- Député Socialistes et apparentés de la 3e circonscription de la Côte-d'Or depuis juillet 2024, élu à 67 ans avec 53,15 % des voix face à un candidat LR soutenu par le RN. Né le 28 décembre 1956 à Roubaix — 69 ans.
- Docteur en électromagnétisme, chercheur puis professeur des universités à l'université de Bourgogne de 1994 à 2023.
- 24 ans adjoint au maire de Dijon, chargé de l'urbanisme, et vice-président de Dijon métropole — l'homme des grands projets urbains dijonnais.
- Déjà parlementaire une fois : eurodéputé de 2007 à 2009, où il succède à Pierre Moscovici.
- Membre de la commission des affaires étrangères ; premier signataire de la résolution européenne contre les systèmes d'armes autonomes, les « robots tueurs ».
- Encarté au Parti socialiste depuis 1986 — petit-fils d'une militante socialiste de Roubaix et d'un militant communiste.
Le 15 juillet 2026, Pierre Pribetich a vécu une double journée parlementaire. Dans l'hémicycle, le député socialiste de la Côte-d'Or a voté pour l'adoption définitive de la loi sur l'aide à mourir (291 voix contre 241) — un vote qu'il a défendu dans un communiqué très personnel, expliquant avoir tranché « en conscience » : « Cette question dépasse les clivages partisans habituels, les postures politiques. Elle appelle réflexion, écoute, humilité et responsabilité », écrit-il, décrivant la loi comme « un nouveau droit et non une nouvelle obligation ». Le même jour, à quelques couloirs de là, la commission des affaires étrangères adoptait sa résolution européenne contre les armes autonomes. L'occasion de dresser le portrait, en données, d'un des députés les plus discrets — et les plus assidus — de la 17e législature.
Les « robots tueurs » comme fait d'armes
C'est le seul texte dont il est premier signataire, et il lui ressemble : technique, international, longuement mûri. Le 5 mai 2026, Pierre Pribetich dépose une proposition de résolution européenne réclamant un traité juridiquement contraignant pour interdire et réglementer les systèmes d'armes autonomes — ces armes pilotées par intelligence artificielle capables de sélectionner et de frapper une cible sans contrôle humain. La commission des affaires européennes l'adopte le 17 juin, puis la commission des affaires étrangères le 15 juillet — le jour même de son vote sur l'aide à mourir.
Le sujet n'est pas un caprice de scientifique : l'ancien professeur d'électromagnétisme siège à la commission des affaires étrangères, où il s'est imposé comme l'une des voix du groupe socialiste sur le Proche-Orient. Le 25 mars, lors du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient après l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, il livre l'une de ses interventions les plus dures.
« Il s’agit d’une guerre de choix plus que de nécessité. Elle ressemble davantage à une démonstration de puissance qu’à une opération visant à rétablir la stabilité régionale et n’est que l’expression d’un rapport de force au service d’intérêts purement mercantiles. »
Séance du 25 mars 2026, débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient après l'offensive contre l'Iran.
Budget, urbanisme, patrimoine : où vont ses amendements
Ses 54 amendements en premier auteur dessinent un profil fidèle à son parcours. Le projet de loi de finances pour 2026 arrive en tête (20 amendements), suivi de la proposition de loi de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (15) — terrain naturel pour celui qui fut pendant 24 ans l'adjoint à l'urbanisme de Dijon, artisan de la « charte de l'habitat » de la ville. Viennent ensuite le projet de loi sur la restitution des biens culturels spoliés (8) et ses deux résolutions de politique étrangère, sur les armes autonomes et le soutien au destin européen de la Géorgie, dont il était l'orateur du groupe socialiste en mai.
Sur ces 54 amendements, 17 ont été adoptés et 24 rejetés — un taux d'adoption de 31 %, élevé pour un député d'opposition. Ses 11 questions écrites, elles, parlent de la circonscription et du quotidien : la crise du métier d'AESH, la sauvegarde de l'AFPA, le dispositif de coopération médecins-infirmiers Asalée, les dysfonctionnements de la collecte de la taxe d'aménagement ou le remboursement des bas de contention.
Le professeur en séance : données personnelles et État de droit
Dans l'hémicycle, l'ancien universitaire — « après cinquante ans d'université, je ne vous permets pas de me mettre ainsi en cause », lançait-il en février au macroniste Pierre Cazeneuve — s'est fait remarquer lors de l'examen du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales. Pas pour défendre la fraude : pour alerter sur le croisement des fichiers et la sécurité des données personnelles des assurés sociaux.
« Imaginez les conséquences pour nos concitoyens si des données plus sensibles sont capturées. Je sais qu’il est compliqué de définir l’équilibre entre la lutte contre la fraude et le respect de la vie privée, mais la lutte contre la fraude ne doit pas exclure l’État de droit. »
Séance du 27 février 2026, examen du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
Discipline et présence : un premier de la classe
C'est la donnée la plus frappante de son profil : Pierre Pribetich a exprimé un vote dans 46,5 % des 8 419 scrutins publics de la législature — le double de la médiane des députés (23,5 %). Seuls 34 de ses 602 collègues font mieux : le « jeune parlementaire », comme il se décrit lui-même, est objectivement l'un des bancs les plus assidus du Palais-Bourbon. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Cette assiduité a son revers : une production législative propre plutôt modeste — un seul texte en premier signataire, 15 questions en deux ans, aucune vice-présidence ni aucun poste de rapporteur sur un grand texte. Pribetich est un député de banc et de commission plus que de tribune. Loyal aussi : 96,4 % de ses votes suivent la majorité de son groupe. En janvier 2026, il a pourtant assumé publiquement l'une des décisions les plus discutées de la ligne socialiste : son refus de voter la motion de censure sur le budget 2026, au nom du « réalisme » et pour ne pas « laisser le champ libre » à l'extrême droite — tout en jugeant le budget « marqué par des choix libéraux ». La qualité des débats, elle, est devenue l'un de ses sujets récurrents de rappel au règlement.
« Lorsque seulement cinq députés soutenant le gouvernement assistent à la séance, cela pose effectivement un réel problème, tant pour la qualité des débats que pour l’image qu’ont nos concitoyens de notre assemblée. »
Séance du 26 février 2026, examen du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Pierre Pribetich sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.