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Question écrite ✓ Répondue le 07/04/2022 #6#21#

Respect des droits de l'opposition dans le conseil des grandes collectivités

Posée le 13/01/2022 · Ministère interrogé : Cohésion des territoires et relations avec les collectivités territoriales

Jean Louis MassonNI Sénateur — Moselle

La question

M. Jean Louis Masson rappelle à Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales les termes de sa question n°25084 posée le 28/10/2021 sous le titre : " Respect des droits de l'opposition dans le conseil des grandes collectivités ", qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour. Il s'étonne tout particulièrement de ce retard important et il souhaiterait qu'elle lui indique les raisons d'une telle carence.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/04/2022
Afin de garantir l'expression du pluralisme et de permettre au public de connaître les différents points de vue des élus sur les affaires communales, le législateur a reconnu un certain nombre de droits aux élus de l'opposition au sein des conseils municipaux. En particulier, le règlement intérieur, qui a pour objet de définir les modalités d'organisation et de fonctionnement de l'assemblée délibérante, contient des dispositions relatives aux droits des élus, et en particulier des élus d'opposition. Dans l'hypothèse où les droits de l'opposition, qui font l'objet d'une reconnaissance législative, seraient méconnus, les élus ont effectivement la possibilité de former des recours contentieux. Afin de faire correspondre le temps administratif et le temps juridictionnel, les élus disposent de la faculté de former des procédures de référés devant le juge administratif, sous réserve de justifier d'une situation d'urgence. Ils sont ainsi susceptibles d'assortir leurs recours au fond tendant à l'annulation d'une décision prise par l'organe délibérant d'un référé-suspension afin d'en obtenir la suspension d'exécution. De manière autonome d'un recours au fond, les élus ont également la possibilité d'introduire un référé liberté, procédure au terme de laquelle le juge statuera dans un délai de quarante-huit heures. En ce sens, le Conseil d'État a consacré au profit des conseillers municipaux, et par analogie au profit des conseillers départementaux et régionaux, un droit d'expression sur les questions portées à l'ordre du jour et mises en discussion (CE, 22 mai 1987, Tête c/ Commune de Caluire-et-Cuire, n° 70085), reconnu comme une liberté fondamentale susceptible de faire l'objet d'un référé liberté (CE, 10 avril 2009, Commune de Vif, n° 319971). En application de ce principe, les élus disposent, dans les conditions définies par les règlements intérieurs, du droit de déposer des amendements et les assemblées doivent être attentives à ne pas porter atteinte à l'exercice effectif de ce droit. Enfin, les élus ont la possibilité d'introduire devant le juge un référé mesures utiles qui lui permet d'ordonner en urgence toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative (communication de documents, par exemple). Ces procédures assurent le respect de la légalité au sein des séances des organes délibérants des collectivités territoriales et l'application de leurs règles de fonctionnement.

Source : senat.fr ↗

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