- Sénatrice d'Eure-et-Loir depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en deuxième position sur la liste d'Albéric de Montgolfier.
- Née le 8 avril 1969, elle a 57 ans. Le Sénat la présente comme retraitée de l'Éducation nationale ; elle a été professeure.
- Maire d'Abondant depuis 2014, une commune d'environ 2 400 habitants près d'Anet, réélue en 2020 puis en mars 2026 avec 65,6 % des voix.
- Vice-présidente de l'agglomération du Pays de Dreux, chargée de la culture et des équipements culturels.
- Rattachée au groupe Les Républicains, le premier groupe du Sénat.
- Membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
Trois semaines après son entrée au Sénat, Virginie Quentin a pris trois fois la parole, et toujours pour la même cause : les petites communes. Le 14 octobre, son premier discours défend un texte qui allège le reste à charge des villages pour leurs travaux. Le lendemain paraît sa première question écrite, sur les normes qui ralentissent la rénovation des cantines scolaires. Une semaine plus tard, la deuxième porte sur les pharmacies rurales qui ferment et ne peuvent plus rouvrir. La maire d'Abondant fait de son expérience d'élue locale le fil de son mandat. Portrait en données d'une sénatrice de trois semaines.
Premier discours : le reste à charge des villages
Le 14 octobre, le Sénat examine en deuxième lecture la proposition de loi créant une dérogation à la participation minimale pour la maîtrise d'ouvrage des communes rurales, déposée par Dany Wattebled en octobre 2023. Aujourd'hui, une commune qui lance un investissement doit en financer au moins 20 %, quelles que soient les subventions obtenues. Le texte ramène ce minimum à 5 % pour les communes de moins de 2 000 habitants aux ressources limitées, pour certains travaux : patrimoine, rénovation énergétique, eau et assainissement, voirie, ponts. Virginie Quentin clôt la discussion générale, où s'est aussi exprimée Nathalie Nieson, autre nouvelle venue dont nous avons fait le portrait.
« Un maire qui doit rénover un pont, remettre en état une route communale, engager des travaux d'enfouissement ou restaurer le patrimoine communal se heurte bien souvent à un reste à financer trop important pour son budget. »
Virginie Quentin au Sénat, le 14 octobre 2026, dans la discussion générale de la proposition de loi sur la maîtrise d'ouvrage des communes rurales (compte rendu intégral).
« Pour elles, quelques dizaines de milliers d'euros peuvent suffire à retarder un chantier pourtant nécessaire », poursuit-elle, en parlant des communes d'Eure-et-Loir qui ont « des kilomètres de voirie à entretenir » et peu de ressources fiscales. Elle défend une « dérogation ciblée » et refuse d'« opposer les petites communes aux plus grandes ». Elle conclut toutefois sur une limite du texte.
« Il faut toutefois garder à l'esprit qu'abaisser le taux de participation minimale ne permettra pas, à lui seul, de réunir les financements nécessaires. »
Virginie Quentin au Sénat, le 14 octobre 2026, dans la discussion générale de la proposition de loi sur la maîtrise d'ouvrage des communes rurales (compte rendu intégral).
La proposition de loi a été adoptée à main levée, modifiée par un amendement qui étend la dérogation à la prévention des risques naturels majeurs. Elle repart donc à l'Assemblée nationale.
Cantines et pharmacies : deux questions de maire
Sa première question écrite, publiée le 15 octobre, s'adresse au ministre de l'action et des comptes publics. Elle y décrit la rénovation d'une cantine dans une petite commune comme un « marathon administratif » de 18 à 36 mois, en citant la Cour des comptes, et chiffre à 6 800 euros le seul coût d'un marché public pour un chantier de 200 000 euros, d'après un rapport du Sénat. Elle demande au gouvernement de simplifier les normes et les procédures.
La seconde, publiée le 22 octobre, vise les règles d'implantation des pharmacies. Elle y juge trop restrictifs le seuil de 2 500 habitants exigé en principe pour ouvrir une officine et les dérogations existantes. Résultat, selon elle : un village qui perd sa dernière pharmacie peut ne jamais la retrouver.
« Il en résulte une situation paradoxale : une commune ayant longtemps disposé d'une pharmacie peut perdre durablement ce service de proximité, alors même qu'un pharmacien souhaiterait s'y installer et que les besoins de la population demeurent. »
Question écrite à la ministre de la santé, publiée le 22 octobre 2026.
