Moyens alloués à l'industrie pour la transition écologique
D Daniel BreuillerGEST Sénateur — Val-de-MarneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/05/2023M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur, puisque vous avez vous-même expliqué que l'on pouvait être écologiste et en faveur de la réindustrialisation, je vous prends au mot et je vous réponds.
Pendant trop d'années et ce n'est pas une critique à l'encontre de qui que ce soit, parce qu'elle pourrait malheureusement concerner beaucoup au cours de ces dernières décennies , on a fait de l'écologie grâce à la désindustrialisation. En d'autres termes, on a baissé nos émissions puisqu'on a fermé des usines. Dans le même temps, pourtant, au moment où l'on diminuait nos émissions nationales, on augmentait notre empreinte, puisque l'on devait importer des produits venant de l'extérieur.
Par conséquent, considérer que la réindustrialisation permet de retrouver des circuits courts et s'inscrire dans cette logique est non seulement souhaitable, mais c'est exactement le chemin que nous devons suivre. Ce sera d'ailleurs au coeur du projet de loi Industrie verte qui sera présenté par Bruno Le Maire, en lien avec le ministère de la transition écologique.
Cette réindustrialisation appelle des défis au rang desquels se trouvent la gestion des ressources naturelles, le foncier disponible, la formation pour orienter les hommes et les femmes dans ce secteur et, bien entendu, la question de l'eau.
Pour l'eau, la trajectoire globale est simple : c'est celle de la sobriété. Quels que soient les usages, ce que disent les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), c'est que l'eau dont nous disposons sera moins importante, puisque l'augmentation des températures augmentera l'évapotranspiration, et que, parallèlement, la végétation en absorbera une part plus élevée. C'est exactement ce qui explique que, au-delà de cette trajectoire de sobriété, nous devons optimiser les usages.
Dans ce cadre d'optimisation des usages, vous citez Grigny et l'usine Coca-Cola, laquelle pompe dans la nappe phréatique. Aujourd'hui, il existe des alternatives technologiques permettant, avec des procédés de réutilisation ou avec des dispositifs présents sur place, d'éviter de telles pratiques.
Monsieur le sénateur, je ne peux pas croire que vous ayez terminé votre intervention en disant que vous étiez favorable à la réindustrialisation et que, dans le même temps, confronté à la réalité de certains projets permettant de créer des emplois de proximité et d'éviter une empreinte carbone désastreuse, vous vous abritiez derrière les difficultés, alors que des chemins sont à créer pour rendre possible la réindustrialisation verte de notre pays. (M. François Patriat applaudit.)
Mme Françoise Gatel. Très bien !
M. le président. La parole est à M. Daniel Breuiller, pour la réplique.
M. Daniel Breuiller. Monsieur le ministre, en l'absence de réponse du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, je vous indique que nous prônons depuis longtemps la relocalisation, car elle est une condition de cette indispensable transition écologique.
Pour autant, l'industrie ne doit pas seulement être décarbonée, comme vous le revendiquez : elle doit être réellement verte, c'est-à-dire socialement utile, soutenable et économe en eau. Les arbitrages sur les prélèvements d'eau doivent être transparents, décidés démocratiquement, en exigeant qu'ils soient modérés pour préserver les milieux. (Applaudissements sur les travées des groupes GEST et CRCE. Mme Esther Benbassa applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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