impact du numérique sur la langue française
Guillaume ChevrollierLes Républicains
Sénateur — Mayenne
La question
M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'impact des usages numériques sur la maîtrise de la langue française par les élèves.
Le développement des outils numériques dans les établissements scolaires s'est considérablement accéléré ces dernières années. Les plateformes d'exercices en ligne, les espaces numériques de travail ainsi que les nouveaux outils fondés sur l'intelligence artificielle occupent désormais une place croissante dans les pratiques pédagogiques.
Si ces technologies constituent des ressources utiles pour les enseignants et favorisent l'accès aux apprentissages, notamment pour les élèves en situation de handicap, elles suscitent également des interrogations quant à leurs effets sur l'acquisition des savoirs fondamentaux, en particulier la maîtrise de la langue française.
Plusieurs études mettent en évidence une dégradation du niveau orthographique des élèves au cours des dernières décennies. Ainsi, selon les évaluations réalisées sur la dictée de référence du ministère de l'éducation nationale, le nombre moyen d'erreurs commises par les élèves de CM2 est passé de 10,7 en 1987 à 19,4 en 2021.
Dans ce contexte, il souhaite connaître l'analyse du Gouvernement sur les conséquences des usages numériques dans l'apprentissage du français et de l'orthographe.
Il lui demande également quelles mesures sont envisagées afin de garantir que ces outils demeurent au service des apprentissages fondamentaux et ne contribuent pas à un affaiblissement de la maîtrise de la langue française.
Enfin, il souhaiterait savoir si le Gouvernement a procédé à une évaluation du rapport entre les investissements consacrés aux équipements numériques dans les établissements scolaires et les résultats obtenus en matière d'acquisition des compétences fondamentales, notamment en français.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/08/2026L'acquisition et la maîtrise de la langue française constituent une priorité de la politique éducative conduite par le ministère de l'éducation nationale. Elle est réaffirmée dans la circulaire de rentrée 2026. Les programmes d'enseignement, révisés à la rentrée 2024 et 2025, réaffirment la place centrale de l'enseignement explicite de la lecture, de l'écriture, du vocabulaire, de la grammaire et de l'orthographe, dont la maîtrise conditionne la réussite des élèves dans l'ensemble des disciplines. Les acquis des élèves font l'objet d'un suivi régulier au travers des évaluations nationales et des travaux conduits par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP). Les actions de formation conduites répondent aux difficultés repérées chez les élèves. Le développement des compétences numériques des élèves est un vecteur d'émancipation essentiel du citoyen du 21e siècle. À l'école, il s'inscrit dans ce cadre et leur mise en oeuvre est guidée par les repères du flyer « bien grandir avec les écrans » (disponible sur Eduscol). Les ressources numériques, les espaces numériques de travail, les plateformes pédagogiques ainsi que les outils utilisant l'intelligence artificielle (IA) (voir cadre d'usage de l'IA en éducation) constituent des moyens mis à la disposition des équipes pédagogiques afin d'enrichir les pratiques d'enseignement, de faciliter la différenciation pédagogique et de mieux répondre aux besoins de tous les élèves. Leur utilisation relève de la liberté pédagogique des professeurs, dans le respect des programmes d'enseignement et des instructions officielles. Les connaissances scientifiques (rapport 2020 du Centre national d'étude des systèmes scolaires sur les usages du numérique) ne permettent pas d'établir un lien direct entre le développement des usages du numérique à l'École et l'évolution des performances des élèves en orthographe ou, plus largement, dans la maîtrise de la langue française. Les travaux de recherche mettent en évidence que les effets du numérique sur les apprentissages sont étroitement liés aux modalités de son intégration dans les pratiques pédagogiques ainsi qu'à la qualité de l'accompagnement assuré par les enseignants. Le numérique n'a pas vocation à se substituer aux apprentissages fondamentaux ; il constitue un outil au service de ceux-ci lorsqu'il est mobilisé dans le cadre d'une démarche pédagogique structurée. Le ministère veille à accompagner les professeurs dans le développement d'usages pédagogiques conformes aux objectifs des programmes. Les ressources d'accompagnement et les actions de formation continue rappellent que l'acquisition durable des compétences en français repose sur un enseignement explicite, progressif et régulier, associant notamment des activités fréquentes de lecture, d'écriture, de copie, de dictée, de rédaction et de mémorisation des connaissances linguistiques.
Source : senat.fr ↗
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