- Député de la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne) depuis juin 2022, réélu en juillet 2024. Né le 5 mai 1967 à Juvisy-sur-Orge (Essonne), 59 ans.
- Élu sénateur du Rhône le 27 septembre 2026, premier élu de La France insoumise au Sénat.
- Ancien socialiste : maire de Viry-Châtillon de 1995 à 2006, président de l'agglomération des Lacs de l'Essonne de 2004 à 2014. Il quitte le PS en novembre 2008 pour le Parti de gauche.
- Militant de la gestion publique de l'eau : il a créé la régie Eau des Lacs de l'Essonne après une votation citoyenne en 2010.
- Membre du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire et de la commission du développement durable.
- Gendre de Jean-Luc Mélenchon.
Dix ans après sa création, La France insoumise a un sénateur. Le 27 septembre 2026, la liste conduite par Gabriel Amard dans le Rhône a obtenu 374 voix, soit 10,09 % des suffrages exprimés des grands électeurs. C'est assez pour prendre le septième et dernier siège du département. La gauche, divisée entre trois listes, en perd un. « Le Rhône parle à tout le pays », a réagi le nouvel élu. Un second sénateur, Marc Péré, élu en Haute-Garonne sur une liste d'union de la gauche, doit rejoindre l'intergroupe insoumis. Il en faut dix pour former un groupe au Sénat. Son siège de député revient à sa suppléante, Melouka Hadj-Mimoune, comme pour les sept autres députés élus sénateurs. Que laisse-t-il à l'Assemblée ? Voici son bilan en données.
Le fait d'armes : l'eau, un droit fondamental
Gabriel Amard est arrivé à l'Assemblée avec un sujet : l'eau. Avant d'être député, il a sorti Viry-Châtillon et Grigny du syndicat des eaux d'Île-de-France pour créer une régie publique, en 2010. Il en a fait son dossier au Palais-Bourbon. Le 12 mars 2025, il dépose une proposition de résolution européenne pour reconnaître un droit fondamental à l'eau et à l'assainissement dans l'Union européenne. Il en est aussi le rapporteur devant la commission des affaires européennes, qui l'adopte le 29 octobre 2025. Le texte devient résolution de l'Assemblée nationale le 17 décembre 2025 (texte adopté n° 200). Une résolution européenne n'a pas de force contraignante : elle fixe la position que l'Assemblée demande au gouvernement de défendre à Bruxelles.
Le deuxième volet, ce sont les PFAS, les « polluants éternels ». Le sud de l'agglomération lyonnaise, autour de la plateforme chimique de Pierre-Bénite, est l'un des sites les plus contaminés de France. Il y consacre quatre questions écrites ou orales et deux questions au gouvernement. Il dépose deux propositions de loi, l'une pour doter la France d'équipements de dépollution, l'autre sur la régénération des charbons actifs qui filtrent l'eau. Aucune n'a été examinée. Le 20 février 2025, il vote la loi de l'écologiste Nicolas Thierry contre les PFAS, adoptée définitivement ce jour-là.
Au printemps 2026, il rend avec Jean-Michel Brard un rapport d'information sur la directive européenne sur l'eau potable et ce qu'elle coûte aux communes, déposé le 15 avril 2026. Le 12 février 2026, lors de l'examen de la proposition de loi écologiste pour protéger l'eau potable, il défend les outils donnés aux maires contre les amendements de suppression. Deux de ses treize amendements sur ce texte ont été adoptés.
« Les maires ont la responsabilité de la qualité et de la quantité de l'eau du robinet, mais ils ont besoin d'outils pour avancer en matière de prévention et lutter contre la présence de certaines molécules. Dans le sud de mon département, le Rhône, […] ce sont les usagers domestiques, qui ne sont pas à l'origine des pollutions problématiques sur le plan sanitaire, qui doivent financer ces installations coûteuses. »
Séance publique du 12 février 2026, proposition de loi pour protéger l'eau potable.
Les communes et le Rhône
Ses 120 amendements en premier auteur vont d'abord à deux textes. Le premier est la proposition de loi sur les Territoires zéro chômeur de longue durée : 30 amendements, 3 adoptés. Le 27 janvier 2026, il vote contre les quatre amendements du gouvernement aux articles 1 à 3, puis s'abstient sur l'ensemble du texte. Le second est un texte sur les partenariats entre collectivités et entreprises pour les équipements sportifs, où il obtient 4 adoptions sur 16. Le reste se disperse dans les budgets, sans succès : aucun de ses 38 amendements aux lois de finances 2025 et 2026 n'a été adopté. Au total, 10 adoptés sur 120, et 15 déclarés irrecevables.
Ses questions dessinent une carte du Rhône : le chlorure de vinyle dans la vallée de la chimie, les nappes d'eau menacées par le Lyon-Turin, les violences dans le département, les taxis de transport de personnes à mobilité réduite. Sa dernière question écrite ou orale, le 23 juin 2026, porte sur l'alerte de rapporteurs de l'ONU sur la pollution aux PFAS. Au Sénat, qui représente les collectivités, il dit vouloir défendre « l'autonomie financière » des communes. C'était déjà son thème lors du budget 2025, en octobre 2024.
« Les finances de nos communes, ces phares de la démocratie locale, sont battues par une tempête glaciale. Une fois de plus, les vents austéritaires se lèvent, emportant avec eux les ressources vitales de nos collectivités. »
Séance publique du 24 octobre 2024, projet de loi de finances pour 2025.
Discipline et présence
Sur les 2 502 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe LFI-NFP, Gabriel Amard a suivi son groupe 2 486 fois, soit 99,4 %. Il ne s'en est écarté que 16 fois.
Sur la présence, le bilan est contrasté. Il a pris part à 2 502 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 29,7 %. La médiane des 607 députés de notre base est de 23,4 % : il se classe 186e, dans le premier tiers. Un taux bas n'a rien d'anormal, car la plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés. Mais la fin de mandat décroche. En juillet 2026, pendant la session extraordinaire et la campagne sénatoriale, il a voté 30 fois sur 502 scrutins, soit 6 %. En mars 2026, mois des municipales, 33 fois sur 193. Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, il n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
« Enfin, nous avons évoqué les Spanc. Il était temps : 12 millions de nos concitoyens sont concernés ! […] Voilà un beau chantier transpartisan en perspective. […] Nous nous réjouissons des avancées permises grâce au travail transpartisan et nous voterons pour la proposition de loi. »
Séance publique du 13 mars 2025, proposition de loi assouplissant la gestion des compétences eau et assainissement, qu'il a votée.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Gabriel Amard sur sa fiche NosParlementaires, la page de sa circonscription, les résultats des sénatoriales dans le Rhône, et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.