Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question écrite ✓ Répondue #5#10#

Abattements consentis dans le cadre de mutations à titre gratuit

Posée le 05/12/2024 · Ministère interrogé : Budget et comptes publics

Évelyne Renaud-Garabedian Évelyne Renaud-GarabedianLes Républicains Sénatrice — Français établis hors de France (Série 1)

La question

Mme Évelyne Renaud-Garabedian interroge M. le ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics sur les abattements consentis dans le cadre de mutations à titre gratuit. L'article 779 du code général des impôts (CGI) prévoit « pour la perception de droits de mutation à titre gratuit » - c'est à dire en cas de donation ou de succession - un abattement de 100 000 euros sur la part de chacun des ascendants. Cet abattement est bien plus faible lorsque la mutation à titre gratuit est réalisée par un grand-parent au profit d'un petit-enfant. Ainsi, conformément à l'article 790 B du CGI, les donations effectuées par un grand-parent à l'un de ses petits-enfants bénéficient d'un abattement de 31 865 euros. Dans le cadre d'une succession, un abattement de 1 594 euros prévu par l'article 788 du CGI s'applique à un héritage consenti par un grand-parent à un petit-enfant. Par ailleurs, en matière de succession, les petits-enfants se trouvent dans une situation plus défavorable que celle de frère/soeur pour lesquels 15 932 euros d'abattement est possible et que celle de neveu/nièce qui ont droit à un abattement de 7 967 euros. Ces différences dans les abattements autorisés semblent à la fois contre-intuitives et incohérentes. Les mutations à titre gratuit effectuées par des grands-parents au profit de leurs petits-enfants relèvent de la solidarité générationnelle. Elles servent généralement à transmettre ou financer un bien immobilier ou au démarrage d'une activité professionnelle. Elle souhaiterait connaître les raisons de ces différences d'abattements entre les petits-enfants et les grands-parents ainsi qu'avec les autres membres de la famille. Elle lui demande si dans le cadre d'une prochaine réforme des droits de donation et succession, l'augmentation des abattements pour les petits-enfants est envisagée.

✓ Réponse du gouvernement

Les règles de liquidation des droits de mutation à titre gratuit, qu'il s'agisse des transmissions entre vifs ou par décès, s'inspirent des règles de droit civil en la matière. Ainsi, les abattements diminuent et les taux d'imposition augmentent à mesure que le lien de parenté se distend.

S'agissant des droits de succession, la distinction en fonction du lien de parenté se justifie, au plan fiscal, par le fait qu'un petit-enfant n'hérite pas directement de ses grands-parents. Ce sont les enfants qui ont vocation, en principe, à hériter en premier et le petit-enfant hérite, le cas échéant, par représentation. À ce titre, il ne bénéficie pas de l'abattement personnel lors de la succession de son grand-parent mais de l'abattement de son parent par représentation (prédécès ou renonciation), s'élevant actuellement à 100 000 euros. Les droits de mutation à titre gratuit applicables en matière de donations suivent une logique similaire.

S'agissant des droits de donation, un abattement personnel de 31 865 euros est appliqué sur la part de chacun des petits-enfants pour les donations consenties par chacun des grands-parents, en application des dispositions de l'article 790 B du code général des impôts (CGI).

De plus, cet avantage fiscal est cumulable avec l'exonération plafonnée de même montant (31 865 euros) instituée, sous conditions, en faveur des donations de sommes d'argent en pleine propriété aux enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants (article 790 G du CGI). Le montant total d'abattement pour les transmissions des grands-parents aux petits-enfants est donc déjà de près de 64 000 euros par petit-enfant.

Pour les dons de sommes d'argent réalisés jusqu'au 31 décembre 2026, un abattement supplémentaire de 100 000 euros est également ouvert aux transmissions au profit des petits-enfants, dès lors que les sommes sont utilisées pour acquérir un immeuble acquis neuf ou en état futur d'achèvement, ou pour réaliser des travaux de rénovation énergétique, sous certaines conditions (article 790 A bis du code général des impôts).

Compte tenu de l'ensemble des dispositifs encourageant spécifiquement les donations au profit des enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants qui existent par ailleurs, il n'est pas envisagé d'augmenter les abattements applicables aux transmissions réalisées au profit des petits-enfants.

Source : senat.fr ↗

Autres questions de Évelyne Renaud-Garabedian

Efficacité de la coopération fiscale internationale mobilisée par la direction des impôts des non-résidents (DINR)

Question écrite · 30/07/2026

En attente

Intégration incomplète des spécificités de la fiscalité des non-résidents dans les applications informatiques de gestion de la direction générale des finances publiques

Question écrite · 23/07/2026

En attente

Déploiement et fonctionnement du portail européen Find Your Pension

Question écrite · 02/07/2026

En attente

Difficultés rencontrées par certains conjoints étrangers résidant hors de France lors d'une d'une demande de pension de réversion

Question écrite · 02/07/2026

En attente
← Retour à la fiche de Évelyne Renaud-Garabedian