- Député Droite Républicaine (LR) de la 7e circonscription du Val-de-Marne depuis le 13 novembre 2025 : suppléant de Vincent Jeanbrun, il l'a remplacé un mois après sa nomination comme ministre de la Ville et du Logement. Né le 15 décembre 1987 à Paris, 38 ans, premier mandat parlementaire.
- Docteur en histoire des médias : sa thèse, soutenue en 2017, portait sur l'hebdomadaire Le Point. Également titulaire d'un master en communication politique de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
- Élu local avant tout : adjoint au maire de Thiais depuis 2020, conseiller départemental du canton de Thiais depuis 2017, vice-président du conseil départemental du Val-de-Marne chargé des collèges depuis 2021.
- Membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
- Son fait d'armes : une proposition de loi déposée le 23 juin 2026 pour supprimer le Haut-commissariat à la stratégie et au plan de Clément Beaune — qui venait de proposer de supprimer les communes et départements de la petite couronne.
- Ses cinq propositions de loi tournent toutes autour du même sujet : la démocratie locale et le mandat des élus.
Le 4 juin 2026, le haut-commissaire au plan Clément Beaune publie un rapport proposant de fusionner Paris, les 130 communes et les trois départements de la petite couronne en une « Ville du Grand Paris » découpée en 40 districts. Trois semaines plus tard, un député dont le département serait rayé de la carte réplique par une proposition de loi au titre limpide : supprimer le haut-commissariat lui-même. Ce député, c'est Nicolas Tryzna, vice-président du conseil départemental du Val-de-Marne, entré à l'Assemblée en novembre 2025 comme suppléant de Vincent Jeanbrun. Huit mois après son arrivée au Palais-Bourbon, portrait en données d'un élu local devenu législateur — et qui légifère d'abord sur le métier d'élu local.
La réponse du berger à la bergère
La proposition de loi n° 2963, cosignée par plusieurs députés LR, a été déposée le 23 juin 2026 et renvoyée à la commission des finances — celle où siège précisément Nicolas Tryzna. L'argument des signataires, rapporté par la presse : le Haut-commissariat à la stratégie et au plan, confié à Clément Beaune, n'aurait pas démontré sa capacité à produire des résultats concrets justifiant son maintien. Le déclencheur, lui, est ouvertement politique : la presse locale du Val-de-Marne a qualifié le texte de « réponse du berger à la bergère », après que le rapport Beaune a proposé de faire disparaître les communes et départements de la petite couronne — dont celui où l'élu de Thiais exerce depuis 2017.
Ce réflexe anti-« comitologie » n'est pas un coup isolé. Un mois plus tard, en pleine discussion du projet de loi sur la protection des enfants, il s'oppose de la même manière à la création d'une nouvelle structure de contrôle de l'aide sociale à l'enfance — une compétence des départements, son terrain.
« Il y a eu des problèmes de moyens – ils méritent qu'on revienne dessus – et d'encadrement, mais créer un haut-commissariat pour contrôler un État et des départements considérés comme a priori dysfonctionnels n'est pas la solution. Cette dernière passe par la proposition simple que nous faisons : les contrôles communs. »
Séance du 17 juillet 2026, examen du projet de loi relatif à la protection des enfants.
Le docteur en médias des journées de niche
Où un député qui n'a que huit mois de mandat trouve-t-il la matière de 1 768 amendements ? D'abord dans la cosignature : 1 422 portent la signature d'un collègue en premier auteur. Mais les 346 amendements déposés en son nom propre dessinent une spécialité inattendue : le contre-feu des journées de niche. Cinq des sept textes qu'il a le plus amendés sont des propositions du groupe Écologiste et social examinées lors de leurs journées réservées — du référendum d'initiative citoyenne « délibératif » (51 amendements) à la loi anti-cadmium (26), en passant par le texte contre la concentration des médias (46).
Sept textes concentrent 244 de ses 346 amendements en premier auteur — pour l'essentiel des propositions de gauche examinées lors des journées d'initiative parlementaire. 19 de ses amendements ont été adoptés, 26 déclarés irrecevables.
C'est sur le texte médias, le 12 février 2026, qu'il a livré sa plus longue bataille d'hémicycle : trois heures durant, le docteur en histoire des médias — l'homme qui a consacré sa thèse au Point — a ferraillé contre la rapporteure sur la définition juridique d'un « média d'information », convoquant Camus, Pierre Bergé et l'histoire de la presse d'après-guerre. Le texte n'a pas été adopté.
« Vouloir protéger nos concitoyens en régulant à outrance, c'est les infantiliser. Comme le disait Clemenceau en 1881 : “La République vit de liberté ; elle pourrait mourir de répression”. Faites confiance à la liberté ! »
Séance du 12 février 2026, discussion de la proposition de loi contre la concentration des médias.
Fresnes, Rungis, Thiais : l'élu de terrain monté à Paris
Ses sept questions au gouvernement (3 écrites, 2 au gouvernement, 2 orales sans débat) parlent presque toutes de son territoire ou du métier d'élu : la restructuration du centre pénitentiaire de Fresnes, l'enfouissement des lignes à haute tension près du marché de Rungis, la fin de mandat des élus locaux, les difficultés des candidats aux élections, la laïcité dans les conseils municipaux. Même tropisme dans ses propositions de loi : encadrement de l'affichage électoral, création d'une « Banque de la démocratie » pour financer équitablement les campagnes, remplacement des membres des commissions permanentes des conseils départementaux.
« La solution n'est pas de construire une autre prison dans le Val-de-Marne pour libérer la prison de Fresnes et y faire des travaux. Il faut d'abord faire des travaux à Fresnes et améliorer sa situation. Si d'autres départements franciliens veulent accueillir des prisons, libre à eux, mais ce ne sera pas le Val-de-Marne ! »
Séance du 7 avril 2026, question orale sans débat sur la restructuration du centre pénitentiaire de Fresnes.
Très loyal au groupe, présence dans la moyenne basse
Sur les 951 scrutins où il a exprimé un vote, Nicolas Tryzna a suivi la position majoritaire de son groupe Droite Républicaine 96,7 % du temps (920 votes sur 951) — l'un des profils les plus disciplinés de son groupe. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Côté présence, le tableau est plus nuancé. Depuis son premier vote le 13 novembre 2025, l'Assemblée a organisé 4 741 scrutins publics : il a pris part à 951 d'entre eux, soit 20,1 % — un peu en dessous de la médiane de ses collègues sur la même période (environ 1 024 scrutins votés, soit 21,6 %). 330 députés sur 604 ont voté plus souvent que lui depuis son arrivée. Ni assidu du bouton de vote, ni absent : un profil médian, pour un élu qui cumule encore ses fonctions d'adjoint au maire et de vice-président de département.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Nicolas Tryzna sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.