Chiffres du chômage
F François PatriatRDPI Sénateur — Côte-d'OrLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/02/2018M. François Patriat. Très bien !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Ce matin, l'INSEE a donc publié les chiffres trimestriels du chômage au sens du Bureau international du travail, plus robustes dans leur présentation et leur définition que les chiffres mensuels, que le Gouvernement a décidé de s'abstenir de commenter.
Ces chiffres trimestriels montrent que le taux de chômage s'établit en France à 8,9 % de la population active. C'est là son plus bas niveau depuis 2009. Est-ce que je m'en réjouis ? Avant de répondre, je soulignerai que 8,9 % de la population active, cela correspond très exactement à 3 709 500 personnes. Il y a donc encore, dans notre pays, un peu plus de 3,7 millions de chômeurs…
M. Bruno Sido. Bravo !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Comment oserait-on se réjouir dans ces conditions ? Le chiffre s'améliore, cependant, de même que le taux d'emploi, autre indicateur important : tant mieux. En décembre dernier, le taux d'emploi s'établissait à 65,7 % dans notre pays : il n'avait jamais été aussi élevé depuis le début des années quatre-vingt. Peut-on s'en réjouir ? Oui, bien sûr. Le travail est-il fini ? Non, bien entendu.
Mesdames, messieurs les sénateurs, en la matière, nous voulons non pas célébrer une petite victoire – mais une victoire quand même –, sachant que la victoire a toujours mille pères,…
M. Bruno Sido. C'est vrai !
M. Roger Karoutchi. Comme la défaite…
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … mais gagner la guerre contre le chômage de masse. Pour l'emporter durablement sur le chômage, nous devons attaquer sur tous les fronts. C'est ce que nous avons commencé à faire, sans rien renier de ce qui avait pu être accompli précédemment, quels que soient les gouvernements, mais en essayant d'apporter des réponses durables, le problème du chômage de masse étant depuis trop longtemps enraciné dans la réalité économique française.
Cela signifie modifier le code du travail, comme nous l'avons fait – je tiens à en remercier le Sénat –,…
M. Martial Bourquin. Ah oui, excellent !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … lorsque certaines de ses dispositions nous paraissent de nature à freiner les embauches dans notre pays.
Cela signifie transformer la fiscalité, quand elle nous paraît de nature à freiner les embauches dans notre pays.
M. François Patriat. Très bien !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Cela signifie améliorer, ô combien, le système de formation, pour que, depuis l'école primaire jusqu'à la formation professionnelle, en passant par le baccalauréat, l'accès à l'enseignement supérieur et l'apprentissage, nous puissions élever le niveau de compétences de nos concitoyens. En effet, chacun le sait, c'est par l'élévation du niveau de compétences que l'on peut réduire durablement le chômage.
Nous entendons donc agir massivement, dans tous les domaines, pour que la France puisse enfin rejoindre l'ensemble des pays qui ont un taux de chômage largement inférieur à celui qui prévaut encore chez elle ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, ainsi que sur des travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires et du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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