- Député de la 1re circonscription de la Charente-Maritime de 2012 au 26 avril 2026, groupe Les Démocrates — entré dans l'histoire politique en battant Ségolène Royal aux législatives de 2012, avec 62,97 % des voix.
- Né le 27 mars 1972 à Rochefort (Charente-Maritime) — 54 ans. Professeur d'histoire-géographie en lycée professionnel à La Rochelle avant son élection.
- Rapporteur général des textes fin de vie à l'Assemblée : projet de loi de 2024 (interrompu par la dissolution), puis proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir, qu'il porte jusqu'à la deuxième lecture en février 2026.
- Membre de la commission des affaires sociales ; membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).
- Élu maire de La Rochelle le 22 mars 2026 (43,7 % au second tour), six ans après un échec de justesse en 2020. Le non-cumul des mandats le contraint à quitter l'Assemblée ; sa suppléante Sabine Gervais lui succède.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Le 30 juin 2026, quand l'Assemblée nationale adopte pour la troisième fois la proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir (295 voix contre 232), son premier signataire n'est pas dans l'hémicycle : Olivier Falorni suit le scrutin depuis les tribunes du public, longuement applaudi par ses anciens collègues. Élu maire de La Rochelle en mars, il a quitté son siège de député le 26 avril — à onze semaines du dénouement. Le 15 juillet, l'Assemblée aura le dernier mot en lecture définitive, après le troisième rejet du Sénat le 7 juillet, et il ne participera pas au vote. Nos données racontent pourtant à quel point ce texte est le sien : sur ses 1 072 votes exprimés dans la 17e législature, 545 — un sur deux — ont porté sur les textes fin de vie. Portrait en données de l'homme d'un seul combat.
Une décennie pour une loi
Le combat d'Olivier Falorni pour l'aide à mourir traverse trois législatures. Dès 2017, il dépose une proposition de loi « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie ». En avril 2021, son texte crée la surprise : l'article 1er, qui ouvre une « assistance médicalisée active à mourir », est voté à une large majorité (240 voix contre 48) — mais l'examen s'enlise sous des milliers d'amendements d'obstruction déposés par une poignée de députés opposés au texte, et la proposition meurt sans vote final. En 2024, le gouvernement reprend le sujet : Falorni est désigné rapporteur général du projet de loi sur la fin de vie, que la dissolution de juin 2024 fauche en pleine discussion. Trois mois plus tard, le 17 septembre 2024, il redépose lui-même le texte tel qu'amendé, à l'identique — devenu la proposition de loi « accompagnement des malades et de la fin de vie », matrice des deux textes jumeaux sur les soins palliatifs et l'aide à mourir.
La suite est une course d'endurance parlementaire : adoption en première lecture le 27 mai 2025 (296 voix contre 193), rejet au Sénat en janvier 2026, adoption en deuxième lecture le 25 février 2026 (299 voix contre 226), nouveau rejet au Sénat en mai, commission mixte paritaire infructueuse le 2 juin, troisième adoption le 30 juin. À chaque étape à l'Assemblée, Falorni est au banc des rapporteurs — jusqu'à ce que son élection à La Rochelle passe le relais à Philippe Vigier, dont nous avons dressé le portrait, et qu'il qualifie d'« ami qui s'est beaucoup investi » sur le sujet.
« Nous parlons de malades qui sont en fin de vie, confrontés à l'agonie. Je crois qu'ils ne cherchent pas à ce qu'on leur « foute la paix », monsieur Potier, mais à pouvoir partir en paix. »
Olivier Falorni, séance du 23 février 2026, deuxième lecture — en réponse au député Dominique Potier (Socialistes), opposé au texte.
545 votes pour défendre un texte
Le chiffre dit la singularité du personnage : la moitié de ses votes de la législature (545 sur 1 072 exprimés) portent sur les textes fin de vie, sur les 930 scrutins publics que ces textes ont générés. Le détail surprend au premier regard : 480 votes « contre », pour seulement 65 « pour ». C'est la mécanique du rapporteur : l'écrasante majorité de ces scrutins portaient sur des amendements de suppression ou de restriction déposés par les opposants au texte — voter contre, c'était défendre la loi. Ses propres amendements racontent la même histoire en creux : sur ses 47 amendements d'auteur, 3 seulement visent son texte fin de vie — et tous les trois ont été adoptés. Un rapporteur n'amende pas son texte en séance : il l'écrit en amont, en commission.
Le reste de son travail d'amendement se concentre sur les textes de sa commission des affaires sociales : les budgets de la Sécurité sociale (22 amendements sur les PLFSS 2025 et 2026) et, plus inattendu, la loi contre le narcotrafic, où 7 de ses 12 amendements ont été adoptés — son meilleur taux de réussite hors fin de vie.
La Rochelle, l'autre fil rouge
Ses 39 questions écrites dessinent un élu de terrain plus qu'un idéologue : la santé domine largement (pénurie de dermatologues et de manipulateurs en électroradiologie, indemnisation des victimes de l'Androcur et de l'amiante, situation des EHPAD), suivie des dossiers rochelais — l'avenir du site du Service des retraites de l'État à La Rochelle, la pêche professionnelle et le littoral. Sa seule question au gouvernement de la législature, il l'a consacrée à l'hommage aux victimes du Bataclan ; sa seule question orale, à la création d'un registre national des cancers.
Cet ancrage local est aussi sa revanche. Battu de justesse aux municipales de La Rochelle en 2020 (41,1 % au second tour), il prend la mairie le 22 mars 2026 avec 43,7 % des voix — et choisit sans hésiter : conformément à ses engagements de campagne, il abandonne le siège de député qu'il détenait depuis quatorze ans, réélu quatre fois, la dernière avec 74,7 % des suffrages en 2024.
« Vous pourrez faire tout ce que vous voulez, vous livrer à toutes les provocations du monde, je suis inénervable. »
Olivier Falorni, séance du 20 mai 2025, première lecture — répondant aux invectives lors de l'examen de son texte.
Discipline et présence : l'homme d'un seul texte
Le revers du personnage est dans les chiffres de présence. Sur l'ensemble de la législature, Olivier Falorni n'a participé qu'à 14,9 % des scrutins publics (1 072 sur 7 208). Le chiffre est mécaniquement déprimé par son départ en avril — 924 scrutins ont eu lieu après lui ; rapportée aux seuls scrutins organisés pendant son mandat, sa participation remonte à 17,1 %. Elle reste nettement sous la médiane de l'Assemblée (23,5 %) comme sous celle de son groupe Les Démocrates (20,9 %) : plus de 400 députés sur 603 font mieux. Un profil de législateur intermittent, massivement présent quand son texte est en jeu, beaucoup plus rare le reste du temps.
Quand il vote, c'est en fidèle de son groupe : 1 014 de ses 1 072 votes exprimés (94,6 %) sont alignés sur la position majoritaire des Démocrates. Aucune sanction disciplinaire — blâme ou rappel à l'ordre — ne figure dans notre base le concernant, en quatorze ans de mandat.
« Je le répète pour que les choses soient claires : à mes yeux, l'aide à mourir n'est pas un soin. »
Olivier Falorni, séance du 24 février 2026 — en réponse à la députée Sandrine Dogor-Such (RN), qui l'accusait d'assimiler l'aide à mourir à un soin.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire d'Olivier Falorni sur sa fiche NosParlementaires, le parcours complet de la loi sur l'aide à mourir, et comparez les députés dans nos classements.