Enfants abordés par des inconnus, prévention, protocoles écoles et financement de dispositifs
Édouard CourtialUC
Sénateur — Oise
La question
M. Édouard Courtial attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur des signalements d'enfants abordé par des inconnus dans l'Oise, ayant conduit la commune de Thiescourt à envisager la distribution de badges anti-agression pour rassurer les familles.
Cette annonce a été relayée le 20 octobre 2025, à la suite de signalements près d'arrêts de bus scolaires. Ces situations provoquent une inquiétude immédiate et posent une question pratique aux communes et aux établissements scolaires sur comment réagir vite, informer sans alimenter l'inquiétude des riverains et sur comment renforcer la sécurité sur les trajets et aux abords des écoles.
La commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) met en garde contre les dispositifs fondés sur la géolocalisation des enfants, montres connectées et applications de suivi, en soulignant des risques pour la vie privée et le fait qu'ils peuvent habituer les mineurs à une surveillance permanente, et elle recommande de privilégier des solutions moins intrusives tout en restant vigilant sur la sécurité des appareils.
Il est vrai que l'éducation nationale dispose déjà d'un cadre général de sûreté et de signalement, notamment via les consignes de sécurité en milieu scolaire et l'outil de remontée « Faits établissement », avec alerte des services compétents et des forces de l'ordre en cas d'urgence. Toutefois, les signalements d'enfants abordés aux abords des écoles ou près des arrêts de bus posent des questions très opérationnelles, périmètre exact des consignes hors de l'enceinte scolaire, coordination entre établissements, maires, transport scolaire et forces de l'ordre... Ainsi, cela justifie une clarification nationale, d'autant plus lorsque des communes envisagent des dispositifs individuels dont le cadre et les effets sur les données personnelles doivent être sécurisés.
Dans ce contexte, il souhaite savoir si le Gouvernement entend diffuser des consignes nationales claires aux chefs d'établissement et aux maires en cas de tels signalements et encadrer le recours à des dispositifs individuels de type badge ou bracelet, notamment s'ils comportent une identification ou une géolocalisation, au regard de leur efficacité, de leur coût, de leur financement et de la protection des données.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/08/2026La sécurité des élèves, des personnels et des enceintes scolaires est une priorité du ministère de l'éducation nationale. Des mesures de sécurisation, souvent menées en lien avec le ministère de l'intérieur, sont déployées au sein et aux abords des établissements afin de faire de l'école un sanctuaire républicain. S'agissant de la situation évoquée, aucun signalement d'enfants qui auraient été abordés par des adultes à Thiescourt n'a été effectué auprès de la gendarmerie nationale, ni de demande d'intervention. En matière de prévention, la gendarmerie déploie son dispositif SAGES (SAnctuarisation Globale de l'Espace Scolaire), avec patrouilles, contacts avec les personnels et points d'écoute pour recueillir la parole des élèves (22 000 actions en 2025). Les services de police sont également mobilisés, en particulier autour des établissements où peuvent se produire regroupements, tensions ou rixes, avec une présence visible et régulière, coordonnée avec les polices municipales et adaptée aux réalités locales. Cet effort de contact et de visibilité sur la voie publique facilite aussi les signalements. Des consignes sont régulièrement rappelées : télégramme conjoint du 26 mars 2025 (mobilisation contre les violences aux abords des établissements, contrôles reconduits pour 2025-2026), télégramme de rentrée du 29 août 2025 (sécurité des transports scolaires) et télégramme conjoint du 6 février 2026. La création des services de défense et de sécurité académiques renforce par ailleurs la gouvernance en matière de sécurité, en coordination avec les autres services de l'État, afin de garantir aux élèves et aux personnels un cadre sécurisé. Enfin, ces mesures s'accompagnent de travaux visant à mieux protéger les élèves, libérer leur parole et renforcer les contrôles. Alors que des enfants ont subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles dans des lieux censés les protéger, le ministère a fait de la protection de l'enfance une priorité absolue.
Source : senat.fr ↗
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