Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question écrite ✓ Répondue le 10/09/2026 #10#14#6#

Difficultés rencontrées par les collectivités territoriales dans la mise en oeuvre de la filière de responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du bâtiment

Posée le 25/12/2025 · Ministère interrogé : Transition écologique

Guillaume Chevrollier Guillaume ChevrollierLes Républicains Sénateur — Mayenne

La question

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique sur les difficultés rencontrées par les collectivités territoriales dans la mise en oeuvre de la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB). Dans plusieurs départements ruraux, dont la Mayenne, les collectivités font état de suspensions de collecte, de modifications unilatérales des responsabilités, d'un manque de visibilité sur les flux pris en charge, ainsi que de soutiens financiers insuffisants. Ces évolutions décidées par les éco-organismes entraînent un transfert de charges important vers les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). La jurisprudence du tribunal des conflits (TC, 1er juillet 2019, n° 4162) a rappelé que les contrats conclus entre les éco-organismes agréés et leurs partenaires n'ont pas, par principe, la nature de contrats administratifs. Cette situation limite la capacité des collectivités à faire valoir leurs droits. Les collectivités n'ont donc pas le pouvoir de contrôler les engagements contractuels et ne peuvent pas sécuriser la continuité du service dans un dispositif pourtant fondé sur une mission d'intérêt général. Il lui demande donc si le Gouvernement envisage d'engager une réflexion sur la requalification législative ou réglementaire des contrats conclus entre collectivités et éco-organisme. Cela leur conférerait un cadre de droit public pour garantir la transparence et la stabilité des relations, et à terme une continuité du service. À défaut, il lui demande s'il envisage de renforcer les obligations sur l'exécution de ces contrats, afin de redonner aux collectivités une marge de manoeuvre effective et de prévenir les transferts de charges aujourd'hui constatés

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 10/09/2026
Prévue par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire de 2020, la filière REP PMCB est entrée en vigueur fin 2022 avec une ambition claire : réduire les dépôts sauvages de déchets du bâtiment, développer leur recyclage et favoriser l'éco-conception afin de faciliter leur réemploi ou leur recyclage. Près de quatre ans après son entrée en vigueur, force est toutefois de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions. Si la filière a permis l'ouverture de plus de 6 000 points de reprise des déchets du bâtiment, son efficacité demeure contestée. Dans le même temps, son coût connaît une progression qui interroge profondément sa soutenabilité économique, avec une enveloppe susceptible d'atteindre près de 920 Meuros en 2028. C'est dans ce contexte qu'un moratoire a été décidé en mars 2025. Celui-ci n'avait pas vocation à remettre en cause le principe même de la filière REP, mais à mettre un terme à une fuite en avant consistant à poursuivre son déploiement au prix d'une hausse continue des éco-contributions. Un travail de refondation a été conduit avec l'ensemble des parties prenantes. Il a abouti à un projet de décret qui opère un changement de logique : faire passer la filière PMCB d'un pilotage par la dépense à un pilotage par la performance. Le projet de décret porté par le Gouvernement permettait ainsi de ramener l'enveloppe financière de la filière REP PMCB à environ 325 Meuros en 2028, tout en recentrant ses moyens sur les dispositifs les plus efficaces. Il a été transmis pour avis au Conseil d'État au mois de juin. Le Conseil d'État valide l'économie générale de la refondation proposée par le Gouvernement. Il ne remet notamment pas en cause la nouvelle organisation des canaux de collecte, qui prévoit la suppression de la reprise sur chantier pour les dépôts de plus de 50 m³ de déchets ainsi que la suppression de l'obligation générale de reprise des déchets par les distributeurs. Le Conseil d'État valide également la possibilité de distinguer les matériaux « matures », c'est-à-dire ceux dont la gestion peut être assurée dans des conditions techniques et économiques ne nécessitant pas une couverture intégrale des coûts par la filière REP, des matériaux « non matures ». Toutefois, le Conseil d'État rappelle que l'article 8 bis de la directive-cadre relative aux déchets impose que les producteurs supportent, à l'échelle de la filière, au moins 80 % des coûts nécessaires à la fourniture de services de gestion des déchets présentant un bon rapport coût-efficacité. Cette exigence, combinée aux simplifications apportées au projet de refondation et validées par le Conseil d'État, conduit à estimer que l'enveloppe financière de la filière ne pourrait finalement être ramenée qu'à environ 600 Meuros en 2028, dont près de 10 % correspondant au futur fonds « dépôts sauvages de déchets », contre environ 325 Meuros dans le projet initial du Gouvernement. Ce contenu de l'avis du Conseil d'Etat a été soumis à l'ensemble des parties prenantes en vue de déterminer, dans la transparence, la meilleure option pour cette filière REP. Le gouvernement entend sortir de l'incertitude actuelle, donner de la visibilité à l'ensemble des acteurs de la filière et engager une nouvelle étape, fondée sur la recherche de résultats plutôt que sur l'augmentation des moyens.

Source : senat.fr ↗

Autres questions de Guillaume Chevrollier

Difficultés rencontrées par les familles confrontées à la conduite automobile de personnes dont l'état de santé semble manifestement incompatible avec la sécurité routière

Question écrite · 30/07/2026

En attente

Place de la langue française dans les relations internationales

Question écrite · 09/07/2026

En attente

impact du numérique sur la langue française

Question écrite · 09/07/2026

Répondue

Mouches géomyzes

Question au Gouvernement · 04/06/2026

Répondue
← Retour à la fiche de Guillaume Chevrollier