- Sénatrice du Bas-Rhin depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre à la tête de la liste « L'union des forces », socialiste et ouverte au centre : 336 voix, 12,2 % des 2 760 suffrages exprimés, un siège sur cinq.
- Membre du groupe socialiste (Socialiste, Écologiste et Républicain). Elle prend le siège de l'écologiste sortant Jacques Fernique, le seul que la gauche détenait en Alsace, avec 23 voix d'avance.
- Née le 9 juin 1971, elle a 55 ans : 104 des 348 sénateurs sont plus jeunes qu'elle. Consultante de profession, selon sa fiche au Sénat.
- Quatrième adjointe à la maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, depuis mars 2026 (commerce, artisanat, tourisme, quartiers du Neuhof, du Stockfeld et de la Ganzau) et vice-présidente de l'Eurométropole chargée de l'économie. Le mandat de sénatrice lui impose de quitter ces deux fonctions.
- Ancienne conseillère régionale d'Alsace, puis du Grand Est. En 2015, numéro un socialiste du Bas-Rhin aux régionales, elle avait mené la fronde pour le retrait de la liste de gauche face au Front national.
- Elle n'a jamais siégé au Parlement : au 10 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Elle siège à la commission des affaires économiques.
Le 27 septembre, dans le Bas-Rhin, un seul des cinq sièges de sénateur a changé de famille politique, et c'est le sien. Pernelle Richardot, adjointe de Catherine Trautmann à Strasbourg, y a conduit une liste socialiste dont le numéro deux est un maire centriste, ancien candidat de l'UDI. Elle a devancé de 23 voix l'écologiste sortant Jacques Fernique, qui détenait depuis 2020 le seul siège de gauche de la région. Le Parti socialiste retrouve un sénateur dans le Bas-Rhin, six ans après le départ de Jacques Bigot ; les écologistes n'en ont plus en Alsace. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro ; son élection, sa stratégie et ses mandats locaux, eux, se mesurent.
Une liste socialiste, un numéro deux centriste
Le 28 mai, les militants socialistes du Bas-Rhin la désignent tête de liste : 71 voix, 64,55 % des suffrages, 111 votants sur 273 inscrits, devant Bénédicte Vogel et Guillaume Parent, rapporte Rue89 Strasbourg. Dans sa lettre de candidature, elle met en avant sa capacité à élargir. Elle tient parole. Sa liste, déposée sous le nom « L'union des forces », place en deuxième position Olivier Sohler, maire sans étiquette de Scherwiller et président de la communauté de communes de Sélestat, investi par l'UDI aux législatives de 2022. On y trouve aussi, selon Politis, une maire Horizons, Laurence Jost-Lienhard, et en sixième place le député honoraire radical Alain Ferry, maire de Wisches (DNA, 24 août).
« Capacité à rassembler bien au-delà de notre seule famille politique. »
Lettre de candidature de Pernelle Richardot aux militants socialistes du Bas-Rhin, citée par Rue89 Strasbourg, 29 mai 2026. En septembre, elle justifiait l'alliance par un « devoir de responsabilité » et « un pacte de gouvernance avant la présidentielle » (ici Alsace, 12 septembre).
La stratégie prolonge celle des municipales de mars, où Catherine Trautmann a repris Strasbourg aux écologistes avec une liste ouverte au centre, puis confié un poste d'adjoint à un élu Horizons. Elle a un prix : l'alliance nationale entre socialistes et écologistes, qui joue ailleurs aux sénatoriales, ne s'applique pas dans le Bas-Rhin, et le PS y affronte le sortant qu'il soutenait en 2020. Le choix est critiqué « à droite comme à gauche », relevait Rue89 Strasbourg en juillet. À droite, la tête de liste LR, Elsa Schalck, raille l'attelage.
« La vie politique mérite de la clarté. »
Elsa Schalck, tête de la liste « L'Alsace au Sénat », à propos de l'alliance entre socialistes et centristes, citée par ici Alsace, 12 septembre 2026. Sa liste a remporté trois des cinq sièges.
Vingt-trois voix : le siège de la gauche change de mains
Le Bas-Rhin élit cinq sénateurs à la proportionnelle. Depuis 2020, il en comptait quatre à droite et au centre, et un écologiste, Jacques Fernique, élu avec 532 voix sur une liste soutenue par les Écologistes, le PS et le PCF (notre article avant le scrutin). Le 27 septembre, la liste d'Elsa Schalck prend trois sièges avec 1 271 voix, la sortante Laurence Muller-Bronn garde le sien avec 390. Le cinquième se joue à gauche, entre trois listes : 336 voix pour Pernelle Richardot, 313 pour Jacques Fernique, 68 pour l'insoumis Emmanuel Fernandes.
