- Sénateur de la Haute-Garonne depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Haute-Garonne sociale, écologique et citoyenne », soutenue par Les Écologistes, La France insoumise et Génération.s : 445 voix, 13,8 % des 3 236 suffrages exprimés, un siège sur cinq.
- Membre du groupe écologiste du Sénat, et rattaché à La France insoumise pour le financement public, selon l'accord signé cet été. Le même groupe a refusé l'autre élu soutenu par LFI, Gabriel Amard.
- Né le 5 novembre 1962, il a 63 ans : 208 des 348 sénateurs sont plus jeunes que lui. Ingénieur de profession, sans carte de parti, il se présente comme divers gauche.
- Maire de L'Union, 12 358 habitants au nord-est de Toulouse, depuis 2014, réélu dès le premier tour en mars 2026 avec 57,3 % des voix. Il quitte la mairie : son successeur sera élu le 9 novembre.
- Conseiller départemental du canton de Toulouse-9 depuis 2021, conseiller de Toulouse Métropole, dont il a été vice-président selon L'Opinion.
- Il n'a jamais siégé au Parlement : au 9 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Il siège à la commission des affaires économiques.
Le 29 septembre, deux jours après les sénatoriales, le groupe écologiste du Sénat a tranché un cas qu'il n'avait jamais eu à traiter : que faire des deux nouveaux élus soutenus par La France insoumise ? Il a fermé la porte à Gabriel Amard, élu dans le Rhône, et l'a ouverte à Marc Péré, maire de L'Union, élu en Haute-Garonne sur une liste commune aux Écologistes, aux insoumis et à Génération.s. Le nouveau sénateur siège donc chez les écologistes, en restant rattaché chaque année à LFI. Son siège est aussi celui que la droite perd dans le département. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro ; son élection, son équilibre politique et ses mandats locaux, eux, se mesurent.
L'accord de l'été : un groupe, deux partis
Marc Péré n'appartient à aucun parti. Fin août, les Écologistes, par un vote de leurs militants, et La France insoumise, lors de son université d'été, valident pourtant une liste qu'il conduit, ouverte à Génération.s ; il dit avoir proposé la deuxième place au Parti communiste, qui part finalement seul (La Dépêche, 24 août et 7 septembre). L'accord entre les trois forces règle d'avance la question du groupe. Il siégera chez les écologistes, participera à l'intergroupe parlementaire des insoumis, qui réunit députés, eurodéputés et sénateurs LFI, et sera rattaché chaque année à LFI pour l'aide publique aux partis, en compensation des moyens que son arrivée apporte au groupe écologiste. Ses cotisations d'élu sont partagées : la moitié de ce que réclame chacun des deux partis, selon le texte de l'accord consulté par Public Sénat.
« On a signé un accord cet été, entre les trois forces politiques, avec le fait que je siégerai au groupe écologiste. […] L'accord prévoit aussi que je participe aux travaux de l'intergroupe parlementaire LFI. »
À Public Sénat, le 28 septembre 2026, au lendemain de son élection. Il ajoutait, à propos de Gabriel Amard : « J'espère que Gabriel Amard sera intégré dans ce groupe. »
Le soir même de l'élection, Yannick Jadot avait jugé que les élus alignés sur LFI n'avaient pas leur place dans le groupe. Le lendemain, son président, Guillaume Gontard, distinguait déjà les deux cas. Le 29 septembre, le groupe annonce qu'« un consensus ne s'est pas dégagé pour permettre d'accueillir le sénateur Gabriel Amard » et confirme Marc Péré, rapporte l'AFP. Gabriel Amard siège depuis parmi les non-inscrits. La différence tient au profil : l'un est un cadre insoumis, ancien député LFI ; l'autre un maire sans étiquette dont la majorité municipale réunit, dit-il, des non-encartés, des socialistes, des radicaux, des écologistes, des communistes et des sympathisants insoumis.
« Pour Marc Péré, il n'y a aucun sujet. Il est clair qu'il vient avec nous. »
Guillaume Gontard, président du groupe écologiste, à Public Sénat, le 28 septembre 2026, alors que le cas de Gabriel Amard restait en discussion.
Le siège que la droite perd en Haute-Garonne
La Haute-Garonne élit cinq sénateurs à la proportionnelle. Depuis 2020, elle en comptait trois à droite (Alain Chatillon et Brigitte Micouleau chez Les Républicains, Pierre Médevielle chez Les Indépendants) et deux socialistes. Le 27 septembre, la liste d'union de la droite et du centre de Pierre Médevielle et Brigitte Micouleau arrive en tête avec 1 023 voix, mais n'obtient que deux sièges ; celle du maire de Portet-sur-Garonne, Thierry Suaud, soutenue par le PS, en obtient deux avec 827 voix, dont celui de Magali Gasto Oustric. Les 445 voix de Marc Péré décrochent le quatrième siège attribué, devant la deuxième moyenne de la liste Suaud. La gauche passe de deux à trois sénateurs, la droite de trois à deux.
