- Sénatrice Les Républicains de la Savoie depuis le 24 septembre 2017 — première femme à occuper un siège de sénateur du département. Née le 27 mars 1961, 65 ans.
- Pharmacienne de profession, élue locale de longue date : adjointe au maire d'Ugine de 2001 à 2014, puis première femme maire d'Albertville (2014-2017).
- Conseillère départementale du canton d'Albertville-1 depuis 2015, en binôme avec Hervé Gaymard.
- Membre de la commission des affaires économiques du Sénat et de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.
- Rapporteure au Sénat de la loi sur la transformation des bureaux en logements, promulguée le 16 juin 2025, et du premier bilan sénatorial de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse.
- Candidate déclarée à sa réélection le 27 septembre 2026, face à cinq autres candidats — dont l'autre sortant du département.
Le 27 septembre, les 1 248 grands électeurs de la Savoie — pour l'essentiel des délégués des conseils municipaux élus en mars — désigneront deux sénateurs parmi six candidats. Particularité du département : le scrutin y est majoritaire à deux tours, on y vote pour des noms et non pour des listes. Et les deux sortants, tous deux élus à droite en 2020, n'ont pas fait liste commune : Martine Berthet se présente sous l'étiquette Les Républicains, Cédric Vial sous celle de divers droite attribuée par la préfecture. En 2020, ils avaient été élus au second tour avec 51,1 % et 48,1 % des voix. Neuf ans après son arrivée au palais du Luxembourg, où elle fut la première femme à représenter la Savoie, le bilan de cette pharmacienne devenue rapporteure d'une loi logement adoptée à l'unanimité mérite d'être regardé en données, comme nous l'avions fait pour les sénateurs qui renoncent à se représenter.
La rapporteure logement du Sénat
Le fait d'armes de Martine Berthet porte un numéro : la loi n° 2025-541 du 16 juin 2025 visant à faciliter la transformation des bureaux et autres bâtiments en logements. Le texte vient de l'Assemblée nationale — il a été déposé par le député Romain Daubié (Les Démocrates, Ain) — mais c'est elle qui l'a rapporté au Sénat, et qui l'a transformé : sous sa plume, la proposition initialement limitée aux bureaux a été étendue aux hôtels, garages, bâtiments d'enseignement et zones commerciales d'entrée de ville, avec un permis « multidestination » et la possibilité pour les maires de déroger au plan local d'urbanisme. Ses 23 amendements sur le texte ont tous été adoptés, et le Sénat a voté la loi à l'unanimité en lecture définitive le 5 juin 2025 — un gisement qu'elle évaluait à un million de logements potentiels.
« Cette loi ne résoudra pas à elle seule la crise du logement, mais elle élargit les leviers d'action des collectivités »
Déclaration à La Radio Plus, le 11 juin 2025, cinq jours avant la promulgation de la loi sur la transformation des bureaux en logements.
Ce n'est pas un coup isolé : sur la seule session 2025-2026, elle a déposé quatre rapports — « 25 clés pour le logement des jeunes » en octobre 2025, un avis budgétaire sur les participations financières de l'État, le premier bilan de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse en février 2026, et une évaluation de la loi bioéthique en juin 2026. Mais le détail de ses amendements dessine deux carrières parallèles dans la même sénatrice.
Là où elle est rapporteure, tout passe : 23 amendements sur 23 adoptés sur la loi bureaux-logements, 7 sur 7 sur le texte d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030. Là où elle amende comme sénatrice ordinaire, presque rien ne passe : 1 adopté sur 23 sur le texte d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, 1 sur 19 sur la décentralisation du logement, aucun sur les 13 déposés sur la programmation énergétique. L'influence, au Sénat, tient moins au nombre d'amendements qu'à la place où on les dépose.
