- Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire pour désigner leur candidat à l'élection présidentielle de 2027. Premier tour les 9 et 10 octobre, second tour éventuel les 16 et 17 octobre.
- Cinq candidats : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. Leur premier débat télévisé a eu lieu mercredi 23 septembre sur LCI. Deux autres suivront, le 1er octobre sur France Télévisions et le 4 octobre sur BFMTV.
- Trois des cinq siègent à l'Assemblée nationale : Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et Jérôme Guedj, tous deux au groupe socialiste, et Emmanuel Maurel, cofondateur de la Gauche républicaine et socialiste, inscrit au groupe communiste et ultramarin (GDR).
- Depuis juillet 2024, l'Assemblée a tenu 8 434 scrutins publics et la gauche y a déposé 17 motions de censure contre les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu.
- Leurs votes sont publics et mesurables : c'est le seul terrain où les trois candidats peuvent être comparés sur pièces.
Sur les 17 motions de censure déposées par la gauche depuis le début de la législature, Emmanuel Maurel en a voté 11, Olivier Faure 5 et Jérôme Guedj 4. C'est l'écart le plus net entre les trois députés candidats à la primaire socialiste. Il recouvre une année précise, 2025, celle où le PS a choisi de ne pas faire tomber François Bayrou.
2025, l'année où leurs votes se séparent
Les trois députés ont voté ensemble les quatre motions de censure signées par le président du groupe socialiste, Boris Vallaud : les deux contre Michel Barnier, déposées avec les insoumis et les écologistes (8 octobre 2024, puis 4 décembre 2024, qui a renversé le gouvernement), et les deux contre François Bayrou, le 18 février et le 30 juin 2025.
La rupture vient avec les motions déposées par La France insoumise. Le 16 janvier 2025, le PS décide de ne pas censurer François Bayrou : seuls 8 socialistes votent la motion. Emmanuel Maurel la vote. Il vote aussi les quatre censures insoumises déposées contre les 49.3 de François Bayrou sur les budgets 2025 (deux le 5 février, puis les 10 et 12 février 2025), que 6, 0, 1 et 1 socialistes votent, celle du 4 juin 2025, puis celle du 16 octobre 2025 contre Sébastien Lecornu, que 7 socialistes seulement soutiennent. Olivier Faure et Jérôme Guedj ne votent aucune de ces sept motions.
La courbe s'inverse ensuite. Emmanuel Maurel ne vote aucune des trois censures déposées contre les 49.3 du budget 2026 de Sébastien Lecornu (23 et 27 janvier, 2 février 2026), alors que 14 des 17 députés de son groupe GDR votent chacune d'elles. Le 14 janvier 2026, il ne vote pas non plus la motion insoumise que 13 députés GDR soutiennent, alors qu'il prend part ce jour-là à 21 autres scrutins. Olivier Faure, lui, vote le 6 juillet 2026 la motion « canicule » des écologistes, avec 20 socialistes seulement : c'est sa cinquième censure et la seule que Jérôme Guedj ne vote pas avec lui.
« Si vous pensez que nous pourrons accepter de voter un budget qui serait parfaitement régressif, vous vous trompez. Personne, à gauche et chez les écologistes, n'a peur du scrutin. »
Faure et Guedj votent pareil 95 fois sur 100
Sur les 440 scrutins où Olivier Faure et Jérôme Guedj ont tous deux voté, ils ont fait le même choix 419 fois, soit 95 %. Avec Emmanuel Maurel, l'accord tombe à 82 % pour Olivier Faure et à 79 % pour Jérôme Guedj. Sur les 205 scrutins où les trois ont voté, ils ont fait le même choix 166 fois, soit 81 %.
Sur les grands textes du quinquennat, les trois votent ensemble. Ils ont voté pour le budget de la Sécurité sociale 2026 en nouvelle lecture puis en lecture définitive, en décembre 2025, celui qui suspendait la réforme des retraites. Ils ont aussi voté pour le droit à l'aide à mourir à chaque lecture de 2026, jusqu'à l'adoption définitive du 15 juillet.
« Nous, à gauche, nous devons avoir, chevillé au corps et au cœur, le souci de l'avenir de la sécurité sociale. »
Corse, Nouvelle-Calédonie, défense : leurs votes divergent
Le vote le plus singulier est celui du 23 juin 2026 sur la révision constitutionnelle pour une Corse autonome. Olivier Faure vote pour, avec 41 socialistes. Jérôme Guedj vote contre : ils ne sont que 4 socialistes dans ce cas, 19 autres s'abstenant. Emmanuel Maurel vote contre aussi, dans un groupe GDR partagé (6 pour, 6 contre, 2 abstentions). Le texte est adopté par 271 voix contre 202.
« La première chose dont la Corse a besoin, c'est la solidarité nationale, et certainement pas une révision constitutionnelle précipitée et dangereuse. »
Sur la Nouvelle-Calédonie, le 20 mai 2026, Olivier Faure et Jérôme Guedj votent pour la loi organique qui régularise les natifs dans le corps électoral, avec 47 socialistes. Emmanuel Maurel vote contre, comme les 17 députés GDR. La veille, sur l'actualisation de la programmation militaire, les deux socialistes votent pour, comme 63 députés de leur groupe au total. Emmanuel Maurel s'abstient, alors que 14 de ses collègues GDR votent contre.
Le 21 juillet 2026, dernier écart notable : sur le projet de loi relatif à la protection des enfants, les 62 socialistes votants s'abstiennent, Olivier Faure et Jérôme Guedj compris. Emmanuel Maurel vote pour.
Chronologie
D'ici au vote, chaque engagement de campagne peut être confronté aux votes réels des trois candidats : ils sont détaillés, scrutin par scrutin, sur les fiches d'Olivier Faure, de Jérôme Guedj et d'Emmanuel Maurel. Notre bilan d'août comparait aussi l'activité de Jérôme Guedj et de Philippe Brun.