Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question écrite ✓ Répondue le 10/09/2026 #10#

Opposition à la fermeture de l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône du groupe Danone

Posée le 11/12/2025 · Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Fabien Gay Fabien GayCRCE-K Sénateur — Seine-Saint-Denis

La question

M. Fabien Gay interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le choix de fermeture de l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône du groupe Danone. Au cours de la commission d'enquête sénatoriale consacrée à l'utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants, le président-directeur-général de Danone, auditionné le 12 mai 2025, avait été interrogé sur la possible fermeture du site. Il avait alors indiqué qu'il n'avait « pas vocation à commenter les rumeurs », que cette usine « traverse de grandes difficultés, son activité étant en déclin depuis longtemps » et que Danone faisait « son possible pour maintenir l'activité sur place. » Ces informations se sont malheureusement confirmées par la suite : le 4 novembre 2025, la direction a annoncé la fermeture du site à l'horizon juillet 2027. Cette décision impactera les 117 salariés du groupe, et la vingtaine de sous-traitants dépendant de l'activité du site. Le motif invoqué tient à une baisse de la production du site, spécialisé sur la nutrition infantile. Le groupe assure avoir injecté 134 millions d'euros au cours des dix dernières années, dont 50 millions pour la moderniser et 84 millions pour compenser les pertes d'activité et de volumes par des subventions internes. Cependant, le groupe annonce que la production du site sera intégralement délocalisée en Pologne, ou le groupe possède déjà plusieurs sites de production idoines à celui de Villefranche-sur-Saône et où 150 postes ont été transférés en 2024. De manière surprenante, Danone assure que la production de 45 000 tonnes de produits serait « relocalisée » en France d'ici à 2028, grâce à un investissement de 300 millions d'euros depuis 2021 auxquels s'ajouteront 300 millions supplémentaires d'ici à 2027. Cette situation est dénoncée par les syndicats, qui revendiquent des garanties pour l'ensemble des salariés et invitent la direction du groupe Danone à une concertation immédiate afin d'explorer toutes les alternatives pour permettre le maintien de l'activité à Villefranche-sur-Saône. Le ministre chargé de l'Industrie a indiqué « prendre acte avec gravité » de cette décision du groupe, et a assuré que « Le gouvernement sera extrêmement vigilant au respect par Danone de ses obligations envers ses salariés, et à la mise en oeuvre de mesures d'accompagnement de qualité (reclassement, reconversion professionnelles), en lien avec les partenaires sociaux et les services de l'État ». Il a ajouté que le ministère sera également « très attentif à la mise en oeuvre d'une convention de revitalisation et à la mise en place d'un processus sérieux de recherche de repreneurs ». La fermeture de ce site serait un signal inquiétant tant pour la souveraineté alimentaire et la qualité des produits destinés aux enfants que pour la pérennité des autres sites industriels Danone présents en France, alors que la filière mérite une véritable stratégie industrielle. De plus, le groupe perçoit en moyenne 19 millions d'euros de crédit d'impôt recherche, notamment pour soutenir les activités de recherche et développement sur la nutrition spécialisée, à savoir médicale et infantile : alors que les capacités productives du groupe en la matière se réduisent sur le sol français, il apparaît que cette problématique nécessite toute l'attention de l'État français. Aussi, il interroge le ministre sur la stratégie qu'entend déployer le Gouvernement pour s'opposer à la fermeture de l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône, notamment eu égard aux aides publiques versées au groupe Danone depuis plusieurs années.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 10/09/2026
L'attention du Gouvernement a été appelée sur le projet de fermeture de fermeture de l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône appartenant au groupe Danone et sur la stratégie que le Gouvernement entend déployer pour s'opposer à la fermeture de cette usine notamment eu égard aux aides publiques versées au groupe Danone depuis plusieurs années. En effet, le 4 novembre 2025, la direction de l'entreprise a annoncé le projet de fermeture de ce site à horizon fin 2027 entraînant ainsi un impact sur les 117 salariés du site. L'entreprise invoque notamment un site en perte d'activité chronique depuis 10 ans (- 50 % volumes), sur un marché des céréales infantiles en décroissance structurelle en Europe (- 35 % de volumes commercialisés) et très difficile vers l'Afrique. Les investissements réalisés au cours des dernières années (134 millions d'euros) n'ont pas permis de rentabiliser le site de Villefranche-sur-Saône utilisé à moins de 50 % de ses capacités dans un marché des céréales infantiles en décroissance constante. Le groupe a donc pris la décision de produire de manière transitoire sur le site d'Opole en Pologne et d'étudier la possibilité d'approvisionner à terme le marché africain via un partenariat industriel local. Le Gouvernement regrette profondément cette décision du groupe Danone. Dès l'annonce de ce projet, il s'est pleinement mobilisé pour obtenir des explications concrètes, précises et argumentées sur les motifs de cette décision, convaincre l'entreprise de réfléchir à d'autres solutions