Persistance de sites en ligne offrant « la drogue du violeur »
Hervé MaureyUC
Sénateur — Eure
La question
✓ Réponse du gouvernement
La consommation « récréative » de gamma-hydroxybutyrate (GHB) - ou de gamma-butyrolactone (GBL) - est courante dans le milieu de la fête ou du « chemsex ». Par ailleurs, son usage à des fins criminelles a pu être observé, notamment dans le cadre d'agressions par soumission chimique.
En France, le GHB est classé comme stupéfiant depuis 1999. La GBL, molécule largement utilisée dans les nettoyants industriels, et faisant l'objet d'un usage détourné depuis la fin des années 2000, est interdite à la vente au grand public depuis 2011, mais n'est pas classée comme stupéfiant.
Fabriquée essentiellement en Chine, la GBL est exportée dans le monde entier par des distributeurs qui en assurent la diffusion pour une utilisation détournée, principalement par des sites en ligne. Ces sites de vente de GBL aux particuliers sont hébergés à l'étranger, y compris dans des pays européens n'imposant pas de restrictions sur la commercialisation de ces substances. En France, le trafic de GHB/GBL se structure principalement autour d'usagers-revendeurs qui privilégient le recours aux messageries cryptées plutôt qu'à des sites internet pour écouler le produit.
La cellule cyber de l'Office anti-stupéfiants (OFAST) de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) comme le groupe Dark de l'Unité nationale cyber (UNC) de l'Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la gendarmerie nationale sont particulièrement mobilisés dans la lutte contre le trafic de stupéfiants sur internet. Ces unités mènent notamment des cyberpatrouilles (traitement de signalements, enquêtes d'initiative, « darknet », etc.). Ni l'OFAST, ni l'UNC n'ont toutefois à ce jour identifié de sites web vendant du GHB/GBL basés en France et aucun signalement n'est remonté par le biais de la plateforme PHAROS concernant ce produit. En effet, l'offre de ces produits se situe principalement sur le « darkweb ». Les sites se trouvent alors sur le réseau informatique TOR, composé de serveurs décentralisés et cryptés qui rendent leur suppression impossible. L'OFAST concentre actuellement son travail sur les stupéfiants à base de cathinones (3-MMC, 2-MMC), facilement accessibles sur internet.
La lutte contre le trafic de stupéfiants sur internet et les réseaux sociaux constitue une priorité pour les services spécialisés de police et de gendarmerie, qui mènent un travail remarquable et bénéficient des moyens supplémentaires offerts par la loi dite narcotrafic pour combattre l'offre ou la cession de stupéfiants sur internet. Le « plan investigation » présenté par le ministre de l'intérieur en février 2026 en faveur de la filière investigation de la police nationale permet de renforcer encore les capacités de lutte contre, notamment, le trafic de stupéfiants.
Source : senat.fr ↗
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