale », la simplification des normes et les services publics de proximité.
Discipline et présence
Sur les 2 953 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe RN, Sylvie Josserand a suivi son groupe 2 938 fois, soit 99,5 %. Elle ne s'en est écartée que 15 fois, dont cinq sur des amendements de la proposition de loi sur l'aide à mourir, qu'elle a voté contre en nouvelle lecture le 30 juin 2026.
Sa participation est au-dessus de la moyenne. Elle a pris part à 2 953 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 35 %. La médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 % : elle se classe 120e, et 50e sur les 127 membres de son groupe. Un taux bas n'a rien d'anormal, car la plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés. Mais sa présence décroche en 2026. En mars, mois des municipales où elle entre au conseil municipal de Nîmes, elle vote 9 fois sur 129 scrutins. En avril, 22 fois sur 328. En juin, mois de sa désignation comme tête de liste aux sénatoriales, 56 fois sur 695. Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, elle n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
« Les nullités servent à empêcher que des enquêteurs un peu zélés prennent des initiatives hors des clous – par exemple des gardes à vue excédant les délais ou des interrogatoires sans pause visant à obtenir des aveux plus rapides. La procédure garantit les libertés individuelles en protégeant tout le monde, les innocents comme les coupables, ou encore les opposants politiques. »
Séance publique du 2 juillet 2026, projet de loi sur la justice criminelle. Son amendement portant le délai de purge des nullités à quatre mois a été adopté.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, interventions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Sylvie Josserand sur sa fiche NosParlementaires, sa fiche de candidate aux sénatoriales, les résultats dans le Gard, la page de sa circonscription et la comparaison avec les autres députés dans nos classements. Avec son élection, le RN obtient son premier groupe au Sénat.