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Question écrite ✓ Répondue #10#14#

Responsabilité élargie des producteurs des textiles sanitaires à usage unique

Posée le 20/03/2025 · Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche

Thomas Dossus Thomas DossusGEST Sénateur — Rhône

La question

M. Thomas Dossus appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur le non-respect des dispositions de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (AGEC) relatives aux textiles sanitaires à usage unique. Alors que la loi AGEC de 2020 prévoit, avant 2025, la création d'une responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les fabricants de « textiles sanitaires à usage unique », l'arrêté signé en décembre 2024 par Mme la ministre restreint la mise en place de cette REP aux seules lingettes. Ainsi, alors que 2 millions de tonnes de déchets (dont les linges et vêtements, les produits d'hygiène en papier, les produits d'hygiène et de protection intime absorbants et les produits utilisés pour des soins médicaux) devaient être concernés par la REP, seuls 1 % d'entre eux le seront finalement. Cette décision, qui contrevient à la loi votée, revient à exempter du principe de pollueur-payeur les producteurs de ces déchets et à laisser les 800 millions d'euros de coûts annuels que représentent leur collecte et leur tri à la charge exclusive des collectivités. À l'heure où le Gouvernement impose des coupes drastiques dans les finances des collectivités, ces dépenses pèsent sur leurs difficultés financières et contribuent à leur endettement. Par ailleurs, ces exemptions vont à rebours des principes de la loi AGEC, pensée pour inciter au développement de produits plus vertueux et durables et à la valorisation des déchets. En exemptant les producteurs de leurs obligations de réduction de leur impact et de financement de la fin de vie de leurs produits, cette décision désincite l'innovation dans le secteur des textiles sanitaires à usage unique, pourtant urgente à l'heure où ces produits continuent d'obstruer nos réseaux d'assainissement et de polluer nos océans. Enfin, cet immobilisme empêche l'essor d'innovations dans le domaine et notamment d'innovations françaises. À ce titre, la démocratisation des couches 100% compostables, inventions françaises, représenterait une alternative à la fois vertueuse aux 3,5 milliards de couches jetées chaque année et créatrice d'emploi, puisque 95 % des couches sont aujourd'hui importées en France. Aussi, afin de remédier à cette situation préjudiciable et qui fait entorse à la loi, il demande quand le Gouvernement prévoit d'élargir le périmètre de l'arrêté de décembre 2024 à l'ensemble des textiles sanitaires à usage unique mentionnés par la loi AGEC de 2020.

✓ Réponse du gouvernement

Afin de répondre à l'obligation de transposition en droit français de la directive 2019/904 relative à la réduction de l'incidence du plastique sur l'environnement qui prévoit la création d'une filière à responsabilité élargie du producteur dédiée aux lingettes préimbibées pour usages corporels et domestiques, le gouvernement a publié en 2024 un cahier des charges portant agréement d'un éco-organisme de la filière à responsabilité élargie du producteur spécifique aux lingettes. La société Citéo Soin & Hygiène a été agréée par arrêté du 30 juin 2025.

Les coûts de gestion des déchets de l'ensemble des textiles sanitaires à usage unique (couches pour bébé et personnes âgées, protections périodiques féminines, mouchoirs en papier ...) sont liés aux coûts de gestion des ordures ménagères résiduelles. Or, ces coûts ne peuvent pas être pris en charge par la REP, qui ne couvre que les coûts des déchets collectés séparément.

En outre, actuellement, il n'existe pas de solution industrielle et généralisable de collecte et recyclage de ce type de déchets. La mise en place de ces solutions dans le cadre de la filière REP, et le passage à l'échelle, serait donc compliquée techniquement et très coûteuse. S'agissant plus précisément de la solution que vous évoquez des couches compostables, celle-ci se heurtent à des freins réglementaires et la mise en oeuvre opérationnelle de l'inclusion des couches dans la collecte de biodéchets appelle plusieurs approfondissements techniques préalables.

En tout état de cause, en l'état, la mise en place d'une REP couvrant tous les textiles sanitaires à usage unique conduirait donc à une augmentation potentiellement significative du prix de ces produits qui sont pour une majeure partie des produits de première nécessité pour les consommateurs, et sont également pour partie achetés par les collectivités dans le cadre de la gestion des établissements de la petite enfance et des personnes âgées.

Source : senat.fr ↗

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