« Qui a voté la LPM ? » Le contexte en 6 points
  • Une loi de programmation militaire (LPM) fixe la trajectoire budgétaire et les grandes orientations des armées sur plusieurs années.
  • Deux textes répondent à la question : la LPM 2024-2030 votée en 2023 (413,3 milliards d'euros, loi du 1er août 2023) et son actualisation adoptée le 1er juillet 2026 (+36 milliards, soit environ 436 milliards au total).
  • L'actualisation tire les conséquences de la guerre en Ukraine et de la revue nationale stratégique de 2025 : objectif de 2,5 % du PIB consacré à la défense en 2030, puis 3,5 % visé en 2035.
  • Entre les deux textes, la dissolution de juin 2024 a renouvelé l'Assemblée : les députés qui ont voté en 2026 ne sont pas ceux de 2023.
  • Chaque texte a été voté quatre fois (deux lectures par chambre) : huit scrutins publics au total, tous détaillés ci-dessous.
  • Constante des huit votes : LFI et les communistes ont toujours voté contre ; le PS est passé de l'abstention (2023) au vote pour (2026) ; le RN a toujours voté pour.

Qui a voté la loi de programmation militaire ? La réponse tient en une phrase : à chaque scrutin décisif, une coalition allant du bloc gouvernemental au Rassemblement national, rejointe par la droite puis par le Parti socialiste, a adopté le texte — tandis que La France insoumise et les communistes ont voté contre, sans exception, de 2023 à 2026. Le dernier vote en date, celui de l'adoption définitive de l'actualisation le 1er juillet 2026 à l'Assemblée nationale, illustre ce rapport de force : 375 voix pour, 113 contre — la totalité des contre venant de la gauche.

375
Pour
113
Contre
2
Abstentions

Adoption définitive de l'actualisation de la LPM, Assemblée nationale, 1er juillet 2026 (scrutin sur le texte de la commission mixte paritaire).

Les huit scrutins, en un tableau

La « loi de programmation militaire » recouvre en réalité deux textes : la loi initiale de 2023 et son actualisation de 2026. Voici le résultat de chacun des huit votes d'ensemble.

Date Chambre Étape Pour Contre Abst.
LPM 2024-2030 initiale (413,3 Md€) — 16e législature
7 juin 2023Assemblée1re lecture4088753
29 juin 2023Sénat1re lecture3141712
12 juillet 2023AssembléeTexte CMP244375
13 juillet 2023SénatTexte CMP — adoption définitive3131713
Actualisation de la LPM (+36 Md€) — 17e législature
19 mai 2026Assemblée1re lecture4401224
9 juin 2026Sénat1re lecture2973314
30 juin 2026SénatTexte CMP309342
1er juillet 2026AssembléeTexte CMP — adoption définitive3751132

Comment a voté votre député ? Le scrutin d'adoption définitive

Le vote qui engage l'Assemblée actuelle est celui du 1er juillet 2026 sur le texte de la commission mixte paritaire. Cherchez votre député dans le module ci-dessous pour connaître sa position.

Une coalition du bloc gouvernemental au RN, PS compris

À l'adoption définitive, les 375 voix pour se répartissent ainsi : le Rassemblement national fournit le contingent le plus nombreux (97 voix), devant le groupe EPR (86), les Socialistes (46), la Droite républicaine (44), Horizons (35), les Démocrates (26), Liot (19), l'UDR (14) et 7 non-inscrits. Même géométrie qu'au vote solennel de première lecture du 19 mai 2026, où le texte avait recueilli 440 voix — dont 119 du RN, là encore premier groupe en nombre de voix pour.

Le soutien du RN ne vaut pas satisfecit : le groupe a voté le texte tout en attaquant frontalement le gouvernement sur la sincérité de la trajectoire budgétaire.

« Vous avez convenu que le texte dont nous débattons constituait, non une actualisation du format des armées, mais une remise en ordre du texte initial du premier ministre, qui était insincère. »

José Gonzalez
José Gonzalez
RN
Bouches-du-Rhône (10)
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Le vote socialiste est la vraie bascule politique de cette séquence. Abstentionniste sur la LPM initiale en juin 2023 (31 abstentions en première lecture), le PS avait fini par voter le texte de la CMP en juillet 2023 (10 voix pour) — avant d'assumer, en 2026, un soutien franc à l'actualisation : 64 voix pour le 19 mai, 46 le 1er juillet, avec un seul contre à chaque fois, celui de Peio Dufau (Pyrénées-Atlantiques).

« Une loi de programmation a vocation à tracer un chemin pour cette Europe de la défense que nous appelons, nous, de nos vœux. Cela passera évidemment par un certain nombre d'étapes. »

Anna Pic
Anna Pic
SOC
Manche (4)
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Qui a voté contre : LFI, Écologistes et communistes

Les 113 voix contre du 1er juillet 2026 viennent intégralement de la gauche : 62 députés LFI, 36 Écologistes, 14 communistes et apparentés (GDR), plus le socialiste Peio Dufau. En première lecture, ils étaient 122 (71 LFI, 36 Écologistes, 14 GDR, 1 SOC). La France insoumise dénonce une trajectoire de réarmement sans stratégie et réclamait un financement par le rétablissement de l'ISF.