La Savoie à la tribune : vaches, silicium et moniteurs de ski
L'autre versant de son activité se lit comme une carte du département. Quand la dermatose nodulaire contagieuse, maladie bovine jamais vue en France, se déclare fin juin 2025, le premier foyer est détecté en Savoie. C'est elle que la commission des affaires économiques désigne pour en dresser le bilan : son rapport du 4 février 2026 décompte 117 foyers dans 11 départements et une facture d'au moins 64 millions d'euros pour l'État, tout en jugeant une vaccination généralisée du cheptel « ni souhaitable ni envisageable à court terme ».
Même réflexe sur l'industrie : le 14 mai 2026, en séance, elle interpelle le ministre de l'industrie sur l'arrêt des fours de Ferroglobe, dernier producteur européen de silicium métal, installé dans la vallée de la Maurienne.
« Ferroglobe a dû arrêter ses fours : produire du silicium métal en Europe était devenu trop cher face à l'invasion du marché par des produits chinois, vendus à des prix nettement inférieurs aux coûts de production de l'entreprise. »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 14 mai 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses 31 questions égrènent les dossiers savoyards : la valorisation des terres de terrassement pour remodeler les pistes de Courchevel, les parcelles cédées par l'État à Bourg-Saint-Maurice, le cumul emploi-retraite des moniteurs de ski. Sur la loi « pour une montagne vivante et souveraine », adoptée définitivement le 21 juillet 2026 — l'« acte III » de la loi Montagne porté par le député Jean-Pierre Vigier —, elle a déposé 11 amendements en premier auteur lors de l'examen au Sénat, dont 4 ont été adoptés. Son dernier acte parlementaire avant la campagne date du 20 août : une question écrite sur le taux de TVA de 20 % appliqué aux panneaux solaires vendus avec une batterie, qu'elle juge « anachronique ».
« Les moniteurs concernés par le cumul emploi-retraite, au nombre de 1 000 environ, sont indispensables pour assumer la demande croissante en cours de ski et les besoins très importants sur des périodes déterminées. »
Question écrite du 23 juillet 2026 sur le cumul emploi-retraite des moniteurs de ski. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur 909 votes où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Martine Berthet s'est alignée 899 fois sur la position majoritaire des Républicains — un taux de loyauté de 98,9 %, dix votes divergents en neuf ans.
Côté présence, le chiffre est rare : elle a pris part aux 909 scrutins publics organisés depuis son arrivée, soit 100 % de participation, quand la médiane des 372 sénateurs de notre base s'établit à 98,9 %. Parmi les 321 sénateurs appelés à voter au moins 800 fois, ils ne sont que 43 à n'avoir manqué aucun scrutin. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Les sept ruptures du 10 mars 2025
Ces dix divergences ne sont pas dispersées sur neuf ans : sept d'entre elles tombent le même jour, le 10 mars 2025, sur le même texte — la proposition de loi visant à renforcer la parité dans les fonctions électives et les exécutifs locaux, qui étend le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants. Ce jour-là, la première femme sénatrice de la Savoie vote quatre amendements que son groupe rejette, en repousse un qu'il soutient, s'abstient sur un sixième, puis s'abstient sur le vote d'ensemble quand la majorité des Républicains vote contre.
La nuance est importante : elle ne rompt pas seule. Le groupe LR se partage presque en deux sur ce texte — 66 voix contre, 52 pour, 10 abstentions, dont la sienne — et la ligne de fracture ne suit pas le genre (26 sénatrices du groupe votent contre, 20 pour). La proposition de loi est adoptée par 192 voix contre 111.
Les trois divergences restantes sont éparses, et jamais frontales : le 29 mai 2024, elle vote un amendement à la proposition de loi sur les PFAS que son groupe rejette ; le 1er décembre 2025, elle s'abstient sur un amendement au projet de loi de finances pour 2026 ; le 20 janvier 2026, elle s'abstient encore sur les amendements qui voulaient supprimer l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir, quand le groupe votait contre cette suppression. Sur les grands équilibres — budgets, retraites, immigration, agriculture —, elle n'a jamais quitté la ligne des Républicains.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Martine Berthet sur sa fiche NosParlementaires, les six candidats savoyards sur notre page départementale, et les sièges qui peuvent basculer le 27 septembre dans notre tour de France du scrutin.