Politique générale du Gouvernement
Philippe MouillerLes Républicains
Sénateur — Deux-Sèvres
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/02/2020M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le sénateur, vous dressez un réquisitoire…
Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains. C'est la triste réalité !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … contre l'action du Gouvernement en évoquant toute une série de décisions,…
Plusieurs sénateurs du groupe socialiste et républicain. De couacs !
M. Laurent Duplomb. De bêtises !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … de réactions et d'éléments, et en omettant, compte tenu du temps limité dont vous disposez, de mentionner un certain nombre d'autres indicateurs, dont je suis personnellement convaincu que vous vous satisfaites, comme la baisse continue du chômage (Exclamations ironiques sur les travées des groupes Les Républicains, SOCR et CRCE.) ou les excellents chiffres de l'apprentissage. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
Autant d'éléments qui ne gomment en rien ce que vous venez de dire, monsieur le sénateur, mais qui doivent être mentionnés, car ils ne me semblent pas moins importants.
M. François Patriat. Cela ne les intéresse pas !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Concernant les nombreux points que vous avez abordés, je voudrais rappeler un certain nombre de choses.
Vous avez cité le cas de notre compatriote qui, après des propos critiques sur une religion, l'islam en l'occurrence, a été confrontée à des menaces de mort et, de ce fait, a dû faire l'objet d'une protection particulière et subir une déscolarisation forcée.
Dans la mesure où le sort de cette compatriote vous intéresse sans doute autant que moi, je précise que nous suivons sa situation avec beaucoup d'attention. Le ministre de l'éducation nationale est en contact permanent avec sa famille, afin que cette jeune fille puisse être de nouveau scolarisée, et ce dans de bonnes conditions – il serait effectivement inenvisageable qu'il ne puisse en être ainsi.
Je me permets d'indiquer que le délit de blasphème n'existe pas en France. Vous le savez ! (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Je me permets de vous inviter à écouter avec attention les propos qui sont tenus, y compris par des responsables politiques, y compris par des responsables politiques présidents de groupe, y compris par des responsables politiques présidant le groupe de votre famille politique à l'Assemblée nationale. Ils reconnaissent, eux aussi, qu'il y a tout de même un sujet !
Vous verrez que les réactions outrées ayant suivi les propos de Mme la garde des sceaux vont trouver un écho intéressant avec ceux qui ont été tenus par ailleurs.
En vérité, monsieur le sénateur, le délit de blasphème n'existe pas ; la liberté de croire ou de ne pas croire est garantie en France, ainsi que la liberté de caricature…
M. Gérard Longuet. Y compris par le Président de la République !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … ou de critique, dans le respect de la loi. Car, et vous le savez aussi, nous le savons tous, même la liberté d'expression est limitée par la loi.
Mais elle est garantie, et c'est très bien ainsi !
C'est ce qu'a dit le Gouvernement. C'est ce que je redis ici, fermement.
Sur tous les autres sujets, je comprends le jeu consistant à les pointer un à un, en disant : « ceci n'est pas acceptable », « cela ne devrait pas être fait ». C'est classique !
Ce qui m'intéresse, et ce qui devrait, au fond, tous nous intéresser, monsieur le sénateur, c'est de savoir comment nous construisons la France (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.), comment nous réparons des choses dont nous savons parfaitement, vous et moi, qu'elles fonctionnent mal depuis longtemps, comment, avec M. le ministre de l'éducation nationale, nous améliorons l'éducation et l'enseignement supérieur, comment nous veillons à développer l'industrie française, à garantir l'attractivité de notre pays, comment, avec Mme la ministre de la santé, nous faisons face à la menace d'une épidémie importante. (Exclamations teintées d'ironie sur les travées des groupes Les Républicains, SOCR et CRCE.)
À propos des mesures qui ont été prises, vous auriez pu, monsieur le sénateur, puisque vous avez dressé le tableau de cette France contemporaine, indiquer combien notre pays peut s'honorer – notre pays, pas le Gouvernement – d'avoir organisé l'opération de rapatriement de ses concitoyens et des concitoyens européens depuis la Chine dans les meilleures conditions. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM. – Exclamations sur les travées du groupe SOCR.)
J'entends que l'on crie sur les travées… Vous savez parfaitement, mesdames, messieurs les sénateurs, que l'opération n'était pas simple à mener. Vous savez parfaitement que la France l'a conduite pour le compte de ses amis européens et que cette opération a été parfaitement réalisée.
Cela fait, aussi, partie du tableau que vous auriez pu dresser, monsieur le sénateur, et, à mon sens, cela n'est pas moins important. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Mouiller, pour la réplique.
M. Philippe Mouiller. Monsieur le Premier ministre, j'ai écouté attentivement votre réponse. J'ai entendu les bons points que vous vous attribuez – j'en partage un certain nombre. Le plus important, je crois, c'est l'ambiance générale, le sentiment qu'éprouvent les Français, la confiance – mot essentiel car, pour pouvoir réformer le pays, il est fondamental que les Français aient le sentiment qu'il n'y a pas de fossé entre eux et ceux qui les gouvernent. La confiance est essentielle ; sans elle, vous n'arriverez à rien ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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