« La Macronie déploie tout ce qu'il faut d'efforts pour militariser la société et les esprits, afin de faire avaler au peuple de nouveaux sacrifices, mais elle ne suit d'autre stratégie pour nos armées que celle d'une escalade brouillonne. Vous menez une politique de gros bras, sans muscles. »

Claire Lejeune
Claire Lejeune
LFI-NFP
Essonne (7)
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Quelques positions individuelles se détachent de la ligne des groupes : chez les Écologistes, Delphine Batho a voté pour aux deux lectures — seule de son groupe — quand Jérémie Iordanoff s'est abstenu ; chez les communistes, Emmanuel Maurel a préféré l'abstention au vote contre.

Et au Sénat ? Un vote beaucoup plus consensuel

La chambre haute a adopté l'actualisation à une très large majorité : 297 voix contre 33 en première lecture le 9 juin 2026, puis 309 contre 34 sur le texte de la CMP le 30 juin. L'opposition s'y limite aux communistes du groupe CRCE-K (18 contre) et aux Écologistes (15 puis 16 contre) — le groupe socialiste du Sénat, contrairement à une partie de la gauche de l'Assemblée, a voté pour à l'unanimité de ses 65 membres présents. Seule nuance : en première lecture, 9 sénateurs du groupe macroniste RDPI s'étaient abstenus, avant de rallier le vote pour au scrutin final.

Qui avait voté la LPM initiale, en 2023 ?

La loi de programmation militaire 2024-2030 elle-même a été votée par la précédente Assemblée, avant la dissolution de juin 2024. En première lecture, le 7 juin 2023, le texte avait été adopté par 408 voix contre 87 : la majorité présidentielle (Renaissance, MoDem, Horizons), le RN, LR et Liot avaient voté pour ; LFI et les communistes contre ; socialistes et écologistes s'étaient abstenus.

LPM 2024-2030 — vote par groupe, 1re lecture AN, 7 juin 2023 (scrutin n°1778)
Pour
Contre
Abstention
RE
162 pour
RN
87 pour
LFI
70 contre
LR
61 pour
Dem
49 pour
SOC
31 abst.
HOR
29 pour
Écolo
1 c. / 20 abst.
GDR
16 c. / 1 abst.
LIOT
16 p. / 1 abst.
NI
4 pour

Au vote final sur le texte de la CMP, le 12 juillet 2023, l'Assemblée avait confirmé par 244 voix contre 37 (5 abstentions) — les socialistes basculant du côté du pour (10 voix), les écologistes restant dans l'abstention. Le Sénat avait voté le texte le 29 juin (314 pour, 17 contre) puis définitivement le 13 juillet 2023 (313 pour, 17 contre), l'opposition se limitant déjà aux communistes et à deux écologistes. La loi a été promulguée le 1er août 2023.

À noter : les députés qui ont voté la LPM initiale en 2023 ne sont pas ceux d'aujourd'hui — la dissolution de juin 2024 a renouvelé l'Assemblée. Pour connaître la position de votre député actuel, le scrutin de référence est celui du 1er juillet 2026 sur l'actualisation (module de recherche plus haut).

Ce que contient l'actualisation votée en 2026

💶
+36 milliards d'euros
Crédits supplémentaires sur 2026-2030, portant l'effort total programmé à environ 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030.
🎯
2,5 % du PIB en 2030
Objectif de dépenses de défense porté à 2,5 % du PIB en 2030, avec un cap à 3,5 % visé à l'horizon 2035.
🛰️
Drones, munitions, espace
Quatorze domaines prioritaires : le budget drones passe de 5 à 8,5 milliards, stocks de munitions renforcés, défense sol-air, guerre électronique, espace.
🛡️
État d'alerte de sécurité nationale
Création d'un régime d'alerte, contrôle renforcé des investissements étrangers dans l'industrie de défense, rapprochement jeunesse-armées.

Le parcours des deux textes

7 juin 2023
L'Assemblée adopte la LPM 2024-2030 en première lecture (408 pour, 87 contre).
13 juillet 2023
Adoption définitive au Sénat (313 pour, 17 contre). La loi est promulguée le 1er août 2023 : 413,3 milliards d'euros sur sept ans.
Juin 2024
Dissolution de l'Assemblée nationale : la composition de la chambre change profondément.
8 avril 2026
Dépôt du projet de loi actualisant la LPM, à la suite de la revue nationale stratégique de 2025.
19 mai 2026
Vote solennel à l'Assemblée : adoption en première lecture (440 pour, 122 contre).
9 juin 2026
Le Sénat adopte le texte modifié (297 pour, 33 contre), après avoir supprimé puis renégocié l'article budgétaire.
23 juin 2026
Accord en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs.
30 juin – 1er juillet 2026
Le Sénat (309 pour, 34 contre) puis l'Assemblée (375 pour, 113 contre) adoptent définitivement l'actualisation. L'exécutif visait une promulgation avant le 14 juillet.

Pour aller plus loin : notre analyse du vote d'adoption définitive du 1er juillet, celle du vote solennel de première lecture, notre bilan des 36 milliards votés pour les armées, et la page de suivi du texte avec le détail de chaque étape. Et pour savoir quel groupe vote comme vous — la LPM fait partie des 15 scrutins du test — essayez notre quiz « Tu votes quoi ? ».