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur (« divers gauche » pour les deux listes de gauche élues). Attribution à la plus forte moyenne : 1 023 (droite), 827 (Suaud), 511,5 (droite), 445 (Péré), 413,5 (Suaud, siège de Magali Gasto Oustric). Première moyenne non élue : 341, le troisième siège de la droite. Calcul NosParlementaires.
Le siège n'a pas été arraché de justesse. À la plus forte moyenne, il aurait suffi à sa liste de 342 voix, 103 de moins, pour le garder. Il n'a pas non plus été offert par la dispersion de la droite et du centre : en ajoutant aux 1 023 voix de l'union de la droite les 318 de la liste de l'ancienne ministre Dominique Faure, la troisième moyenne de la droite aurait atteint 447 voix, et c'est le siège de Magali Gasto Oustric, pas le sien, qui aurait changé de camp. Pendant la campagne, Marc Péré rappelait qu'en 2020, les listes soutenues par LFI et par les Écologistes et Génération.s avaient recueilli 134 et 323 voix, sans aucun siège : « Nous sommes là pour remporter un troisième siège pour la gauche », disait-il à L'Opinion. Réunies, elles en ont gagné un avec moins de voix qu'en 2020.
L'Union : douze ans de mairie, un départ annoncé
Ingénieur de formation, Marc Péré entre à la mairie de L'Union en 2014, à la suite de Georges Beyney, maire depuis 1972. Il est réélu en 2020, puis le 15 mars 2026 dès le premier tour : 3 721 voix, 57,3 %, contre 2 775 à la liste divers droite de Christine Gennaro-Saint, qu'il a retrouvée en face de lui aux sénatoriales, en deuxième position d'une autre liste de droite (134 voix). En 2021, il est élu conseiller départemental du canton de Toulouse-9 avec Caroline Honvault. À la campagne sénatoriale, il promettait des « sénateurs de combat » pour relever la dotation globale de fonctionnement des communes, l'indexer sur l'inflation et porter de 2 % à 3,2 % le plafond du versement mobilité, la taxe sur la masse salariale des entreprises qui finance les transports publics.
Le lendemain de l'élection, il annonce son départ de la mairie dans un communiqué publié par la ville : il reste conseiller municipal, et le conseil municipal élira son successeur le 9 novembre. La règle va plus loin. Un parlementaire ne peut détenir qu'un seul mandat parmi ceux de conseiller régional, de conseiller départemental et de conseiller municipal d'une commune de 1 000 habitants et plus (article LO 141 du Code électoral, applicable aux sénateurs). S'il garde son siège au conseil municipal de L'Union, il devra donc aussi quitter le conseil départemental ; au 9 octobre, nous n'avons trouvé aucune annonce de sa part sur ce point.
« La loi interdit le cumul d'un mandat de sénateur avec celui de maire, et c'est une très bonne chose. […] Je continuerai à vivre ici, à être présent dans notre ville et à agir pour elle. »
Communiqué de Marc Péré aux habitants de L'Union, 28 septembre 2026, publié sur le site de la ville.
Discipline et présence : la page blanche, et le groupe qu'il rejoint
Le chapitre habituel de nos portraits est vide, et c'est une information. Au 9 octobre, notre base ne compte aucun scrutin public du Sénat depuis son installation : l'élection de son président et celles des vice-présidents et questeurs se font à bulletin secret. Aucun taux de participation ni d'alignement ne peut donc être calculé pour Marc Péré. Son agenda officiel compte deux rendez-vous : la séance d'ouverture du 1er octobre et la réunion constitutive de la commission des affaires économiques, le 7, soit deux jours et trois heures de présence enregistrée. Il y est, avec Yannick Jadot, l'un des deux écologistes. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Le groupe qu'il a rejoint, lui, a un historique. Sur les 877 scrutins publics tenus depuis octobre 2023, ses 14 autres membres ont voté comme la majorité du groupe dans 98,4 % des cas en moyenne ; la médiane atteint 99,9 %, le moins aligné étant le rattaché Bernard Jomier (81 %). Ils votent comme les communistes et les socialistes dans 84 % des cas, comme Les Républicains dans moins d'un cas sur cinq.
Moyenne des 14 membres et rattachés du groupe Écologiste - Solidarité et Territoires hors Marc Péré, taux de vote identique à la position majoritaire du groupe cité. Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.
Ses chantiers
Parcours express
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Marc Péré à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales en Haute-Garonne, sa fiche de candidat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.