Elle demande d'autoriser la réouverture d'une officine « par voie de création » dans les communes rurales qui ont perdu la leur. Deux questions en trois semaines, c'est dans le haut du tableau des nouveaux venus : les 64 sénateurs entrés en septembre en ont posé 22 au total, et seuls 16 d'entre eux en ont posé au moins une. Alexis Robin, élu sur la même liste, en compte quatre.
Abondant, Dreux, puis le Sénat
Virginie Quentin est élue maire d'Abondant en mars 2014. Elle est réélue en 2020, puis le 15 mars 2026 dès le premier tour : sa liste obtient 658 voix, soit 65,6 %, contre 345 à celle de Philippe Henriet, et 16 des 19 sièges du conseil municipal. Elle devient ensuite vice-présidente de l'agglomération du Pays de Dreux, chargée de la culture. Sa fiche du Sénat mentionne aussi une vice-présidence du syndicat d'énergies d'Eure-et-Loir et des Yvelines.
Six mois plus tard, Albéric de Montgolfier la place en deuxième position de sa liste pour les sénatoriales. Les trois sortants Les Républicains partent divisés : Daniel Guéret et Chantal Deseyne conduisent une liste concurrente. Le 27 septembre, la liste Montgolfier recueille 640 des 1 283 suffrages exprimés et prend les trois sièges du département. Le siège de Virginie Quentin, deuxième attribué, est le plus solidement acquis après celui de la tête de liste. Nous avions raconté cette élection dans le portrait d'Alexis Robin, troisième de la liste.
1 283 suffrages exprimés. À la plus forte moyenne, la liste d'Albéric de Montgolfier obtient les trois sièges : 640, puis 320 pour le siège de Virginie Quentin, puis 213,3 ; la liste de Daniel Guéret plafonne à 174. Source : ministère de l'Intérieur ; calcul NosParlementaires.
Le mandat de sénateur est incompatible avec une fonction de maire ou de vice-président d'intercommunalité ; la loi laisse trente jours à l'élu pour démissionner de la fonction concernée, mais il peut rester conseiller municipal. Au 26 octobre, la fiche officielle du Sénat la présente encore comme maire d'Abondant et vice-présidente de l'agglomération du Pays de Dreux. Nous n'avons pas trouvé trace de l'élection d'un successeur à la mairie.
Discipline et présence : un début dans la ligne du groupe
Notre base compte 28 scrutins publics depuis son arrivée, du 13 au 22 octobre. Virginie Quentin a pris part aux 28 : 10 fois pour, 18 fois contre, sans abstention, toujours comme la majorité de son groupe. C'est la règle au groupe Les Républicains : ses membres suivent en moyenne la position du groupe dans 98,7 % des cas. Après le sien, les groupes dont elle est le plus proche sont l'Union centriste (86 % de votes identiques) et le groupe macroniste RDPI (71 %).
Le 21 octobre, elle a voté la proposition de loi pour retrouver la confiance et l'équilibre dans les rapports locatifs, qui prolonge de deux ans l'expérimentation de l'encadrement des loyers, adoptée par 325 voix contre 17. Elle avait cosigné les deux seuls amendements portant son nom, déposés par Alexis Robin avec Albéric de Montgolfier : ils reprenaient une proposition de loi adoptée par l'Assemblée pour étendre le droit de préemption des communes sur les commerces. Les deux ont été déclarés irrecevables. Elle n'a déposé aucun amendement en son nom.
Son taux de participation atteint 100 %, au-dessus de la médiane des sénateurs (99,1 %), un score partagé par 101 des 348 sénateurs. Au Sénat, les scrutins publics sont le plus souvent votés par le groupe pour l'ensemble de ses membres, présents ou non : elle est ainsi créditée de 25 votes les 19, 20 et 22 octobre, trois jours où son agenda officiel ne mentionne aucune présence. Un taux de participation ne mesure donc pas une présence.
L'agenda officiel du Sénat lui attribue cinq jours et seize heures d'activité depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre, trois réunions de la commission de la culture (sa constitution le 7 octobre, une audition le 14, une table ronde sur la crise des lycées le 21), des séances publiques les 13 et 14 octobre et les questions au gouvernement des 14 et 21 octobre. C'est moins que la médiane des 64 sénateurs entrés en septembre (six jours et demi, 21 heures) : 46 d'entre eux comptent plus de jours de présence, six en comptent moins. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaissent sur la fiche de Virginie Quentin à mesure que le Sénat les publie. Retrouvez les résultats des sénatoriales en Eure-et-Loir, la composition des commissions du nouveau Sénat, les 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.