Têtes de liste ; la liste de Pernelle Richardot, « L'union des forces », est classée « divers » par le ministère de l'Intérieur. Attribution à la plus forte moyenne : 1 271, 635,5 et 423,7 (Schalck), 390 (Muller-Bronn), 336 (Richardot). Premières moyennes non élues : 317,75 (quatrième siège de la liste Schalck), 313 (Fernique). Calcul NosParlementaires.
À la plus forte moyenne, le siège de Pernelle Richardot tient à peu de chose. Avec 318 voix, 18 de moins, elle le gardait ; en dessous, il revenait à un quatrième élu de la liste Schalck. Jacques Fernique, lui, l'aurait pris avec 337 voix, 24 de plus. La division de la gauche n'a pourtant pas coûté de siège : réunies, les trois listes auraient totalisé 717 voix, assez pour un élu, pas pour deux. Il en aurait fallu 781 pour un second siège. Le duel a donc décidé qui, à gauche, siégerait au Sénat, pas combien. Il s'est joué en grande partie en mars : la perte de Strasbourg a privé Jacques Fernique d'environ 230 grands électeurs, selon ici Alsace. Selon Rue89 Strasbourg, Pernelle Richardot a eu raison d'aller chercher le centre pour ne pas compter sur les seules quelque 250 voix socialistes, et Jacques Fernique a obtenu 280 voix de plus que les grands électeurs écologistes de Strasbourg.
De la fronde de 2015 au bureau de l'adjointe
Son parcours d'élue passe d'abord par la Région. Conseillère régionale d'Alsace, puis du Grand Est après la fusion, elle conduit en décembre 2015 la section bas-rhinoise de la liste socialiste de Jean-Pierre Masseret. Au soir du premier tour, le PS national demande le retrait de la liste pour faire barrage au Front national. Jean-Pierre Masseret refuse ; elle prend la tête des colistiers favorables au retrait, sans réunir la moitié des 189 candidats : seuls 71 désistements sont enregistrés par la préfecture, et la liste se maintient, rapporte l'AFP. Élue malgré elle, elle siège ensuite au conseil régional du Grand Est.
« Ne pas laisser les clefs de cette grande région à l'extrême droite. »
Pernelle Richardot, alors tête de liste socialiste dans le Bas-Rhin, demandant à Jean-Pierre Masseret de retirer sa liste du second tour des régionales, citée par l'AFP, 8 décembre 2015.
Le 28 mars 2026, lors de l'installation du conseil municipal qui élit Catherine Trautmann maire, elle devient quatrième adjointe à la maire de Strasbourg, chargée du commerce, de l'artisanat et du tourisme et de trois quartiers du sud de la ville, le Neuhof, le Stockfeld et la Ganzau. À l'Eurométropole, elle est sixième vice-présidente, chargée de l'économie durable et circulaire, de l'attractivité, de l'innovation et de l'emploi. Ces deux fonctions exécutives sont incompatibles avec un mandat de parlementaire : elle doit les quitter, comme Rue89 Strasbourg l'annonçait dès sa désignation. Elle peut rester conseillère municipale et métropolitaine. Au 10 octobre, le site de la Ville la présente toujours comme adjointe ; nous n'avons trouvé aucune annonce de son remplacement.
Discipline et présence : la page blanche, et le groupe qu'elle rejoint
Le chapitre habituel de nos portraits est vide, et c'est une information. Au 10 octobre, notre base ne compte aucun scrutin public du Sénat depuis son installation : l'élection du président et celles des vice-présidents et questeurs se font à bulletin secret. Aucun taux de participation ni d'alignement ne peut donc être calculé pour Pernelle Richardot. Son agenda officiel compte trois rendez-vous : la séance d'ouverture du 1er octobre, celle du 6 consacrée au renouvellement des instances, et la réunion constitutive de la commission des affaires économiques, le 7, soit trois jours et quatre heures de présence enregistrée. Elle y est l'une des huit socialistes, dont deux nouvelles, avec Christine Bost, élue en Gironde. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Le groupe qu'elle a rejoint, lui, a un historique. Ses 52 membres qui avaient déjà siégé ont voté comme la majorité du groupe dans 98,9 % des cas en moyenne depuis octobre 2023 ; 51 sur 52 dépassent 97 %. Ils votent comme les écologistes dans 83 % des cas, comme les centristes de l'Union centriste dans 27 %, comme Les Républicains dans 23 %. Ses colistiers venus du centre ne la suivront pas au Sénat : c'est dans ce groupe-là qu'elle votera.
Moyenne des membres et rattachés du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain en fonction au 10 octobre 2026 ayant au moins un vote en base (les neuf nouveaux élus, dont Pernelle Richardot, n'en ont pas encore). Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.
Ses chantiers
Parcours express
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Pernelle Richardot à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales dans le Bas-Rhin, sa fiche de candidate, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.