alternatives susceptibles d'empêcher cette fermeture et/ou d'en limiter les impacts. Dans l'hypothèse du maintien de ce projet, il s'est également mobilisé pour veiller à la qualité du dialogue social et des mesures d'accompagnement, de reclassement et de reconversion des 117 salariés (mais aussi, indirectement, de la vingtaine des salariés appartenant à des entreprises sous-traitantes impactées par ce projet) mais aussi pour s'assurer de la mise en place d'une recherche sérieuse de repreneurs pour ce site industriel emblématique. Ainsi, pendant toute la durée de la procédure, la mission Interministérielle aux restructurations d'entreprises (MIRE), en lien avec les services locaux de l'État en charge de l'instruction de ce projet de plan de sauvegarde de l'emploi, a échangé régulièrement avec la direction de l'entreprise et, sur sollicitation, avec les représentants du personnel et les élus locaux. L'action de la MIRE s'est notamment portée sur l'examen des solutions alternatives à ce projet de fermeture, la qualité du dialogue social et des mesures du plan de sauvegarde de l'emploi et la recherche d'un repreneur pour ce site historique de la commune de Villefranche-sur-Saône. Toutefois, l'entreprise n'a pas identifié de solutions alternatives permettant de préserver la compétitivité du site et a donc maintenu son projet initial. Cependant, les négociations, d'une durée de 5 mois, avec les organisations syndicales ont été constructives et ont abouti, en avril 2026, à la signature à l'unanimité des organisations syndicales représentatives, d'un accord sur les mesures sociales d'accompagnement. Cet accord a ensuite été validé par la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Auvergne-Rhône-Alpes. Cet accord prévoit des mesures de reclassement solides et comporte deux engagements majeurs de l'entreprise. Le premier est celui de proposer un emploi en France à chaque salarié concerné, avec une priorité donnée à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi, 400 postes ont été gelés en France, dont 150 dans la région, assurant à chacun des 118 salariés au moins une opportunité d'emploi au sein du Groupe. Le second est de permettre à chaque salarié de se former et de développer ses compétences, et ce avant la fermeture du site, grâce à un volume mutualisé de 1 000 jours de formation, mobilisés pour construire des parcours individualisés et le recours à un campus des transitions professionnelles, opérationnel depuis janvier 2026, spécifiquement dédié. Par ailleurs, des mesures complémentaires, enrichies au fil du dialogue social, portant sur des dispositifs de mobilité interne (primes cumulées, prise en charge de certains coûts liés à la mobilité et accompagnement du conjoint), de mobilité externe (sécurisation d'un nouveau projet professionnel avec des aides financières dédiées), un congé de reclassement étendu, une garantie d'offres d'emploi et un soutien à la création d'entreprise et de fin de carrière avec un mécanisme accessible jusqu'à cinq ans avant la retraite, permettant un aménagement de fin de parcours avec une durée étendue et une rémunération maintenue entre 70 % et 80 %. Par ailleurs, des démarches sont toujours actuellement menées par l'entreprise assistée par le cabinet spécialisé ALIXIO Revitalia pour rechercher un repreneur pour ce site industriel en association étroite avec les élus locaux, les acteurs économiques territoriaux et les services de l'État. De même, les modalités de la future convention de revitalisation des territoires (montant de la contribution, caractéristiques des actions engagées, durée…) seront prochainement discutées avec le Préfet du Rhône pour être finalisées dans les prochaines semaines. Le Gouvernement et les services de l'État, aux niveaux national et local, ont donc été particulièrement actifs et vigilants sur l'ensemble des problématiques soulevées par ce projet de fermeture. Ils resteront pleinement mobilisés pour identifier et déployer avec l'entreprise, les organisations syndicales, les élus locaux et l'ensemble des acteurs concernés toutes les actions et mesures nécessaires afin de trouver des issues positives pour l'emploi industriel, le reclassement des salariés et le territoire. Il est également utile de rappeler que le groupe Danone investit régulièrement et massivement en France. Ainsi, le groupe a investi plus de 300 millions d'euros en France depuis 2021 pour moderniser ses sites, innover et accompagner la transition écologique et prévoit d'investir 300 millions d'euros d'ici 2027. Ces investissements permettront ainsi la création de plus de 500 emplois en France d'ici 2027. Par ailleurs, Danone reste le premier employeur privé du secteur agroalimentaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 3 200 emplois directs et 4 480 emplois indirects et induits et continue à y investir de manière significative sur ses sites de Saint-Just (Danette), de Badoit, Volvic et Evian.

Source : senat.fr ↗

Autres questions de Fabien Gay

Rendre public le nouveau contrat de concession du Stade de France

Question écrite · 30/07/2026

En attente

Bilan de la dotation exceptionnelle de 3 millions d'euros votée en loi de finances pour 2024 en soutien à la stérilisation des chats errants et domestiques par les collectivités territoriales

Question écrite · 23/07/2026

En attente

Avenir de Fonderie de Bretagne

Question écrite · 09/07/2026

Répondue

Soutien à la mobilisation « Touche pas à mon badge ».

Question écrite · 25/06/2026

En attente
← Retour à la fiche de Fabien Gay